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L’affichage environnemental, à quoi faut-il s’attendre ?

Vous n’avez pas pu rater le lancement, le 1er juillet dernier, de l’expérimentation nationale sur l’affichage environnemental. Pendant un an, cette phase de test devra permettre de définir les conditions de généralisation du dispositif, si généralisation il y a.

Vous n’avez pas pu rater le lancement, le 1er juillet dernier, de l’expérimentation nationale sur l’affichage environnemental. Pendant un an, cette phase de test devra permettre de définir les conditions de généralisation du dispositif, si généralisation il y a.

A cet effet, à l’issue de l’expérimentation, un rapport d’évaluation rédigé par le gouvernement sera remis au Parlement. Issu des travaux du Grenelle de l’Environnement, ce projet verra les 168 entreprises qui se sont engagées volontairement dans cette démarche tester différentes manières d’afficher les caractéristiques environnementales des produits. Seront utilisés les principes généraux définis par la plateforme ADEME / AFNOR en charge du projet. 42% de ces entreprises sont des IAA.
Le principe, en théorie, est simple : afficher une information complète basée sur une approche multicritère des impacts environnementaux. Là où cela se corse, c’est que l’information devra porter sur l’ensemble du cycle de vie du produit, c’est-à-dire de la production des matières premières à la destruction du produit en passant par la phase de fabrication et en incluant évidemment le transport.

Le projet concernant l’ensemble des Produits de Grande Consommation, la plateforme ADEME / AFNOR a établi des groupes de travail (GT) ciblés sur différentes catégories de produits. Ainsi, le GT1 s’occupe des produits agroalimentaires. Le rôle de ces « GT » est de définir les critères sur lesquels vont porter les indicateurs. A priori pour le GT1, il devrait s’agir d’un indice carbone, d’un indice sur la consommation d’eau et éventuellement d’autres indices sur la biodiversité ou les pollutions aquatiques.

En pratique, chacun risque d’afficher un peu ce qu’il veut et sous des formats complètement différents : internet, smartphone, affichage en magasin ou même étiquetage directement sur le produit. Ainsi, Casino avance ses propositions sur le sujet et propose désormais un étiquetage mutlicritères sur 100 produits (dont des MDD Casino et Monoprix), représentant l’impact de 100 g ou 100 ml de produits en pourcentage de la consommation alimentaire journalière d’un Français. Cet indicateur se retrouvera en face avant du produit, renforcé par un code 2D au dos renvoyant via smartphone à une fiche détaillée en ligne.
A l’ANIA, les initiatives se multiplient également, avec notamment un certain nombre de secteurs (boissons rafraîchissantes, charcuterie, bière, café, etc.) qui permettront dès cette semaine aux consommateurs d’accéder à une information sur l’affichage environnemental de leurs produits dématérialisée.

Quant à la FCD, le démarrage sera semble-t-il plus long, puisque les dix adhérents qui participent à l’opération ne devraient pas proposer d’affichage « vert » avant la fin de l’été. L’excuse avancée est la saisonnalité des produits qui rendrait plus difficile la mise en place du dispositif.

Le ministère du Développement Durable sera chargé de centraliser les données de retour de l’expérimentation, afin d’évaluer notamment :
–    La transparence des données et des modes opératoires utilisés pour calculer les indicateurs ;
–    Les coûts et bénéfices de l’opération pour les entreprises ;
–  L’appropriation et la compréhension de la démarche par les consommateurs et par l’ensemble des acteurs dans les entreprises.
Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, l’information environnementale doit devenir à terme une incitation. « J’attends de l’affichage qu’il donne l’envie et les moyens aux consommateurs d’orienter leurs achats vers les produits les plus vertueux, qu’il contribue à renforcer la compétitivité du « Fabriqué en France » via une production de proximité et de qualité, et qu’il aide les entreprises à s’engager dans la croissance verte ».
Malgré ce beau programme, de nombreux freins risquent de compromettre le succès de l’opération. Tout d’abord, les méthodologies de mesure de certains indicateurs, comme la biodiversité, ne sont toujours pas arrêtées. Ensuite, le coût des analyses de cycle de vie ont un caractère fortement dissuasif. Enfin, le manque de sensibilisation à l’intérieur des entreprises, notamment des plus petites.
De plus, rappelons le côté « politique » de cette mesure, initialement issue du Grenelle, mais déjà en grande partie vidée de sa substance : l’affichage environnemental était, à l’origine dans le texte de loi, prévu pour être obligatoire pour tous les producteurs de produits de grande consomation dès janvier 2011…
Dernière interrogation concernant la fiabilité des résultats affichés. En effet, par souci de simplification des calculs, de nombreuses données ne seront disponibles que sous la forme de moyennes nationales. Ainsi, par exemple, sera-t-il vraiment possible de différencier l’impact d’une recette utilisant des carottes produites sous serre, en agriculture intensive ou encore en agriculture biologique ? A ce jour, rien n’est moins sûr… G.T.

ParLa rédaction
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