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Carrefour, Olofsson, Knight et les autres.

Le 20 octobre, le fonds d’investissement américain Knight Vinke, actionnaire minoritaire de l’enseigne de grande distribution Carrefour, publiait via le journal Le Monde une lettre ouverte en appelant au départ du président actuel du distributeur, Lars Olofsson.

Le 20 octobre, le fonds d’investissement américain Knight Vinke, actionnaire minoritaire de l’enseigne de grande distribution Carrefour, publiait via le journal Le Monde une lettre ouverte en appelant au départ du président actuel du distributeur, Lars Olofsson.

Et les mots d’Eric Knight, dirigeant du fonds, sont durs à l’encontre du PDG de Carrefour : « en tant qu’actionnaires engagés, nous ne pouvons pas assister à une telle débâcle sans réagir » arguait-il dans la lettre. Il accuse Lars Olofsson d’être responsable des résultats plus que décevants du groupe, à savoir des pertes de parts de marché conséquentes, et pas moins de cinq avertissements en un an sur les résultats du distributeur. « L’action Carrefour a perdu près de la moitié de sa valeur » en six mois, renchérit-il.

Eric Knight passe ainsi en revue ce qu’il qualifie de « nombreux facteurs » responsables de la situation actuelle de Carrefour : mauvaise perception des prix, gestion trop centralisée des magasins, informatique défaillante, inquiétante série de départs de cadres dirigeants, graves problèmes de gouvernance…

Pour enfoncer le clou, le dirigeant du fonds d’investissement américain s’attaque au concept cher à Lars Olofsson, Carrefour Planet, censé instaurer des hypermarchés de « luxe », plus modernes et plus spectaculaires que les hypers traditionnels. Mais cette image « est-elle cohérente avec le retour d’une politique de prix bas » s’interroge Eric Knight ? La position de Lars Olofsson dans le groupe, président du Conseil d’administration et DG du groupe, est également remise en question, le fonds d’investissement se demandant si le suédois peut être « juge et parti » dans la conduite des opérations de transfert des hypers vers le concept Carrefour Planet.

C’est pourquoi Knight Vinke estime que « cette situation est loin d’être idéale » et en appelle « le conseil à nommer un président indépendant dès que possible ». Et pousse ainsi Lars Olofsson vers la sortie.

Cette intervention a piqué les syndicats de Carrefour au vif. Ils répondent ainsi par communiqué interposé aux américains : « Carrefour a besoin de stabilité et de détermination pour mener à bien sa stratégie ». « Nous souhaitons exprimer notre attachement à l’entreprise Carrefour, aux emplois qu’elle représente et affirmer notre soutien à la stratégie que vient de nous présenter la direction générale, s’agissant des plans d’investissement pour le remodeling des magasins ». Les syndicats craignent que l’intervention de Knight Vinke ne pousse vers un démantèlement éventuel du groupe.

ParLa rédaction
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