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Le président de Vivadour répond à ses détracteurs.

Le Président de Vivadour, Christophe Terrain, s’est exprimé lors d’une interview après la polémique suscitée par les projets de développement de poulets végétal et les positions de Philippe Martin, Président du Conseil Général.

Le Président de Vivadour, Christophe Terrain, s’est exprimé lors d’une interview après la polémique suscitée par les projets de développement de poulets végétal et les positions de Philippe Martin, Président du Conseil Général.

  • Pourquoi êtes-vous resté silencieux alors que vous étiez au cœur d’une polémique suite à ces projets d’investissements de construction de bâtiments de Poulet végétal ?

Nous avons annoncé le lancement de notre programme d’investissements lors de notre Assemblée Générale en décembre 2010, cet investissement porte sur 25 000 m² de bâtiments destinés à produire du poulet Label et 20 000 m² de bâtiments destinés à produire du poulet végétal « industriel ». Je précise que ces investissements sont réalisés par les agriculteurs et cautionnés par Vivadour. Le dossier réglementaire nécessaire pour obtenir les autorisations d’exploiter est très lourd et très complexe. Nous devons passer le filtre de plus de 17 règlements européens et nationaux. La Préfecture a créé une cellule pour nous aider à coordonner le projet avec les administrations concernées et nous l’en remercions. A sa demande, nous avons répondu à l’administration sur tous les aspects techniques et sommes restés silencieux dans le débat public qui s’est installé. Maintenant que notre dossier a franchi l’étape du Coderst et obtenu tous les agréments, nous pouvons prendre la parole. […] Nous avons vu et entendu des excès que je suis prêt à mettre en évidence et à dénoncer.

  • Pouvez-vous être plus précis ?

La présentation qui est faite du poulet industriel ou végétal est volontairement erronée, nos volailles industrielles seront bientôt certifiées Agriconfiance, leur alimentation est 100% végétale et minérale et les antibiotiques comme facteurs de croissance sont interdits. Les associations qui ont volontairement porté ces affirmations sont discréditées par les faits. On peut s’interroger sur leurs légitimité et représentativité.
Sous entendre que nos poulets du Gers sont abattus à Ancenis dans les Pays de Loire, comme l’a fait UFC 32, constitue une allégation très grave alors que l’étiquetage est précis et que 100% de ces volailles sont abattus dans les abattoirs de Condom et de Saramon. […] On voit bien comment des mensonges peuvent contribuer à modifier l’opinion. C’est facile pour Philippe Martin de faire un sondage après une telle campagne et d’en interpréter les conclusions. […]

  • Justement Philippe Martin a affiché son opposition au projet en vous demandant de différer celui-ci.

Philippe Martin a joué avec beaucoup d’arguments extrêmement dangereux pour notre département. […]
Il est allé sur des terrains glissants lorsqu’il met en avant la politique des collectivités territoriales qui soit disant favorisent l’utilisation de produits régionaux et de saisons dans nos cantines. C’est une belle déclaration mais les collèges et lycées du Gers ont consommé sur un an, 0.01 % de la production des poulets du Gers soit moins de ½ poulet par élève et par an. […] Quant aux locavores gersois, ils consomment 85% de volailles industrielles sous forme de découpe et de produits élaborés qui proviennent de Bretagne, des Pays de Loire mais aussi du Brésil et des USA. Nous voulons produire [du poulet industriel] tout simplement parce qu’il est plébiscité par les consommateurs. […]

  • Dans sa conférence de presse, Philippe Martin soulève la question de la compatibilité entre le développement touristique du Gers et l’image de votre projet sur le Gers.

C’est vrai que Philippe Martin veut opposer développement touristique et acte de production avec en otage l’image du Gers. Comme si l’image du Gers ne venait pas d’abord de ses 10 000 agriculteurs qui sculptent les paysages de carte postale en travaillant tous les jours ; comme si l’image du Gers ne venait pas d’abord de produits de nos agriculteurs que nous avons fait connaitre hors du Gers parce que nous avons su les amener en qualité et en quantité dans les linéaires de toute la France. Opposer développement touristique et agriculture est dangereux et irresponsable. […]
L’enjeu est bien sûr de concilier développement touristique et développement agricole. Par exemple, dans le développement des bâtiments, nous travaillons en partenariat avec Arbres et Paysages avec le souci d’arborer les sites de production et de les rendre paysagers. […]
Par contre, nous avons un point commun entre agriculture et tourisme qui tient à la faiblesse de nos infrastructures. […] Le Gers est fortement enclavé et là, ce handicap est passé sous silence. Nous sommes un des seuls départements de France à ne pas être traversé par une 4 voies, c’est un handicap pour notre tourisme mais aussi pour notre industrie agroalimentaire. Et je vous informe en avant première que nous allons créer et baptiser à Rungis, une Rue du Gers où nos produits seront présents. […]

Nous travaillons pour ce département, son agriculture et nous serons là demain. Notre agriculture est diversifiée, complexe, nous acceptons tous les débats et souhaitons même être associés à la discussion sur l’avenir de département. Nous avons été reçus par le Président du Conseil Général et c’était une première. Nous avons eu le sentiment d’avoir eu un bon échange. Aussi, nous avons d’autant plus été surpris, désagréablement et je crois que je suis en train de vous le montrer dans ma réaction, par le contenu de la conférence de presse de Philippe Martin, cela montre la difficulté pour le monde agricole d’expliquer son travail. Nous voulons participer au débat, mais certainement pas dans une position où on ne nous demanderait que de nous justifier. […] Avant de proposer de mettre nos bâtiments dans des zones industrielles certes largement disponibles dans le Gers, il y a d’autres questions à se poser.


Source : Communiqué de presse de Vivadour.

ParLa rédaction
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