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L’aluminium intoxique nos aliments

L'aluminium se retrouve partout dans nos aliments. L'absorption de cette neurotoxine peut être dangereuse pour la santé, en particulier pour les enfants, qui y sont davantage exposés.

L’aluminium intoxique nos aliments
Ustensiles de cuisines, emballages alimentaires, additifs… l’aluminium est présent partout dans nos cuisines et notre alimentation.

Chaque jour, nous absorbons, à petite dose, de l’aluminium. Cette substance est en effet présente un peu partout, dans l’environnement, et dans notre alimentation. Cependant, pour l’homme, elle ne possède aucune fonction biologique, contrairement au fer, par exemple.

L’aluminium, une neurotoxine néfaste à la santé

A trop forte dose, cette neurotoxine peut s’avérer néfaste à la santé. En effet, l’aluminium traverse la peau, le tube digestif et finit dans le sang. Il est alors filtré par les reins, puis éliminé dans les urines. Mais 20 % de l’aluminium absorbé par notre corps se retrouve néanmoins dans nos os, nos poumons, ou notre cerveau, qui stockent la substance.

Ainsi, l’absorption d’aluminium, durant une période prolongée, peut entraîner des problèmes osseux ou neurologiques, parmi lesquels, la démence, l’apathie, les tremblements, selon certaines études. Il pourrait aussi jouer un rôle dans la maladie d’Alzheimer, comme le prouve une récente étude de l’Université de Keele, au Royaume-Uni. L’Anses réfute cependant ce lien de cause à effet.

L’aluminium, présent partout dans notre alimentation

Toujours est-il que l’alimentation est la principale voie d’exposition à l’aluminium. Nos aliments en contiennent naturellement. La majorité des produits non-transformés comprennent moins de 5mg d’aluminium/kg. Mais d’autres en comptent davantage : de 5 à 10 mg/kg. C’est le cas des biscuits, de certains légumes, des fruits glacés, des produits laitiers, des coquillages, des saucisses… Quant aux feuilles de thé, aux herbes, au cacao et aux épices, ils en recèlent plus encore.

Les produits transformés, sont quant à eux bien plus susceptibles d’avoir une forte teneur en aluminium. D’une part, les emballages et contenants alimentaires, tels que les boîtes de conserve ou les canettes de soda, sont très souvent en aluminium, ce qui favorise l’exposition. D’autre part, nombre d‘additifs alimentaires sont composés de cette substance. Elle peut être utilisée sous différentes formes chimiques : métal (E173), sulfates (E520 à E523), phosphates (E541) ou silicates (E554-555-556-559). Ces additifs bourrés d’aluminium servent de conservateur dans les charcuteries, de levant dans les gâteaux, d’agent de blanchiment dans les pains et les farines, d’anti-agglomérant dans le sel ou le lait en poudre, ou encore de colorant dans les confiseries.

Quelle réglementation pour l’aluminium dans nos aliments ?

L’aluminium est également présent dans l’eau du robinet. Il provient du ruissellement des sols et des agents floculants à base de sels d’aluminium qui sont ajoutés pour éliminer les particules organiques, lors du traitement des eaux, dans certaines communes. Cependant, la réglementation concernant la concentration maximum d’aluminium est stricte. Elle est limitée à 0,2mg/l, et dépasse rarement 0,05 mg/l, pour des raisons sanitaires et de goût.

Pour l’alimentation aussi, des limitations ont été fixées. Avant 2008, la dose hebdomadaire tolérable (DHT) recommandée par l’Efsa était de 7mg/kg de poids corporel. Aujourd’hui, le seuil est de 1 mg/kg de poids corporel par semaine. Pour un adulte d’une soixantaine de kilos, cela représente 8,5 mg/j. Mais comment connaître les doses ingérées ? Les étiquettes des produits sont rarement explicites sur la question, et il est donc impossible d’additionner les doses absorbées quotidiennement.

Selon l’Efsa, en Europe, l’exposition à l’aluminium, via l’alimentation, oscille entre 0,2 à 1,5 mg/kg de poids corporel par semaine en moyenne. Elle peut aller jusqu’à 2,3 mg/kg de p.c./semaine chez certains. La limite recommandée serait ainsi régulièrement dépassée en Europe. En France, le taux de dépassement du seuil serait de 0,2 % chez les adultes.

