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Commerce agroalimentaire : L’excédent progresse en 2019 mais les échanges restent déficitaires avec l’UE

L’Agreste, du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation vient de publier sa synthèse conjoncturelle sur le commerce extérieur agroalimentaire en s’appuyant sur des données issues de la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) dont voici les principales lignes. Premier constat, en 2019, l’excédent agroalimentaire progresse mais les échanges avec l’Union européenne sont désormais déficitaires. En effet, indique …

Commerce agroalimentaire : L’excédent progresse en 2019 mais les échanges restent déficitaires avec l’UE
En 2019, l’excédent commercial en vins et spiritueux atteint un nouveau record à 12,6 Md€, en hausse pour la cinquième année consécutive indique l’Agreste.

L’Agreste, du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation vient de publier sa synthèse conjoncturelle sur le commerce extérieur agroalimentaire en s’appuyant sur des données issues de la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) dont voici les principales lignes.

Premier constat, en 2019, l’excédent agroalimentaire progresse mais les échanges avec l’Union européenne sont désormais déficitaires. En effet, indique l’Agreste, en 2019, l’excédent des échanges agricoles et agroalimentaires s’accroît pour la deuxième année consécutive (+ 1,1 Md€) pour s’établir à 7,9 Md€. Il repasse même au-dessus du niveau moyen des cinq dernières années. L’excédent en produits agricoles bruts gagne 0,4 Md€, principalement grâce aux exportations de céréales et à une hausse du prix moyen des pommes de terre expédiées. Les produits transformés contribuent plus fortement à la consolidation de l’excédent : + 0,7 Md€, soit plus des deux tiers de la hausse tous produits confondus, sous l’effet des ventes de vins et spiritueux. 

«Les exportations et les importations avec l’UE représentent les deux tiers de l’ensemble des échanges agricoles et agroalimentaires ; leur contribution à l’excédent commercial est toutefois en net recul depuis 2009 avec un solde désormais négatif» explique la synthèse. 

L’excédent agroalimentaire confirme ainsi le rebond enregistré en 2018 qui avait mis fin à la série de baisses ininterrompues depuis 2012, exception faite de la légère hausse de 2015.

Une hausse de l’excédent portée par les exportations de produits transformés 

La synthèse de l’Agreste indique qu’en 2019, les échanges de produits bruts augmentent, affichant un excédent pour la deuxième année consécutive de 1,2 Md€ (+ 0,4 Md€ sur un an). C’est la progression de l’excédent commercial en produits transformés (à 6,6 Md€, soit + 0,7 Md€ par rapport au niveau de 2018) qui contribue le plus à la hausse du solde agroalimentaire français. L’excédent dégagé par les vins et les spiritueux croît sensiblement, en raison d’exportations dynamiques et, à un degré moindre, du recul des importations. De même, l’excédent des échanges de produits laitiers participe à la progression globale, sous l’effet de la progression des ventes de poudres de lait, tout comme celui des viandes porcines. C’est grâce aux échanges avec les pays tiers que l’excédent commercial en produits transformés s’accroît (+ 1,1 Md€), le déficit avec l’Union européenne se creusant un peu plus (- 0,4 Md€). 

Tous produits confondus, le solde des échanges devient négatif pour la première fois avec l’UE, la progression de l’excédent des échanges de produits bruts avec l’UE étant insuffisante pour contrebalancer le creusement du déficit en produits transformés (- 0,1 Md €). 

Dynamisme des ventes de céréales vers les pays tiers 

En 2019, pour la deuxième année consécutive, l’excédent commercial des céréales (6,2 Md€) progresse de 0,4 Md€, porté par les exportations d’orge et de blé à destination des pays tiers.  Au total, sur l’année 2019, les ventes de blé tendre à destination de l’étranger progressent de 352 millions d’euros (M€) par rapport à 2018 (+ 11 %). Le prix moyen du blé français à l’exportation augmente de 6% sur un an tandis que les quantités vendues croissent de 0,8 million de tonnes (Mt), pour s’établir à 18,3 Mt, retrouvant ainsi un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2015. 

