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L’agroalimentaire, un secteur qui recrute

L’agroalimentaire recrute. L’Ania, Coop de France et la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD) ont même signé un contrat, fixant comme objectif l’embauche de 100 000 personnes entre 2014 et 2016, dont 50 % de moins de 30 ans. Le secteur souhaite également former 170 000 jeunes en alternance entre 2014 et 2017. A titre de comparaison, un peu …

L’agroalimentaire, un secteur qui recrute
Au total, plus de 17 000 postes ne seraient pas pourvus dans le secteur agroalimentaire.

L’agroalimentaire recrute. L’Ania, Coop de France et la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD) ont même signé un contrat, fixant comme objectif l’embauche de 100 000 personnes entre 2014 et 2016, dont 50 % de moins de 30 ans. Le secteur souhaite également former 170 000 jeunes en alternance entre 2014 et 2017. A titre de comparaison, un peu plus de 47 000 jeunes sont passés par l’alternance en 2014. Et environ autant en 2015. Concernant les recrutements, ils ont concerné 30 700 personnes en 2014 et 31 000 en 2015, dont 59 % de moins de 30 ans et 38 % de moins de 26 ans. « Notre secteur est dynamique, nous recréons de l’emploi depuis deux ans, avec 1900 emplois supplémentaires en 2014 et 4 300 en 2015 », affirme Jérôme Breysse, directeur des affaires sociales de l’Ania, dans Le quotidien des marchés.
Une tendance confirmée par l’enquête Besoins de main-d’œuvre, réalisée par Pôle Emploi. Selon celle-ci, les IAA ont annoncé 53 262 projets de recrutements pour cette année, dont 50,8 % de saisonniers.

Des embauches dans l’agriculture également

L’agriculture recrute elle aussi. La filière doit en effet remplacer les agriculteurs partant à la retraite. Et selon des informations de 2010, 61 % des exploitants agricoles ont entre 40 et 60 ans. L’agroéquipement prévoit également des recrutements. Selon l’enquête du Syndicat national des entreprises de service et de distribution du machinisme agricole (Sedima), datant d’octobre dernier, 52 % des industriels et 47 % des distributeurs prévoient d’embaucher en 2016.
Même chose pour les coopératives agricoles : « 71 % envisagent une stabilité des effectifs et 16 % une hausse, d’après leur auto-déclaration 2015 », explique Emmanuel Paris, directeur des affaires sociales chez Coop de France, dans Agrapresse. Les coopératives embauchent notamment à des postes de production, en raison d’une vague de départs à la retraite. Parmi eux, on peut notamment citer les métiers dans les silos céréaliers. Mais également des emplois dans la commercialisation et la logistique. « Il y a des métiers qui apparaissent, beaucoup dans la logistique, également dans l’innovation (notamment autour de l’énergie) », indique Emmanuel Paris.
Les besoins de recrutement ne sont pas les mêmes sur tout le territoire. Selon l’enquête de Pôle Emploi, les besoins de main-d’œuvre sont surtout présents en Bretagne, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Auvergne-Rhône-Alpes.

Agroalimentaire : des recrutements complexes

Mais les IAA ont souvent des difficultés de recrutement. Selon cette même étude, 31,1 % des projets de recrutements sont jugés difficiles pour 2016. D’après une étude réalisée par l’Observatoire des métiers des industries alimentaires (Observia), près de quatre recruteurs sur dix dans l’agroalimentaire ont rencontré des difficultés sur au moins un projet de recrutement l’année dernière. Aujourd’hui, c’est particulièrement vrai en Corse, en Centre-Val de Loire et en Île-de-France. « En viticulture, nous avons énormément de mal à trouver des agents viticoles polyvalents et des agents tractoristes » , indique par exemple la chargée de communication de l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa), dans Agrapresse.
Au total, plus de 17 000 postes ne seraient pas pourvus dans le secteur agroalimentaire. Les filières du lait, du grain et de la viande rencontrent des difficultés importantes. Les raisons à ces problèmes de recrutement sont multiples :

