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La préférence du consommateur : un concept surfait

Tester la préférence du consommateur sur un nouveau produit : pas nécessairement une bonne idée. Elle conduit notamment à un manque de différenciation des produits.

La préférence du consommateur : un concept surfait
La préférence du consommateur peut être trompeuse

 

Les industriels sont sans cesse à la recherche du produit qui saura plaire aux consommateurs. Mais se baser sur les tests de préférence des consommateurs pour déterminer la faisabilité d’un nouveau produit pourrait s’avérer contre-productif, selon David Howlett, MMR Research, un cabinet de recherche spécialisé dans le comportement des consommateurs et le marketing, sur Food Navigator.

« La préférence du consommateur est une notion surfaite, car nous achetons très souvent des produits dont nous n’aimons pas forcément le goût », estime-t-il. En effet, d’après lui, de nombreuses entreprises du secteur savent qu’elles peuvent accroître la préférence de leur produit en rehaussant la saveur sucrée. Ce serait le cas de la bière mais aussi d’autres boissons et produits agroalimentaires. Mais ils ne vont pas mieux se vendre pour autant, explique-t-il.

Préférence et chiffre de vente : des notions parfois contraires

Par exemple, « le Royaume-Uni est un marché relativement récent pour le café. Les consommateurs ont commencé par des cafés plutôt doux, mais apprécient désormais l’amertume de ces boissons plus fortes. Si on teste ces cafés, ils ne sont pas davantage appréciés, mais ils se vendent mieux. »

Même chose pour le chocolat. La plupart des consommateurs affirment préférer le chocolat au lait, au goût plus doux et plus sucré, mais vont en réalité acheter davantage de chocolat noir.
Dans bien des cas, la préférence n’est pas le critère primordial, selon David Howlett. Pour les produits dits sains et bons pour la santé d’un point de vue nutritionnel, dans certains pays, la qualité gustative passera au second plan.

Red Bull : le succès d’un goût éprouvant

Red Bull est un bon exemple de ce paradoxe pour le spécialiste : « Si les consommateurs y réfléchissent, la première fois qu’ils ont bu du Red Bull, ils n’ont pas réellement apprécié le goût. Le produit a délibérément été conçu avec un goût éprouvant. »

De cette façon, Red Bull n’avait le goût d’aucune autre boisson sur le marché. « Cela avait une saveur étrange, pour adulte. »

Pour Red Bull, il était plus important que le goût du produit soit en accord avec l’image de la marque. La préférence des consommateurs était secondaire. « Cela avait le goût d’une boisson qui vous maintenait éveillé et qui rendait dynamique. »

ParLa rédaction
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