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Interbev, une interprofession face à deux nouveaux défis.

La première convention annuelle d’INTERBEV, l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes, s’est tenue mercredi 20 juin au Conseil économique, social et environnemental de Paris.

La première convention annuelle d’INTERBEV, l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes, s’est tenue mercredi 20 juin au Conseil économique, social et environnemental de Paris. Un événement qui marque le point de lancement de la réorganisation stratégique de l’interprofession pour mieux répondre aux nombreux défis qui attendent la filière viande française. Afin d’y faire face, INTERBEV a fait le choix d’une nouvelle organisation début janvier 2012 pour plus d’efficacité et de visibilité dans ses actions. Elle s’est aussi dotée d’une nouvelle image grâce à la création d’une signature grand public commune « la viande, des métiers une passion » et d’un nouveau logo institutionnel.

A l’occasion de cette première édition, deux débats ont permis d’ouvrir des pistes de réflexion sur les grands enjeux à venir pour la filière. L’un s’est penché sur l’intégration des nouvelles attentes du consommateur face au produit viande et l’autre a porté sur l’adaptation nécessaire de la filière aux exigences du marché.

Retour sur les principaux enseignements d’une matinée riche en échanges.

S’adapter aux nouvelles attentes du consommateur

La filière viande doit d’abord prendre en compte un nouveau profil de consommateur, qui aujourd’hui dicte ses choix, n’hésite pas à faire des infidélités croissantes aux marques et à remettre en cause le dogmatisme publicitaire. Ce même consommateur fait aussi face à une double crise. Une crise à la fois matérielle, économique mais également de confiance morale envers les institutions, les media…

Selon Philippe Rucheton, Directeur de recherche au Centre de Communication Avancée, on assiste ainsi à « la naissance d’une « wiki-société », clin d’oeil au nom de l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Ce « wiki-consommateur » surfe sur des tendances multiples et s’exprime de manière libre et décomplexée sur n’importe quel sujet ».

Pour Julia Burtin, Strategic Insight Manager de Kantar Worldpanel, ces nouveaux consommateurs ont des aspirations divergentes par rapport à l’acte d’achat : « Certains seront plus sensibles à des produits transformés et pratiques à cuisiner, quand d’autres seront en recherche d’une plus grande authenticité en privilégiant une consommation plus locale ». Un constat également partagé par Philippe Rucheton : « le consommateur français a tendance aujourd’hui à se tourner davantage vers l’achat direct, c’est-à-dire vers les petits producteurs et les artisans ».

Ce consommateur aux multiples visages est également moins au fait de la réalité de l’origine de la fabrication du produit. Selon Olivier Delamea, Directeur général de Danone Produits Frais : « il existe une importante « désynchronisation générationnelle » avec des consommateurs qui ne connaissent souvent même plus l’origine des produits qu’ils consomment. »

La filière viande bovine, ovine et équine doit donc s’adapter en terme d’offre et de communication afin de répondre aux nouvelles attentes de ces publics.

Pour cela, plusieurs pistes de réflexions ont été données. Pour Julia Burtin, « il serait nécessaire de travailler sur davantage de lisibilité sur le produit pour le consommateur, d’autant que les viandes s’inscrivent dans un marché de l’offre alimentaire de plus en plus concurrentiel ».

Philippe Rucheton a reçu un écho très favorable en exprimant sa conviction qu’il s’agit avant tout d’affirmer la valeur « métier » que partagent l’ensemble des professionnels de la filière.

Une valeur d’autant plus essentielle à prendre en compte qu’elle restaure le lien entre le produit de consommation et le travail de ceux qui l’ont fabriqué : « Cette valeur métier est très importante et s’appuie sur quatre piliers fondamentaux liés à l’essence du travail. Tout d’abord, celui du professionnalisme qui reflète l’éthique, le sérieux et la transparence du métier ; ensuite celui de la pédagogie par la transmission d’un savoir-faire et d’un savoir-être ; celui de la proximité grâce à l’écoute du client, et le dernier celui de la publicité, pour être dans une communication interactive et facilement identifiable aux yeux du consommateur ».

S’adapter aux nouvelles exigences des marchés

Dans un souci de compétitivité, les acteurs de la filière viande française doivent aussi pouvoir s’adapter rapidement aux nouvelles exigences et opportunités des marchés. Un enjeu devenu majeur à l’heure où la consommation continue de baisser en France et où la révision de la Politique Agricole Commune s’annonce. Selon Dominique Langlois, président d’Interbev, ce nouveau contexte de marché impose de « construire une nouvelle stratégie à court mais aussi à moyen et long terme pour la filière viande. Il faut repenser nos modes de production, de transformation et de distribution pour être en cohérence avec la demande.»

Pour Pierre Méhaignerie, ministre d’Etat, le renforcement de la compétitivité des structures françaises d’élevage a aussi toute son importance : « il est indispensable de favoriser la modernisation et les initiatives de la filière, en travaillant par exemple, sur la modernisation des bâtiments agricoles ou en l’accompagnant mieux sur les marchés étrangers ».

Cette compétitivité passe par une plus grande souplesse de la segmentation de l’offre. Comme le souligne Xavier Beulin, président de la FNSEA : « L’enjeu aujourd’hui est d’adapter notre modèle d’élevage français aux réalités du marché. Cela passe par une logique de segmentation pour déterminer avec précision les marchés auxquels on s’adresse afin de mieux connaître les besoins et mieux gérer l’adéquation de l’offre et de la demande ».

La question de la contractualisation a été également au coeur des débats et a suscité plusieurs réactions. Pour Dominique Langlois, « l’enjeu n’est pas de tout contractualiser. Sur les jeunes bovins, l’objectif de contractualisation a été fixé à 30 % de l’offre ». Xavier Beulin a précisé que « cette logique doit intégrer l’ensemble des acteurs de la filière et pas simplement les industriels et les éleveurs ».

Dominique Langlois, président d’Interbev, a conclu cette convention sur la nécessité d’unicité de l’interprofession pour mener à bien ces défis : « Etre unis, c’est la condition d’une réussite durable construite autour de vraies valeurs : celles de nos métiers, de nos exploitations, de nos entreprises, et des hommes et des femmes qui y travaillent ; celles de nos produits mais aussi celles d’une société plus rapide, plus mouvante qui bouge au-delà des frontières ».

 

Source : agro-media.fr avec Interbev

ParLa rédaction
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