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Les entreprises agroalimentaires françaises vacillent.

L’assureur crédit Coface a publié hier une étude  révélant que l’industrie agroalimentaire mondiale n’est pas au meilleur de sa forme. En effet, ce secteur, en perte de vitesse à l’échelle internationale, a subi fortement les hausses des prix alimentaires, ainsi que la crise de liquidités et la fuite des investisseurs. Premières victimes : les PME des pays émergents, mais la France n’y échappe pas.

Ainsi, les entreprises agroalimentaires françaises ont été plus souvent victimes de défaillances (+5,7%, soit 1420 entreprises concernées contre 1344 en juin 2010) cette année. De surcroît, les frais liés à ces défaillances, autrement dit la somme des encours fournisseurs au passif des entreprises concernées, ont augmenté, pour atteindre 57,4 M€ (+3,3%). En outre, 3,1% d’emplois de plus sont menacés dans ce secteur. L’agroalimentaire représente tout de même 2,3% des défaillances françaises totales.

Parallèlement à ce phénomène, les créations d’entreprises dans l’agroalimentaire ont chuté de 12%, tombant à 4675 projets contre 5308 l’an dernier.

 

Pourtant, l’agroalimentaire reste le premier secteur économique français, grâce à un chiffre d’affaires culminant à 143,6 milliards d’euros en 2010 (+3%), soit 1,7% du PIB. Le secteur est le deuxième employeur du pays avec 512 000 salariés. Seulement, 95% des 61 500 entreprises agroalimentaires de l’hexagone sont des TPE (Très Petites Entreprises), avec un grand nombre de boulangeries-pâtisseries artisanales notamment. 9 000 entreprises françaises exportent, principalement des PME. Ces exportations représentent 7,1% des exportations françaises totales, et ce secteur est excédentaire (l’excédent représentait 8 milliards d’euros en 2010), bien qu’il ait perdu quasiment trois points de parts de marché en dix ans (passant de 9% à 6,4%).

 

Malheureusement, la France a perdu sa place sur le podium mondial des exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires. Alors qu’elle était en troisième position en 2009, derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas, l’Allemagne a pris sa place. Le secteur agroalimentaire allemand est aujourd’hui plus performant que son homologue français.

 

Selon la Coface, « le secteur doit se concentrer en rachetant des marques, donc des parts de marchés, et s’internationaliser pour profiter des marchés émergents. Malheureusement, en France, cette industrie portée par de nombreuses PME et coopératives reste morcelée », et de fait « peu d’opérateurs présentent une taille critique permettant de passer à l’offensive ».

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