Les enfants plus exposés à l’aluminium

Chez les enfants (de 3 à 17 ans), cependant, il est estimé à 1,6 %. Ils sont en effet plus exposés à l’aluminium. Les céréales, les produits à base de céréales, les légumes et les boissons qu’ils consomment en sont la cause principale. Résultat, leur exposition est estimée à 0,7mg/kg de p.c./ semaine. Chez les tout-petits (de 1,5 ans à 4,5 ans), l’absorption d’aluminium est quant à elle estimée à 2,3 mg/kg de p.c./semaine.
Chez les bébés également l’exposition est importante, en premier lieu en raison des préparations pour nourrissons. Le danger est qu’avant six mois, la barrière hémato-encéphalique, qui protège normalement le cerveau des agents pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang, n’est pas formée. Les très jeunes enfants sont donc plus enclins à accumuler de l’aluminium dans leur cerveau et donc, plus vulnérables. Selon un rapport de l’Efsa, l’exposition moyenne des bébés de 3 mois ayant pour origine des préparations pour nourrissons est en moyenne de 0,6 mg/kg de p.c./semaine pour les préparations à base de lait, et de 0,75 mg/kg de p.c./semaine pour les préparations à base de soja. Mais selon les marques, l’exposition potentielle peut être multipliée par quatre. Et à titre de comparaison, l’exposition potentielle chez les bébés nourris au sein a été estimée à moins de 0,07 mg/kg de p.c./semaine.

Le lait infantile contaminé par l’aluminium

En Grande-Bretagne, le professeur Chris Exley s’est intéressé tout particulièrement au lait infantile en poudre. Il a publié une étude en 2010, et une autre en 2013. Elles sont toutes deux accablantes. Dans la plus récente, il a analysé, avec son équipe, 30 préparations, parmi les plus populaires au Royaume-Uni. Elles contenaient toutes de l’aluminium. Et leur teneur allait de 100 à 430 microgrammes par litre, soit deux fois plus que la valeur réglementaire dans l’eau.
Et ce phénomène n’est pas propre à la Grande-Bretagne. Selon une enquête menée en 2014 par 60 millions de consommateurs, parmi 38 laits infantiles analysés, plus de la moitié des préparations premier âge, contiennent de l’aluminium. Les deux tiers des laits 2e âge. Petite lueur d’espoir : dans les laits de croissance destinés aux enfants de 1 à 3 ans, aucune présence d’aluminium n’a été détectée.

L’aluminium, ajouté volontairement dans le lait infantile ?

Dans ces produits, la présence d’aluminium provient, d’une part, des emballages, qui sont bien souvent composés de cette substance. D’autre part, la présence de la neurotoxine pourrait être due aux ingrédients des préparations. Selon Chris Exley, les industriels pourraient en ajouter afin d’éviter la formation de grumeaux. Une accusation récusée par les fabricants.

L’Anses est actuellement en train de mener une étude sur l’alimentation des enfants de 0 à 3 ans. Celle-ci devrait apporter de nouvelles données sur leur exposition à l’aluminium. La publication des résultats, initialement prévue pour le début d’année à été repoussée. La fin des travaux est désormais envisagée pour fin 2015.

Les industriels réduisent progressivement les teneurs en aluminium

De leur côté, les industriels ont fait des efforts depuis quelques années. La réglementation relative à la présence d’aluminium dans les aliments a en effet été modifiée en 2012. Des teneurs maximales ont été instaurées, notamment pour les laques aluminiques, forme de colorant alimentaire, et quelques autorisations ont été supprimées (bentonite, silicate d’aluminium…). Ce règlement est entré en vigueur en 2014. De plus, depuis février 2013, les industriels ont l’obligation d’indiquer la teneur en aluminium des laques aluminiques non destinées à la vente aux consommateurs. Il était donc auparavant quasi impossible, pour les fabricants de produits finis, de connaître la teneur en aluminium de leurs préparations.

Pourtant, il est peu probable que ces mesures soient suffisantes pour permettre aux consommateurs de pouvoir s’alimenter l’esprit libre de toute inquiétude, car les teneurs en aluminium dans les produits finis sont toujours difficiles, voire impossibles, à identifier sur les étiquettes. Une des solutions pour éviter d’absorber cette neurotoxine pourrait être de se tourner vers les produits biologiques, car les additifs à l’aluminium sont proscrits. Pourtant, selon l’étude menée par Chris Exley, même les laits infantiles bio contenaient des traces d’aluminium…

QUELQUES CONSEILS POUR ÉVITER L’ALUMINIUM :

  • Préférez les ustensiles de cuisine en acier inoxydable, aux poêles et casseroles en aluminium
  • Conservez vos aliments dans des bocaux en verre, plutôt qu’en aluminium
  • Veillez à ne pas dépasser la date limite d’utilisation optimale (DLUO) des canettes de sodas
  • Lisez les étiquettes et évitez les produits comprenant des additifs alimentaires contenant de l’aluminium
ParLa rédaction
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