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Denel met de l’efficacité énergétique dans ses confitures et jus exotiques

Le site fondé en 1908 sous la forme d’une conserverie d’ananas constitue un patrimoine de l’industrie martiniquaise. ©Denel

A La Martinique, Denel investit dans l’efficacité énergétique, mais aussi dans l’électricité verte, afin de conjuguer transformation de fruits exotiques et transition climatique. Cette PME a décroché fin 2021 la certification ISO 50001 pour le management des énergies.

Les confitures et jus exotiques de Denel améliorent leur score énergétique. Cette entreprise emblématique de La Martinique (50 personnes) a mis ses activités de transformation de fruits au diapason des enjeux de transition climatique. La certification ISO 50.001 pour le management des énergies est venue prolonger en octobre 2021 la démarche de responsabilité sociétale et environnementale lancée dix ans auparavant.

Les premiers pas dans l’efficacité énergétique ont été franchis après une incontournable phase d’apprentissage : Chloé Mazaloubeaud, responsable environnement et Dominique Marcus, responsable technique, ont commencé en 2017 par se former au management des énergies. Le cheminement vers l’ISO 50.001 s’est poursuivi par un audit énergétique. Verdict, l’entreprise consomme 5,75 GWh par an, dont la moitié pour ses besoins en électricité et l’autre moitié pour ses besoins en fioul, principalement pour la production de vapeur.

Capacités de stockage multipliées par 2,5

Les résultats de l’audit ont confirmé la surconsommation induite par les conteneurs frigorifiques de Denel. En réponse, l’entreprise a choisi de se doter de nouvelles installations en froid négatif de 6300m3 de capacité, en remplacement de vingt conteneurs totalisant 2600m3. Cette chambre de surgélation et de conservation des fûts de pulpe de fruits est dotée d’un système de réfrigération performant utilisant comme gaz réfrigérants le CO2 et l’ammoniac. Elle a accru les capacités de transformation tout en abaissant le ratio énergétique. « Sur le plan électrique, la nouvelle chambre froide a augmenté de 45% notre consommation, mais nous avons multiplié dans le même temps notre capacité de stockage par 2,5 », détaille Chloé Mazaloubeaud également référente énergie.

14% des besoins électriques couverts par le photovoltaïque

Parallèlement, l’installation de panneaux solaires photovoltaïques, en autoconsommation, sur les nouvelles installations, a permis de couvrir 14% des besoins électriques du site. Un investissement dans les énergies renouvelables jugé essentiel dans la mesure où l’électricité à La Martinique est produite essentiellement à partir de ressources fossiles. Enfin, les meilleures performances du procédé de surgélation ont également été synonymes d’abaissement plus rapide de la charge microbienne, donc d’une plus grande qualité gustative des produits commercialisés sous la marque « Royal ». Cerise sur le gâteau, cette performance pourra générer des gains supplémentaires en kilowattheures. En effet, « en raison des moindres performances de nos anciens conteneurs frigorifiques, nous devions chauffer davantage les produits lors des étapes de stérilisation/pasteurisation. Les nouvelles installations de froid négatif nous autorisent à réétudier à la baisse ces barèmes de températures, ce qui devrait encore réduire notre consommation de vapeur donc de fioul », poursuit la référente énergie.

Traitement des eaux usées optimisé, 10% d’électricité en moins

Enfin, l’audit a mis le doigt sur les surconsommations énergétiques de la station d’épuration des eaux usées (Step). Des filtres plantés de roseaux ont été aménagés en vue de dégrader une partie des polluants de manière naturelle. De même, les procédés d’aération des bassins (deux-tiers de la consommation électrique d’une Step), ont été optimisés. Il en résulte une économie de 10% sur la facture d’électricité.

Des campagnes de détection des fuites d’air comprimé ont encore permis d’encore soigner le bilan. Tout comme l’amélioration du séchage extérieur des briques de jus, avant leur emballage via le remplacement d’un compresseur d’air par des sécheurs à résistance électrique (-3% soit 8500€ par an).

Gain de 4% d’énergie par tonne de pulpe de fruits

Tous ces investissements ont d’ores et déjà permis d’abaisser de 4% la consommation énergétique par tonne de produit, soit 280kWh. Et les projets ne manquent pas pour revoir encore ce ratio. L’installation d’une nouvelle chaudière au fioul courant 2022 va améliorer de 12% le rendement énergétique de la production de vapeur par rapport aux installations actuelles. La récupération de chaleur fatale sur les compresseurs d’air et sur les groupes de froid sera utilisée en parallèle pour préchauffer l’eau des procédés de pasteurisation/stérilisation. Cet investissement devrait se traduire par une réduction des besoins en fioul de 20%, anticipe Denel.

Dans les cartons également de l’entreprise, une centrale solaire thermique et la couverture d’un autre bâtiment en panneaux solaires photovoltaïques. Des investissements dans les énergies renouvelables que l’industriel de l’agroalimentaire ne veut cependant pas dissocier des actions d’efficacité énergétique.

Soutien du programme PRO-SMEn

« Ces trois dernières années, notre entreprise a augmenté son niveau d’endettement, mais le renouvellement de notre outil industriel vieillissant était une nécessité impérieuse. Nous avons par ailleurs profité d’aides du dispositif de certificats d’économies d’énergie (CEE), du fonds européen de développement régional (Feder) et du fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) », note Chloé Mazaloubeaud.

L’entreprise a également bénéficié du soutien financier du programme PRO-SMEn. Ce programme national incite les entreprises à mettre en place un système de management de l’énergie en leur accordant une prime, une fois le certificat ISO 50001 obtenu. Les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs peuvent bénéficier de la prime qui va jusqu’à 40.000 euros. ( Philippe Bolhinger )

Pour en savoir plus et présenter une demande : www.pro-smen.org

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