Pour la deuxième année consécutive, la valeur des exportations françaises d’orges s’accroît (+ 227 M€, soit + 20% sur un an). Les quantités comme les prix augmentent (respectivement + 15 et + 4 %).  Les volumes d’orges exportés par la France (+ 0,6 Mt) profitent du recul des ventes australiennes vers la Chine. La Chine devient ainsi le deuxième débouché après la Belgique. Il en va de même avec l’Allemagne qui achète traditionnellement des orges françaises (notamment brassicoles) et qui accélère ses achats en 2019 (+ 0,3 Mt) principalement au 1er semestre en raison de la faiblesse de ses récoltes 2018 pénalisées par la sécheresse. En revanche, les volumes expédiés par l’Hexagone diminuent vers l’Arabie saoudite (- 0,6 Mt), premier importateur historique d’orges fourragères, en lien avec la diminution des utilisations de cette céréale en alimentation animale. 

Les exportations de maïs diminuent de 189 M€ sur un an (- 13 %), limitées par la baisse des disponibilités. Le maïs français subit la concurrence des autres origines, notamment ukrainiennes. Les ventes diminuent ainsi particulièrement vers l’Espagne (- 0,4 Mt). En volume, les exportations reculent de 20% par rapport à 2018, à 3,7 Mt. 

La hausse des importations pèse sur le déficit de la filière oléoprotéagineuse 

C’est ce que constate l’Agreste. En effet, en 2019, le déficit de la filière oléoprotéagineuse (graines, huiles et tourteaux) augmente de 0,2 Md€, à – 2,3 Md€, après trois années consécutives de baisse.  Le solde des seuls échanges de graines oléoprotéagineuses reste positif, à 47 M€ mais diminue de 32 M€ par rapport à 2018, sous l’effet d’importations supplémentaires (+122M€ dont+126M€ rien que pour les graines de colza). Les volumes augmentent de 11% tandis que les prix reculent légèrement (- 1%). 

Les importations de colza croissent ainsi de 0,3 Mt (+ 35 %) par rapport à 2018 atteignant un niveau élevé, proche des 1,3 Mt. Ce niveau record résulte pour 90% d’un 2d semestre marqué par la faiblesse des disponibilités issues de la production française 2019. 

En lien avec la compétitivité accrue des tourteaux en 2019 et des besoins en trituration moindres, les importations de graines de soja diminuent (- 29 M€ par rapport à 2018). Seuls les prix augmentent (+ 2%), les quantités importées reculant de 0,1 Mt. Ces prix plus élevés s’expliquent principalement par une production historiquement basse aux États-Unis qui pèse sur la production mondiale 2019. 

De son côté, le déficit du commerce extérieur des huiles et graisses végétales ainsi que des tourteaux se creuse de 129 M€ par rapport à 2018, atteignant – 2,3 Md€. 

Recul des exportations en sucre

Pour le sucre, en 2019, son excédent commercial diminue et tombe à son plus bas niveau des vingt dernières années. 

L’année 2019 est marquée par la contraction des disponibilités en France issues de la production 2018, commercialisée sur les neuf premiers mois de 2019, et de celle de 2019 commercialisée à partir du dernier trimestre 2019, souligne le rapport. 

Le contexte de forte baisse des prix du sucre a incité les agriculteurs à réduire leurs surfaces betteravières par rapport à 2018, tout en les maintenant à un niveau élevé par rapport aux campagnes qui ont précédé la fin des quotas. Parallèlement, le rendement 2019 augmente légèrement malgré un été plutôt sec qui a affecté le potentiel des cultures dans certaines régions, notamment celui des parcelles non irriguées. Au final, les disponibilités en sucre se contractent donc malgré des stocks en début de campagne 2019/20 supérieurs à la moyenne des cinq dernières campagnes. 

Sur l’année 2019, avec le recul des disponibilités en sucre, la baisse des exportations en volume (- 22%) est accentuée par la baisse des prix (- 6%) ; les exportations en valeur chutent ainsi à un peu moins de 1 Md€. Dans le même temps, les importations de sucre diminuent de 4%, à 245 M€. 

Fruits et légumes : Un déficit commercial réduit mais qui reste élevé 

Les quantités exportées diminuent ainsi respectivement de – 16%, – 21% et – 31% vers trois principaux marchés que sont le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne
et plus généralement vers l’UE. 

En 2019, le déficit structurel de la filière fruits et légumes (fruits, légumes et produits à base de fruits et légumes) se réduit de 166 M€, à – 6,4 Md€ souligne l’Agreste dans sa synthèse sur le commerce extérieur. 

