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Le marché des jus de fruits lourdement impacté par la crise sanitaire

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Jus de Fruits, Unijus, a publié une enquête sur l’impact de la crise sanitaire sur le marché des jus de fruits. Premier constat: la crise Covid-19 vient aggraver les tensions déjà observées sur plusieurs marchés de jus de fruits (orange, ananas, mangue, pomme…). «Les cours de ces matières premières sont en forte hausse par rapport …

Le marché des jus de fruits lourdement impacté par la crise sanitaire
Alors que les récoltes sont en baisse un peu partout, parallèlement la demande en orange et jus d’orange (fruit frais et jus), à l’autre bout de la chaîne, est en forte hausse dans plusieurs pays.

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Jus de Fruits, Unijus, a publié une enquête sur l’impact de la crise sanitaire sur le marché des jus de fruits. Premier constat: la crise Covid-19 vient aggraver les tensions déjà observées sur plusieurs marchés de jus de fruits (orange, ananas, mangue, pomme…). «Les cours de ces matières premières sont en forte hausse par rapport à l’année dernière, hausse expliquée par un impact de la crise à plusieurs niveaux : en diminuant le rendement des cueillettes et en augmentant la consommation de certains fruits et jus de fruits dans plusieurs pays en raison de leur qualité nutritionnelle», explique Unijus. 

Le marché du jus d’orange en forte tension à tous les niveaux de la chaîne

Le jus d’orange est le parfum leader en France (43% des ventes en France en GMS, source Nielsen 2019), mais les récoltes de ce fruit sont en baisse. Que ce soit au Brésil ou en Espagne – principaux pays où la France s’approvisionne en fruits – les cueillettes d’oranges sont à la baisse (-30% au Brésil et -25% en Espagne sur la récolte 2019/2020). «Dans ces pays durement touchés par la Covid, le respect des gestes barrières a entrainé depuis plusieurs mois toute une série de mesures qui concernent aussi bien le transport des cueilleurs vers les plantations (et donc au final moins de cueilleurs disponibles) que les règles à respecter dans les champs. Les coûts salariaux ont également augmenté avec les mesures de protection qu’il a fallu mettre en place pour protéger les cueilleurs», souligne Unijus. 

Parallèlement la demande en orange et jus d’orange (fruit frais et jus), à l’autre bout de la chaîne, est en forte hausse dans plusieurs pays. Les consommateurs recherchent en effet ces produits riches en vitamine C en cette période de crise sanitaire. Ceci a été particulièrement frappant aux USA, de plus en plus dépendants du Brésil alors que leur propre production en Floride ne cesse de se réduire. Leur consommation accrue de jus d’orange depuis la crise de la Covid (+50% en avril, +20% en juin) a fortement contribué à augmenter le flux brésilien de jus d’orange vers ce pays. 

La demande d’orange sous toutes ses formes a également augmenté en Europe, spécialement dans des pays comme l’Allemagne, le UK, la Belgique ou la Norvège. Unijus explique ainsi que «La tension observée sur le marché du frais entraine mécaniquement une pression sur le marché de l’industrie en captant prioritairement les fruits récoltés lorsqu’ils sont destinés à différents usages (cas des oranges d’Espagne) et faisant ainsi augmenter les prix». 

Inquiétudes concernant la récolte à venir en Espagne 

En Espagne, la récolte à venir 2020/2021, prévue initialement comme abondante, ne le sera pas. La floraison généreuse du mois de février a été altérée par les fortes pluies des mois de mars et avril laissant envisager une récolte sans excès voire même déficitaire pour les variétés arrivant à partir du mois de février 2021.  «Il résultera une augmentation des cours des oranges à jus de plus 10% pour le Brésil et de l’ordre de 15-20% pour l‘Espagne, ainsi que des difficultés pour certains en matière d’approvisionnement actuellement » affirme l’Union Nationale Interprofessionnelle des Jus de Fruits. 

Un problème d’approvisionnement pour le jus d’ananas 

Les prix des jus d’ananas ont au final bondi : + 10-20% pour les purs jus, voire + 65% pour les jus à base de concentrés par rapport à l’année dernière. 

Du côté des ananas, les productions dont celles destinées au jus, sont en forte baisse quel que soit leur pays d’origine, et particulièrement en provenance de Thaïlande. Les prix bas de ces dernières années ont eu pour effet l’arrêt de cette activité chez de nombreux producteurs estime Unijus. Et comme pour toutes les productions fruitières, la Covid a encore aggravé la situation. «Signalons également que si la consommation de jus d’ananas est limitée en France (3.5% des ventes en France en GMS, source Nielsen 2019), elle est de plus en plus importante dans certains pays qui plébiscitent ce jus pour ses qualités nutritionnelles» précise l’Union Interprofessionnelle. Résultats : Les prix des jus d’ananas ont au final bondi : + 10-20% pour les purs jus, voire + 65% pour les jus à base de concentrés par rapport à l’année dernière. 

