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Le beaujolais nouveau : six décennies d’un vin primeur à succès

beaujolais

Le Beaujolais arrive et comme chaque année, le succès devrait être au rendez-vous pour le vin primeur. (Source : Fumi Yamazaki – Flickr – CC)

Il est fêté et goûté chaque troisième jeudi du mois de novembre depuis plus de 60 ans : c’est le beaujolais nouveau, ce vin primeur dont le succès n’est plus à confirmer. Quand est-il né ? Qu’est-ce-que le beaujolais ? Combien rapporte-t-il à ses producteurs et à l’économie ? Décryptage.

Le beaujolais nouveau est un vin de primeur produit dans le vignoble du Beaujolais, au sein des appellations d’origine contrôlée beaujolais et beaujolais-villages. Sa particularité réside dans sa commercialisation, qui est autorisée immédiatement à la fin de la vinification et il est mis en vente dans le monde entier le troisième jeudi de novembre.

Le beaujolais nouveau est produit dans l’aire d’appellation des beaujolais et beaujolais-villages entre Mâcon au nord et L’Arbresle, près de Lyon, au sud.

Le beaujolais nouveau naît dans les pages du Journal Officiel en 1951 mais c’est en 1985, que sa date de commercialisation est fixée au troisième jeudi de novembre, un point pratique : un rendez-vous planétaire et cela juste avant le week-end, permettant ainsi des ventes assurées.

Le beaujolais : c’est quoi ?

Une vinification 100% beaujolaise

La vinification du beaujolais nouveau utilise notamment la macération carbonique : une méthode 100% beaujolaise qui consiste à faire macérer les grappes entières durant une courte durée, environ quatre jours, dans des cuves saturées en CO2.

L’oxyde de carbone est obtenu en faisant d’abord fermenter une partie de la récolte en fond de cuve, foulée au pied et levurée, puis est ajouté le reste de la récolte dont les grappes doivent être le plus intact possible. C’est le secret de fabrication du beaujolais nouveau.

La vinification du beaujolais

Le beaujolais nouveau : quels rendements ?

Questions rendements les producteurs de beaujolais nouveau n’ont pas à rougir. Ce sont globalement les mêmes que ceux de l’ensemble des appellations beaujolais et beaujolais-villages : entre 64 et 69 hectolitres par hectare pour la première appellation.

La production du beaujolais nouveau représente environ 450 000 hectolitres, ainsi près d’un tiers de la production de l’ensemble du vignoble du Beaujolais.

Le beaujolais : un carton à l’export

Avec plus de 50 millions de bouteilles de beaujolais produite en moyenne en 2013 et malgré une conjoncture difficile pour les vins « bon marché », le beaujolais nouveau ne connaît pas vraiment la crise.

C’est le Japon qui en consomme le plus. Avec plus de 580 000 euros d’importations de beaujolais, le Pays du Soleil Levant est très friand du vin primeur. De grandes fêtes y sont d’ailleurs organisées pour le lancement du beaujolais et un partenariat avec plus de 600 restaurants font indéniablement de Tokyo l’ambassadeur du produit en Asie.

De façon générale, c’est plus de 47% de la production de beaujolais qui est destinée à l’exportation, ce qui place le vin primeur en tête des vins exportés. Le beaujolais s’exporte dans plus de 110 pays. Comme nous l’expliquons plus haut : le Japon en tête, suivi des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et des Pays-Bas.

La plus forte progression des ventes est enregistrées de l’autre côté de l’Oural : la Russie et la Lettonie signent, à eux deux, plus de 300% d’augmentation.

La folie du beaujolais au Japon

Le beaujolais, un business qui rapporte ?

En toute logique, les Français restent les premiers consommateurs de beaujolais nouveau avec plus de 120 000 hectolitres. En 2011, le chiffre d’affaires du Beaujolais nouveau était estimé à 110 millions d’euros, par nos confrères de BFM Business.

Il faut reconnaître que côté publicité, le beaujolais nouveau n’a rien à envier aux grands crus. Selon l’Expansion, en 2013, la campagne de communication s’était révélée assez agressive avec plus de 200 spots radios programmés sur cinq jours. Avec un budget qui s’élève à 1,5 million d’euros en moyenne, le beaujolais rapporte gros.

Le beaujolais : vin de comptoir ou de qualité ?

Nul besoin d’avoir un palet d’œnologue pour savourer un beaujolais. Vin d’apéritif entre amis, au comptoir debout, son côté « accessible » aux novices peut parfois faire douter de sa qualité.

Comme pour tout, la qualité dépend du vignoble, de la météo, des conditions de fermentation… un tout souvent omis par ceux qui qualifient encore le beaujolais de « piquette ». Malgré la salve de critiques, son succès n’est plus à présenter et comme « vin de fête », il est, là encore, champion.

Ce qui lui promet un avenir encore radieux.

Petit guide sans prétention des crus du Beaujolais

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