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Le bisphénol A, coupable de l’épidémie mondiale de diabète ?

Trois études récentes ont encore un peu plus allongé la liste des chefs d’accusation à l’encontre du bisphénol A (BPA).

Trois études récentes ont encore un peu plus allongé la liste des chefs d’accusation à l’encontre du bisphénol A (BPA). Ainsi, après les risques cancérigènes, l’impact sur le fonctionnement hormonal et intestinal, le développement fœtal ou encore la modification du comportement des fillettes (pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre analyse : Bisphénol A, comment en est-on arrivé là ?), il semblerait que le BPA soit aussi étroitement lié à la survenue du diabète de type 2, qui représente 90% de l’ensemble des cas de diabète chez l’homme.

Le diabète de type 2 est une maladie métabolique qui entraîne une concentration anormalement élevée de sucre dans le sang liée à une résistance de l’organisme à l’insuline. Les conséquences de cette maladie peuvent être désastreuses : atteinte des vaisseaux sanguins des yeux et des reins, troubles de la sensibilité, risque de gangrène et d’amputation des membres inférieurs, risque d’accidents vasculaires cérébraux

 

Le BPA serait « diabétogène » et favoriserait l’obésité selon trois études :

  • celle de l’équipe du Dr Angel Nadal de l’Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, en Espagne, publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE révèle qu’après imprégnation au BPA, une libération anormale d’insuline est observée chez l’homme ;
  • une autre étude chinoise publiée dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism en février 2012 a établi un lien plus que significatif entre imprégnation au BPA et obésité, or l’obésité est fréquemment liée au diabète et les chercheurs ont conclu en affirmant qu’ « en 1995, le diabète touchait 30 millions d’individus dans le monde. Aujourd’hui, près de 220 millions, et selon les prévisions, 366 millions d’ici 2030 » ;
  • enfin, une étude américaine publiée en décembre 2011 dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism et menée dans le cadre du National Health and Nutritional Examination Survey (NHANES) a révélé que les patients diabétiques avaient un niveau d’imprégnation en BPA plus élevé que le reste de la population : « les personnes ayant les taux les plus élevés ont un risque de diabète augmenté de 68% ».

Or, le BPA se retrouve partout dans notre vie quotidienne : dans les canettes de sodas, les bouteilles en plastique, ou encore jusqu’à récemment dans les biberons… Suite à un rapport alarmant de l’Anses, un projet de loi visant à interdire l’utilisation du BPA dans les contenants alimentaires dès 2014 et même dès 2013 pour les produits à usage infantile a vu le jour. Il semblerait qu’il est grand temps de se débarrasser de ce composé chimique nocif et de lui trouver un substituant dont l’innocuité sera cette fois assurée.

André Cicolella, du Réseau Environnement Santé (RES), a demandé au gouvernement « d’adopter sans attendre la loi BPA et de mettre la question des perturbateurs endocriniens (ndlr : dont le BPA fait partie) au cœur des politiques de santé publique, ces substances apparaissant plus que jamais comme une clé essentielle pour agir sur la prévention des cancers, des désordres métaboliques (obésité, diabète), des troubles de la reproduction et neuro-comportementaux ».


Source : agro-media.fr avec Enviro2B, Actu-environnement.com (Rachida Boughriet), Bioaddict, Information Hospitalière et France Soir.

ParLa rédaction
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