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Etat des lieux du marché des produits de la mer.

La 19ème édition du salon international des produits de la mer, the European Exhibition Seafood 2011 s’est tenue du 3 au 5 mai 2011 à Bruxelles. A cette occasion, agro-media.fr s’est penché sur le marché des produits de la mer.

La 19ème édition du salon international des produits de la mer, the European Exhibition Seafood 2011 s’est tenue du 3 au 5 mai 2011 à Bruxelles. A cette occasion, agro-media.fr s’est penché sur le marché des produits de la mer.

Entre tensions en amont de la filière et hausses de consommation en aval, le marché des produits de la mer parvient à tirer son épingle du jeu. En 2009, 17kg de poisson ont été consommés par personne, en moyenne, dans le monde. Ceci est le plus haut niveau de consommation jamais enregistré. L’aquaculture assure à elle seule 43% de la consommation. L’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale) a constaté un phénomène de « ciseaux », entre des disponibilités limitées en poissons et produits de la pêche et des marchés en expansion.  Elle note également que « la demande en poissons et produits de la pêche de toutes espèces ne cesse d’augmenter sur le marché communautaire comme sur le marché mondial […]. A l’inverse, la ressource en poissons de pêche ne peut être exploitée que dans certaines limites, et l’élevage marin est tributaire de la disponibilité des sites de production, et, selon les espèces, des aliments marins (farines de poissons) ». La Norvège continue à alimenter le marché des produits de la mer. Ses exportations de produits de la mer en 2010 sont en augmentation de 1,17 milliards d’euros par rapport à 2009, soit 6,9 milliards d’euros. Cette progression concerne en particulier les saumons et truites des fjords, avec une augmentation de 29% des exportations, pour un total de 4,25 milliards d’euros. Désormais, les produits norvégiens issus de l’aquaculture représentent 62% de l’ensemble des exportations du pays.

Agro-media.fr retrace pour vous les principaux évènements qui ont eu lieu au sein de cette filière. 


Au sein des différents marchés

Le marché du saumon

Ce marché est en excellente santé. Sur les quatre premiers mois de l’année 2010, les volumes de saumon fumé ont connu une hausse de 37 %. Le chiffre d’affaires a cru de 14 %. Les marques de distributeurs confortent leur part de marché volume (+ 3,9 pts), au détriment des premiers prix, en net recul (- 5,3 pts). De son côté, Labeyrie renforce son statut de marque nationale leader de près de trois points (15,2 %).

Mais l’essentiel des ventes reste toujours concentré sur les fêtes de fin d’année.

La tendance est à la segmentation du marché et à la transmission d’informations aux consommateurs. Ainsi, Labeyrie a choisi de différencier ses gammes selon leur usage, en lançant par exemple des tranches de saumon fumé rondes idéales pour réaliser des canapés.

Le marché des crevettes

Les crevettes sont en plein essor. Les volumes et le chiffre d’affaires enregistrent une croissance de près de 20 % sur un an entre septembre 2009 et septembre 2010. La pénétration a bondi de trois points et le niveau d’achat par foyer de 10 %. Les marques nationales représentent 61,6 % des volumes. Le reste est partagé entre les premiers prix, dont la croissance est exponentielle (+ 63 %), et les marques de distributeur standards. Fleury Michon a su surfer sur ce marché en lançant ses crevettes bio.

Les marchés des poissons fumés traditionnels et des poissons blancs

Les poissons fumés traditionnels, bien qu’en forte croissance (en volume : +29% pour le maquereau fumé ; +24% pour le haddock fumé ; +2,2% pour le hareng fumé mariné), souffrent d’une faible fréquence d’achat. Afin de remédier à ce problème, Delpierre a choisi de remanier ses packagings afin de rendre ses produits plus visibles. La traçabilité, essentielle aux yeux des consommateurs, est également bien mise en avant avec un logo « pêche française ». On note enfin un retour vers des recettes traditionnelles.

En ce qui concerne les poissons blancs, la situation est différente selon les espèces. Pour le lieu noir, les quantités sur le marché sont faibles, et la surpêche est problématique. En raison des prix bas qui affectent néanmoins cette production, les pêcheurs ont tourné le dos à cette espèce. Bien que le quota 2011 russo-norvégien de cabillaud ait augmenté de 16% par rapport à 2010 (il est aujourd’hui de 703 000 tonnes), les prix restent soutenus, voire même en hausse. Même constatation pour l’églefin. Les volumes de julienne sont très importants, alors que la situation est inverse pour le colin. En conclusion, nous pouvons dire que globalement le marché des poissons blancs est de mieux en mieux géré mondialement et que les quantités pêchées s’accordent avec la demande, ce qui permet une stabilité des cours des poissons blancs.