  • inadaptation des compétences par rapport au profil recherché (pour 20 % des industriels et 28 % des distributeurs)
  • insuffisance du niveau d’expérience (pour 11 % des industriels et 18 % des distributeurs)
  • manque de candidats sur le territoire ( pour 35 % des industriels et 27 % des distributeurs)
  • manque de motivation des candidats
  • mauvaise image du métier ou de la filière (notamment dans le secteur de la viande)
  • conditions de travail insatisfaisantes (horaire, pénibilité)

 

Dans une étude réalisée par Observia, l’observatoire des métiers des industries alimentaires, en 2009, il ressortait que 70 % des collégiens et des lycéens n’envisageaient pas de travailler dans l’industrie agroalimentaire. Les principales explications avancées étaient la méconnaissance du secteur, ainsi que la mauvaise image des conditions de travail et du niveau de rémunération.

L’agroalimentaire travaille son image

L’agroalimentaire cherche donc à redorer son image. Pour cela, l’Ania a notamment accru sa communication, en particulier auprès des jeunes. L’association nationale des industries alimentaires encourage notamment la visite d’entreprises du secteur agroalimentaire. Environ 200 entreprises ont ouvert leurs portes cette année dans le cadre de la semaine de l’industrie. L’Ania collabore également avec l’Association de la visite d’entreprise dans ce sens.
Le secteur mise aussi de plus en plus sur les salons et sur les forums pour informer les jeunes sur les réalités et les opportunités dans l’agroalimentaire. Un site internet, Alimétiers, a également été mis en place fin 2013. Son but : recenser, présenter et informer sur les métiers et les formations dans l’agroalimentaire.
Certaines filières ont également entrepris leur propre démarche. Culture Viande, le syndicat des industriels de la viande, a par exemple réalisé, l’an passé, plusieurs vidéos sur les métiers de la viande, afin de leur redonner une meilleure image et d’attirer les jeunes.

Améliorer la formation pour faciliter le recrutement

Selon Hervé Gabaud, président de l’Ifria Bretagne, le problème vient au moins en partie de la formation. « Le métier est attractif. En revanche, ce qu’on sait mal faire, c’est accompagner des jeunes dans leur qualification. Il faut réussir à leur proposer un parcours professionnel intéressant. Mais quand vous avez 24 branches, donc 24 schémas de qualification différents, c’est difficile », explique-t-il dans Le Télégramme.
C’est dans ce but que l’Ifria Bretagne a récemment lancé un plan d’attractivité de l’apprentissage dans la région. Un million a été investi pour cela. Au programme : de la communication, de l’accompagnement et de l’occupation des bassins d’emplois en bâtissant des opérations autour de l’alternance et de l’apprentissage. «  On a identifié une dizaine de bassins. Cela veut dire mobiliser des lieux de formation. On aimerait bâtir un partenariat durable avec les CFA pour faire venir les enseignants dans les entreprises car ils n’ont pas l’occasion de le faire aujourd’hui », poursuit-il. L’ambition est de former 500 apprentis par an et d’amplifier le mouvement à travers l’alternance. Au total la région souhaite former 1000 jeunes par la voie de la professionnalisation.
Mais le contenu des formations doit également évoluer, pour être davantage en adéquation avec les problématiques actuelles. C’est par exemple ce qu’essaie de faire le secteur de l’agriculture, où les métiers ont énormément évolué ces dernières décennies. Dans les BTS, aujourd’hui, les cours pratiques d’utilisation de certaines machines ont été remplacé des cours d’anglais ou de gestion. « On connaît l’analyse du bilan, on est capable de calculer une marge pour savoir s’il est rentable ou non de faire quelque chose, explique Isabelle Thuillier, directrice du lycée agricole Bougainville, sur Europe 1. On apprend aujourd’hui aux jeunes à fonctionner dans un système de gestion de crise permanente et d’adaptation. » Il est d’ailleurs conseillé aux étudiants de poursuivre leurs études après le BTS pour se former à l’ingénierie, l’agroalimentaire ou aux nouvelles technologies agricoles.
Signe encourageant : le nombre de candidats pour les BTS agricoles n’a jamais été aussi élevé en France : +14 % pour le BTS « Conduite de l’entreprise agricole » ces huit dernières années et +19 % pour le BTS « Production animale ».

ParLa rédaction
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