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L’EFSA jouerait-elle toujours son rôle ?

Il incombe à l’Autorité européenne de sécurité des aliments, plus connue sous le sigle EFSA, un rôle particulièrement important : décider de ce qui aura ou non le droit de figurer dans nos assiettes. Oui mais voilà, un doute plane sur la réelle efficacité de l’EFSA.

Il incombe à l’Autorité européenne de sécurité des aliments, plus connue sous le sigle EFSA, un rôle particulièrement important : décider de ce qui aura ou non le droit de figurer dans nos assiettes. Oui mais voilà, un doute plane sur la réelle efficacité de l’EFSA. Des journaux tels que Le Monde et Süddeutsche Zeitung pointent du doigt la pseudo-indépendance de l’organisme, l’accusant de n’être que fictive. Car bien trop souvent l’EFSA semble travailler main dans la main avec le secteur agroalimentaire.

 

Il est ainsi étonnant de constater que le président du groupe scientifique de l’EFSA, Albert Flynn, est également employé par le géant agroalimentaire Kraft. De même, Jiri Ruprich, membre du conseil d’administration de l’EFSA, était parallèlement employée par Danone en République Tchèque jusqu’en mars 2011. Sans parler de Carlos Agostini, membre du groupe de travail de l’EFSA et régulièrement plébiscité par Nestlé, Danone, Heinz, etc., en tant que conférencier.

 

Pour Timo Lange, responsable de LobbyControl, la situation est scandaleuse : « il n’est pas acceptable de laisser des représentants d’un secteur industriel entrer au sein même de l’organisme chargé du contrôle de leurs produits ». Or, ceci est permis par une disposition européenne affirmant que les membres de l’EFSA peuvent exercer une activité au sein de l’industrie agroalimentaire tant qu’ils la déclarent.

Et cela donne naissance à des situations plus qu’invraisemblables : le 21 juillet 2011, le comité du groupe scientifique de l’EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies autorise sur le marché un produit de Kraft Foods Europe et reconnaît ses vertus alors que le directeur du comité, Albert Flynn, y travaille. La pomme de terre transgénique Amflora de BASF semble avoir bénéficié du même traitement de faveur, étant donné que 12 des 21 membres du groupe d’experts de l’EFSA lui ayant donné un avis favorable présentaient un conflit d’intérêt.

 

Si seulement les membres de l’EFSA se contentaient de travailler dans l’agroalimentaire… mais ils ne s’arrêtent pas là ! Ils participent également à des organisations proches des industriels et à des groupes de pression, tels que l’International Life Sciences Institute (ILSI) Europe, régulièrement décrié pour ses agissements et dont Albert Flynn est membre du comité scientifique. Monsanto, Coca-Cola, Bayer, ou encore Kraft en font partie. Et Flynn n’est pas le seul : plusieurs experts de l’EFSA occupent des fonctions au sein de cet institut pointé du doigt par l’Organisation Mondiale de la Santé.

 

Il est donc légitime de se poser des questions sur la réelle efficacité de l’EFSA…

ParLa rédaction
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