Le déficit des échanges de fruits frais représente près de 50% de ce solde. Pour la cinquième année consécutive, celui-ci se creuse de 96 M€ sous l’effet d’une baisse des exportations (-87M€,-7% sur un an), les importations étant quasiment stables.  Les volumes exportés comme les prix fléchissent (respectivement – 2% et – 4%), notamment ceux de pommes.  En outre, l’origine française doit faire face à la concurrence importante des produits de l’hémisphère Sud. Les quantités exportées diminuent ainsi respectivement de – 16%, – 21% et – 31% vers trois principaux marchés que sont le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne et plus généralement vers l’UE. 

En 2019, les mauvais résultats commerciaux enregistrés par les fruits frais sont en partie compensés par la réduction de 84 M€ du déficit en légumes frais. L’augmentation des exportations de légumes (+ 280 M€ par rapport à 2018) a en effet été supérieure à celle des importations (+ 197 M€). La hausse du prix moyen à l’exportation (+ 13%) explique en grande partie ces résultats dans un contexte de réduction de l’offre sur les marchés nationaux liée aux mauvaises conditions climatiques lors des récoltes. 

Enfin, s’agissant des produits transformés à base de fruits et légumes, seuls les échanges de confitures, gelées, compotes et purées de fruits et, à un degré moindre, de pois appertisés sont excédentaires. Au total, avec une contribution de 43% au déficit commercial global en 2019, le déficit des échanges de produits issus de la transformation des fruits et légumes se réduit cependant de 179 M€ en raison principalement de l’évolution des prix (+ 2% pour les exportations et – 2% pour les importations par rapport à 2018). 

Croissance de l’excédent des produits laitiers pour la première fois depuis cinq ans 

En 2019, l’excédent des échanges de produits laitiers (hors glaces et sorbets) gagne 250 M€ pour s’établir à 2,4 Md€. Profitant du léger repli des importations (- 36 M€) et de la croissance des exportations (+ 214 M€), il retrouve un niveau proche de celui de 2017 après avoir atteint en 2018 son niveau le plus bas des dix dernières années. 

Les fabrications de produits laitiers sont globalement orientées à la baisse, à l’exception des fabrications de crème et de poudres de lait (notamment écrémé) tirées par la forte demande mondiale pour ces produits.  Le beurre et les pâtes à tartiner laitières contribuent le plus à l’amélioration de l’excédent commercial de produits laitiers (+ 177 M€). Les exportations de beurre reculent en valeur (- 10 M€) du fait de la seule baisse des prix (- 4%), les volumes progressant (+ 3%). 

L’autre évolution importante concerne l’excédent des échanges de poudres de lait écrémé (+ 165 M€) qui bénéficie de l’augmentation des exportations (+184M€+25% pour les prix et +21% pour les volumes). Les ventes de poudre de lait écrémé retrouvent quasiment leur niveau de 2015. Pour la sixième année consécutive, l’excédent des échanges de fromages s’érode en valeur (- 85 M€), la conséquence d’une croissance plus importante des importations (+ 122 M€ en raison d’une hausse des volumes de 5%) que des exportations (+ 37 M€) qui bénéficient de prix fermes (+ 1%). L’essentiel des échanges de fromages se fait avec l’UE. 

Augmentation des exportations de viande porcine 

En 2019, l’excédent commercial des produits de l’élevage et de l’abattage s’établit à 0,6 Md€, en progression de 103 M€ après plusieurs années de baisse.

En 2019, l’excédent commercial des produits de l’élevage et de l’abattage s’établit à 0,6 Md€, en progression de 103 M€ après plusieurs années de baisse.  « Structurellement excédentaire, le solde commercial des animaux vivants (1,8 Md€) augmente de 63 M€, porté par l’accroissement des exportations de bovins (+ 22 M€ à 1,5 Md€) sous l’effet du dynamisme des expéditions vers les pays tiers. L’Algérie représente plus de 80 % des ventes en valeur vers les pays hors UE en 2019 et ses achats de bovins français progressent de 83 % sur un an. Principal débouché pour les bovins français, l’Italie importe également de manière soutenue au premier semestre avant un ralentissement par la suite », souligne le rapport.

Dans un contexte de recul des abattages de bovins, les exportations de viande bovine diminuent (- 40 M€). Les volumes reculent (- 5% par rapport à 2018) tandis que les prix progressent légèrement. Conjuguée avec la progression des importations (+ 34 M€), sous l’effet de la croissance des volumes achetés (+ 2%), la baisse des ventes creuse un peu plus le déficit commercial de viande bovine. 