Deux marchés en crise : Saint-Jacques et huîtres d’Arcachon

Le 11 mars dernier, le tsunami japonais a causé de très lourds dégâts à 17 000 km de côtes nippones, de l’autre côté de l’océan pacifique, au Chili. La baie de Tongoy, à 450 km au nord de Santiago, est le cœur de production de la Saint-Jacques au Chili, l’un des premiers producteurs mondiaux. La puissance des vagues a détruit les blocs de béton d’une tonne qui maintenaient les filets de coquilles. Entre 50 et 100% de la production chilienne de Saint-Jacques aurait ainsi été dévastée. Soumis depuis des années à la concurrence de son voisin péruvien, premier fournisseur sur les marchés européens en coquilles Saint-Jacques, ce coup du sort pourrait bien détruire toute l’économie du secteur au Chili. Nombre de conchyliculteurs envisagent une reconversion.

Suite au tsunami, le gouvernement japonais a également défini un seuil maximal de radioactivité pour les produits de la mer dans une norme alignée sur celle existant pour les légumes. Des inspections strictes seront mises en œuvre.

En ce qui concerne les huîtres, pour la deuxième année consécutive, celles du banc d’Arguin, situé à l’entrée du bassin d’Arcachon, sont temporairement interdites à la consommation depuis jeudi 21 avril 2011. Des « toxines lipophiles au-delà du seuil de sécurité sanitaire défini » ont été détectées lors d’analyses effectuées par le réseau de surveillance de l’Ifremer. La consommation des huîtres originaires des autres zones de production, du grand banc, est autorisée. Toutefois, depuis le 7 avril 2011, la consommation des moules et des coques de l’ensemble du bassin d’Arcachon est interdite à cause de ces mêmes toxines.

 

Surpêche et label MSC

La surpêche reste encore une menace, malgré les mesures déjà mises en place. Ainsi, l’Adepale a signalé que  « des cas de pêcheries ou de zones d’élevage en grave déficit intrinsèque (ex. anchois du Maroc, saumon du Chili) » persistent. Un sondage mené par le WWF dans 14 pays de l’Union Européenne a pourtant révélé que 78% des européens souhaitaient une réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP). 88% des sondés ont également déclaré souhaiter que les produits de la mer vendus au sein de l’UE soient issus d’une pêche durable. Les consommateurs veulent enfin pouvoir distinguer aisément les produits issus de la surpêche et ceux ayant bénéficié d’une gestion durable. L’Union Européenne est le 4ème plus gros producteur de produits de la mer et entre 54 et 72% des stocks sont en situation de surpêche. Une réforme de la PCP est en cours, afin de pouvoir répondre à l’objectif de reconstitution des ressources halieutiques d’ici 2015 que l’Europe s’était fixée au sommet de Johannesburg en 2002 et que le centre de recherche Océans du futur ne pense pas pouvoir être atteint avant 2030 avec les plafonds de pêche actuels. Le label MSC (Marine Stewardship Council), qui garantit l’approvisionnement des produits de la mer auprès de sources durables, est en plein essor. Les consommateurs y sont sensibles, et il est même possible de le trouver aujourd’hui sur des aliments pour animaux. Ainsi, la marque pour chats Sheba le présente déjà sur ses produits à base de poissons.

 

Hausse de prix et flambée de l’énergie

Bruno Le Maire et les représentants du secteur ont annoncé souhaiter une pêche plus compétitive. Trois axes de réflexion ont été privilégiés : la contractualisation entre la filière et les fournisseurs de gazole ; les économies d’énergies à bord des navires ; la formation de prix de première vente et la répercussion des charges d’exploitations tout au long de la filière. Les pêcheurs subissent en effet directement les conséquences de la flambée de l’énergie. Ainsi, en mars 2011, une centaine de patrons pêcheurs du Sud-est de la France ont bloqué les dépôts de carburant de Fos sur Mer et l’accès au port de Sète pour protester contre les prix du gazole. Les industriels du poisson ont demandé aux distributeurs « de ne pas tirer sur l’élastique des prix jusqu’au point de rupture ». Le pôle des industries de transformation du poisson explique : « les matières premières ont subi depuis un an de très fortes hausses de cours, alors que les distributeurs font barrage aux hausses de prix, dans un contexte de concurrence aiguisée entre les enseignes ». Une situation qui pourrait être critique pour les PME du secteur. Certains industriels ne pourront de toute façon pas se passer de répercuter la hausse de leurs matières premières dans leurs prix de vente. V.D.

ParLa rédaction
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