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Allégations santé : entre ruse et sévérité.

La réglementation européenne sur les allégations santé devrait entrer en application en janvier 2012. Alors que certaines entreprises agroalimentaires rusent pour tenter de contourner les mesures mises en place par Bruxelles, d’autres se résignent et préfèrent encore éviter le dépôt de dossier à l’EFSA, souvent voué à l’échec.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Danone ne manque pas d’inventivité. Ainsi, nos confrères de La Tribune expliquent que malgré que son dossier déposé à l’EFSA pour son Actimel ait été refusé, le géant a lancé très discrètement une nouvelle boisson en région parisienne. C Optima, jus 100% naturel, met en avant ses 200 mg de vitamine C. Et cette fois pas question de déposer un dossier scientifique, Danone ne dira rien de plus : C Optima contient beaucoup de vitamine C, point. Libre à chacun d’en déduire ce qu’il veut. Et c’est là que réside l’astuce ! « C’est malin car chacun comprend que c’est bon pour la santé sans avoir à faire la moindre promesse », explique Béatrice de Reynal du cabinet Nutrimarketing.

 

Danone est obligé de ruser, comme de nombreux autres industriels, étant donné que la réglementation européenne qui entrera prochainement en vigueur effraie. Katia Merten-Lentz, avocat spécialisé en droit agroalimentaire à Bruxelles, a expliqué que : « jusqu’ici dans les faits, il y avait très peu de sanctions, désormais la DGCCRF devrait sévir contre les produits promettant des bienfaits pour la santé sans autorisation préalable du gendarme européen ».

Le 13 octobre 2011, la Commission européenne a validé une liste officielle des allégations autorisées, qui sont au nombre de 550. Un petit chiffre, au regard du nombre impressionnant d’allégations déposées en 2009 par les 27 Etats membres : 44 000 allégations. Danone, Yoplait ou encore Bongrain ont vu leurs dossiers de promesse spécifique invalidés par les scientifiques de l’EFSA. « L’EFSA a été très stricte, ce qui est bien car la plupart des produits n’avaient aucune action concrète sur le public auquel ils étaient destinés, mais les exigences relèvent plutôt de la pharmacopée que de l’alimentaire », a ajouté Béatrice de Reynal.

La question du public concerné a en effet été le point d’achoppement sur le dossier Actimel, l’EFSA estimant qu’une action pouvait exister pour les personnes âgées, mais pas pour tous les publics.

 

De plus, les industriels commencent sérieusement à se demander si les allégations santé valent encore le coup… A 500 000€ minimum le dossier, il y a de quoi se poser des questions. Pour le directeur général d’Orangina Schweppes France, la question est tranchée : « je ne crois plus du tout aux produits fonctionnels, c’est du marketing des années 1980 ».

Les alicaments ne seraient donc plus une si bonne stratégie que cela… A moins de contourner la réglementation !

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