L’excédent commercial en viande de porc s’accroît, porté par une hausse des exportations nettement supérieure à celle des importations (respectivement +252M€ et +36 M€). Les prix des exportations augmentent (+ 20%) tout comme les volumes (+ 11%). Quant à la hausse des importations, elle est tirée par les prix (+ 15%) alors que les volumes reculent (- 9%). L’Espagne reste le principal fournisseur du marché français pour les viandes fraîches et congelées, devant l’Allemagne. 

Enfin, les exportations françaises de viande de volaille diminuent de 54 M€ en 2019. Dans le même temps, les importations de viande de volaille se contractent aussi, mais moins que les exportations (- 17 M€) sous l’effet de la baisse des prix (- 2%), dans un contexte de hausse de la consommation et des abattages. 

Un déficit stable depuis trois ans pour la filière pêche

En France, la production de produits aquatiques ne couvre que très partiellement la demande. En 2019, le déficit est quasiment stable par rapport à 2018 (4,4 Md€). Les exportations françaises diminuent en valeur (- 2%), à 1,6 Md€ en raison d’un recul des prix (- 1%), tandis que les importations sont stables à 6 Md€. La valeur des ventes de préparations et conserves de poissons augmente sensiblement (+ 15%) mais est contrebalancée notamment par la baisse des exportations de poissons frais ou congelés (entiers et filetés) (- 7%). 

Un nouveau record en vins et spiritueux

En 2019, l’excédent commercial en vins et spiritueux atteint un nouveau record à 12,6 Md€, en hausse pour la cinquième année consécutive. Avec près de 9,8 Md€, les ventes de vins et Champagne sont toujours aussi dynamiques (+ 427 M€) sous l’effet d’une meilleure valorisation globale des produits français à l’exportation (progression de 4% des prix moyens à l’export). 

En 2019, les volumes de vins et Champagne exportés vers l’UE augmentent (+ 3%). Les volumes progressent vers 17 des 27 autres États membres de l’UE, notamment vers nos principaux partenaires que sont l’Allemagne et le Royaume-Uni. Avec des prix en augmentation, les ventes vers l’UE progressent en valeur de 7% par rapport à 2018. 

Vers les pays tiers, les exportations françaises en volume diminuent légèrement (- 1% sur un an). «Dans un contexte économique difficile, le débouché chinois est le principal touché avec une baisse conséquente des volumes de vins vendus (- 11%) pour la deuxième année consécutive» explique l’Agreste. À l’inverse, les exportations vers les États-Unis continuent de progresser (+ 5%). 

En valeur, les ventes de vins affichent une hausse vers la majorité des pays tiers (+ 4 % au total). Vers la Chine (5% des exportations totales françaises), les exportations perdent 13% de leur valeur, se repliant à 0,5 Md€, la contraction des volumes s’accompagnant d’une diminution des prix. En 2019, les ventes vers l’Asie sont portées principalement par le Japon (+ 12% sur un an). Elles ont bénéficié de l’entrée en vigueur, le 1er février 2019, de l’accord commercial conclu avec l’Union européenne pour un partenariat économique. Les importations françaises reculent de 8% en valeur (- 81 M€), à 0,9 Md€ en 2019.  La France est ainsi le deuxième importateur mondial de vins en vrac derrière l’Allemagne. 

En 2019, les exportations d’alcools spiritueux (Cognac, rhum, etc.) sont en hausse de 9%, à 4,9 Md€, sous l’effet conjugué de la croissance des volumes vendus et des prix. Les ventes de Cognac, qui représentent 70% des expéditions françaises d’alcools distillés en 2019, progressent de 358 M€ par rapport à 2018. Les ventes augmentent principalement à destination des pays tiers et notamment des États-Unis, premier client des spiritueux français (+ 22% à 1,9 Md€) dans un contexte de développement du marché des spiritueux bruns et d’achats par anticipation des opérateurs face aux risques commerciaux. Après une année 2018 difficile pour les ventes de spiritueux français vers la Chine, les exportations repartent à la hausse vers cette destination (+ 8%, à 482 M€). 

(SOURCES : Commerce extérieur de la France : direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) / AGRESTE)

ParLa rédaction
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