Le marché d’export du jus de mangue en provenance d’Inde s’est effondré 

Cela fait désormais plusieurs mois que le marché des mangues d’origine indienne est profondément perturbé. «Avec la crise de la Covid, une désorganisation de la logistique agroalimentaire à l’échelle nationale couplée à un problème de disponibilité de la main d’œuvre pour transformer les mangues cueillies et à des mesures de souveraineté alimentaire expliquent cette situation» précise Unijus. Conséquences, les prix de jus de mangue ont augmenté de +20 % sur les produits standards, voire beaucoup plus pour les produits de qualité premium par rapport à l’année dernière. 

Le marché du jus de pommes d’origine française sera lui aussi tendu 

En France, une récolte plus faible que l’année dernière (entre -10 et -15%) ainsi qu’un marché du fruit frais (pomme de bouche) très dynamique cette année sont les deux principales raisons d’une disponibilité en pommes nettement plus faible pour l’industrie du jus. Et la situation en Espagne est similaire. En ce début de récolte, les cours sont donc significativement plus élevés que l’année dernière à la même période, faute de volume disponible en écart de tri. 

«En conclusion, la Covid a des impacts majeurs sur la cueillette des fruits et accentue les difficultés rencontrées sur certains marchés de jus de fruits déjà tendus cette année. La situation sanitaire ne devant pas s’améliorer avant plusieurs mois, ces marchés devraient rester sous tension pendant encore longtemps» analyse Unijus pour qui, «il est plus que jamais crucial que l’ensemble des acteurs du secteur en tienne compte et s’organise autour de ces contraintes. Les acteurs de l’industrie des jus et nectars comptent sur la qualité des relations avec les chaines de distribution pour les aider à surmonter les enjeux liés aux prix de revient». 

Répondre aux enjeux sociétaux et aux nouvelles attentes des consommateurs

Les professionnels des jus de fruits renforcent sans cesse leurs bonnes pratiques afin de répondre aux enjeux sociétaux et aux nouvelles attentes des consommateurs, que ce soit pour l’étiquetage ou la communication en matière de nutrition ou encore d’emballage afin de s’inscrire dans une économie circulaire. «Consciente de la montée en puissance de ces exigences, la filière française, qui conditionne 90% des jus de fruits vendus en France, possède un savoir-faire en matière de qualité et de traçabilité» explique Unijus. Qualijus, l’organisme indépendant pour contrôler et surveiller les produits proposés en France, s’assure du contrôle de taux de conformité en composition qui frôle les 99% contre 56% en 1995 ! 

D’ici fin 2021, tous les jus de fruits proposés en rayon auront ainsi adopté la portion de 150 mL comme verre de référence et toutes les communications s’attacheront à promouvoir une consommation raisonnable de ces boissons uniques en leur genre, qui ont la particularité de combiner plaisir et bienfaits. La filière s’est également emparée de la problématique des emballages en devenant un membre actif du Collectif Boissons, et partage l’objectif d’une collecte ambitieuse : répondre à l’objectif de 90% de collecte des bouteilles en plastique fixé par l’Union européenne et de recyclage des bouteilles PET à horizon 2025. 

Marché du jus de fruits : la premiumisation continue en 2019 

Ces dernières années, les achats de jus de fruits montent en gamme

En 2018, chaque Français a bu environ 20 litres de jus de fruits. Les consommateurs en ont acheté 1,3 milliard de litres en magasins pour un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d’euros. Ces dernières années, leurs achats montent en gamme et s’orientent davantage vers les purs jus (+15 pts de part de marché en volume depuis 2010), le bio (+5,6 pts) et le réfrigéré (+6 pts) (Source : Nielsen)

En 2018, les Français ont une nouvelle fois confirmé leur préférence pour les jus de fruits premium. Une tendance qui se poursuit sur les premiers mois de l’année 2019. Les ventes de jus de fruits bio font un véritable bond au 1er trimestre. Par rapport à la même période en 2018, les consommateurs ont en effet acheté +10,9 % de jus de fruits issus de l’agriculture biologique en volume et +15,8 % en valeur. Sur la période, les jus de fruits vendus au rayon réfrigéré ont également vu leurs ventes augmenter : +1,5 % en volume et +3,3 % en valeur. Les ventes de purs jus progressent également, à +1,4 % en volume et +2,9 % en valeur. Très peu transformés, ils ne contiennent en effet aucun édulcorant, colorant ou conservateur, conformément à la réglementation. Ces caractéristiques en font des boissons spécifiques, différentes des autres boissons sucrées sans alcool. De plus, leur double classement par Santé publique France dans les catégories des « fruits et légumes » et des « boissons sucrées » en font des boissons uniques. 

