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Un comble : quand un insecte se rebiffe contre le maïs OGM élaboré à son encontre !

La chrysomèle des racines du maïs est un insecte nuisible vorace qui est depuis longtemps la hantise de tous les producteurs de maïs. Monsanto, conscient de ce fléau, avait mis au point en 2003 le premier maïs OGM conçu pour résister aux attaques de cet insecte.

La chrysomèle des racines du maïs est un insecte nuisible vorace qui est depuis longtemps la hantise de tous les producteurs de maïs. Monsanto, conscient de ce fléau, avait mis au point en 2003 le premier maïs OGM conçu pour résister aux attaques de cet insecte.

  • Le succès de cette variété a été tel que 6 ans plus tard, en 2009, 45% des cultures de maïs aux Etats-Unis utilisaient les semences de Monsanto. Oui mais voilà, depuis 2009 justement, les chrysomèles ont décidé de répliquer. Elles ont ainsi muté et sont devenues résistantes à la toxine intégrée dans les céréales (Bacillus thuringiensis ou Bt).
  • Des experts ont ainsi estimé que si ces nouveaux super-insectes se répandaient, ils entraîneraient un recours massif aux produits phytosanitaires aux Etats-Unis. Et la menace n’est pas peu sérieuse : selon Michael Gray, agronome de l’Université de l’Illinois, « la chrysomèle des racines du maïs est l’un des insectes nuisibles les mieux implantés aux Etats-Unis et a le potentiel pour devenir un insecte bien implanté en Europe ».

Par le passé, ce sont les rotations des espèces variétales sur une même parcelle qui permettaient aux agriculteurs de se débarrasser de ce parasite. Or, aujourd’hui, ce super-insecte a commencé à pondre sur les graines de soja et non plus seulement sur le maïs, restant ainsi sur un même champ en permanence. Les cultivateurs ont alors eu recours aux phytosanitaires, mais les chrysomèles ont commencé à s’y adapter et à y survivre.

Cette nouvelle résistance de l’insecte aux OGM est donc inquiétante, et des recherches ont démontré qu’elle était transmise de génération en génération. Ainsi, selon Aaron Gassmann, chercheur de l’Université d’Iowa State, « ces résultats montrent que des améliorations dans la gestion de la résistance et une approche plus globale à l’utilisation des semences Bt pourraient être nécessaires ». Une autre cause probable selon le chercheur de l’apparition de ce super-insecte est l’insuffisance de zones « refuges » : la loi oblige les agriculteurs à cultiver au moins 20% de plantes non OGM afin d’inciter les nuisibles à se concentrer dans ces zones, les empêchant de muter. Dans l’Iowa, qui a été largement attaqué par les chrysomèles, les semences de Monsanto avaient été utilisées au moins trois ans d’affilée, de quoi laisser le temps aux insectes de s’y accoutumer.

Selon le porte-parole du généticien, Lee Quarles, Monsanto prend les résultats « au sérieux » mais ne conseille pas aux cultivateurs de changer de semences. Il assure ainsi : « les produits actuels marchent. Ils continuent à offrir des rendements exceptionnels aux cultivateurs et nous constatons ces rendements sur plus de 99% des surfaces plantées ».

Reste qu’un petit insecte mutant a réussi à ébranler le plus grand producteur mondial de semences OGM.

ParLa rédaction
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