20 litres de jus de fruits consommés par Français en 2018 

En 2018, les Français ont acheté environ 1,3 milliard de litres de jus de fruits et nectars en magasins (-4,3 % vs 2017), soit 20 litres par habitant, pour un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros (-1,2 %). Le marché est caractérisé par une montée en gamme des achats. Les consommateurs s’orientent en effet davantage vers les purs jus, les jus de fruits bio et les réfrigérés.  En 2018, les purs jus représentent 62% de part de marché volume en grande distribution. Les purs jus de fruits représentaient 47% des ventes en 2010. En 8 ans, ils ont ainsi gagné 15 points de parts de marché volume en magasins. 

Le Bio, un moteur de croissance

En 8 ans, la part de marché volume des jus de fruits biologiques est passée de 2,7% en 2010 à 8,3% en 2018 en grande distribution. En effet, les produits bio font désormais partie intégrante des habitudes de consommation des Français et les fabricants de jus de fruits proposent aujourd’hui une gamme bio aux consommateurs. Alors qu’en 2017, le segment bio avait augmenté de +24 %, le manque de matières premières disponibles ralentit le marché. En 2018, les achats de jus de fruits et nectars bio en magasins n’ont ainsi augmenté que de +0,3% en volume et de +5,6% en valeur. Parmi les différentes catégories de jus de fruits proposées en bio, ce sont les ventes de nectars de fruits qui jouent un rôle moteur dans la croissance en 2018 : +10,5% de ventes en volume en 2018 vs 2017. 

Les jus de fruits réfrigérés gagnent du terrain

Les jus de fruits vendus au rayon réfrigéré gagnent du terrain sur le rayon ambiant. Les ventes des jus de fruits réfrigérés ont augmenté de +0,9% entre 2017 et 2018 en volume, pour atteindre 14% de part de marché volume. Ce rayon est particulièrement attractif et dynamique via une diversification de l’offre que ce soit en termes de recettes, notamment purs jus et smoothies, mais également de procédé de fabrication, jus fraichement pressés, stabilisés sous haute pression… En 8 ans, le réfrigéré a gagné 6 points de part de marché volume. 

Le jus d’orange, le parfum préféré des Français 

En 2018, le parfum de jus de fruits préféré des Français reste l’orange, qui représente 44% des ventes en magasins en 2018. Les multi-fruits arrivent en deuxième position, avec 22% de parts de marché en volume. En troisième position des ventes figure le jus de pomme, qui affiche une part de marché volume à 13%. Si les parfums leaders des jus de fruits restent inchangés depuis des années, les Français s’orientent de plus en plus vers des parfums alternatifs comme les bifruits (+ 10,9% de ventes vs 2017), le jus de mandarine / clémentine (+7,6%) ou les jus de légumes (+ 19%). On observe une multiplication des combinaisons de fruits pour des recettes originales et inédites. 

Répondre à l’objectif de 90 % de collecte des bouteilles en plastique

En 2018, la moitié des jus de fruits (50%) vendus en France étaient conditionnés dans des bouteilles en plastique. En deuxième position le carton concerne 44% des jus de fruits vendus en magasins et le verre 6%. Responsables vis-à-vis des emballages mis sur le marché, la filière s’engagee en matière d’économie circulaire et à différents niveaux. Les trois matériaux d’emballage majeurs des jus et nectars font tous l’objet d’une filière de recyclage : plastique PET, carton et verre, expliquent les 10 fédérations membres qui ont pour objectif une collecte ambitieuse afin de répondre à l’objectif de 90 % de collecte des bouteilles en plastique fixé par l’Union Européenne. 

Tous les emballages modifiés d’ici 2021

Afin de rendre ces dispositions impactantes et compréhensibles par les consommateurs, les adhérents des fédérations s’engagent à respecter et appliquer chaque point de la Charte pour l’ensemble des emballages et communications d’ici fin 2021, avec une mise en œuvre dès à présent au niveau de tous nouveaux packs ou rénovations, de telle sorte qu’une très grande majorité des emballages du marché soient conformes aux dispositions de la Charte d’ici fin 2020. 

Avec 33 sites de production répartis sur l’ensemble du territoire en France, la filière jus de fruits contribue au maillage des territoires locaux et à leur développement économique. 90% des jus consommés en France sont fabriqués ou conditionnés en France, représentant 3 900 emplois directs et 23 000 emplois indirects. La filière des jus de fruits représente un débouché important et de qualité pour les productions locales de fruits ou de légumes comme les abricots du Roussillon, la tomate de Marmande, les pommes de Normandie, rappelle Unijus.  La récente mise en place du label « 100% pommes de France» garantit par exemple au consommateur, au-delà de l’origine géographique des pommes, la mise en place d’engagements concrets par tous les maillons de la filière et de pratiques de transformations durables. (SOURCES : UNIJUS)

ParLa rédaction
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