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Les galettes des Rois, le business lucratif de l’Epiphanie

Cela fait déjà deux semaines que vous en voyez partout, que vous en avez déjà mangé plusieurs parts, en famille ou au travail : la galette des Rois bien sûr ! Entre tradition millénaire et business lucratif, retour sur la pâtisserie phare de l'Epiphanie.

Les galettes des Rois, le business lucratif de l’Epiphanie
La galette des Rois, ce gâteau d’Epiphanie qui fait recette chaque hiver, entre business et traditions : décryptage. Crédits photo : Steph Gray – Flickr – CC

L’Epiphanie, un événement religieux qui célèbre initialement la venue des Rois Mages chez l’enfant Jésus et qui est aujourd’hui dans l’inconscient populaire devenue « la fête de la galette ». Le marathon à la galette des Rois est lancé depuis 2 semaines ! Frangipane, pommes, chocolat… les parfums pour ces tartes feuilletées ne manquent pas et chaque pâtissier ou industriel de l’agroalimentaire entend bien innover et faire la plus bonne galette. Des fèves traditionnelles en porcelaine à l’effigie de Jésus ou Marie, à celles de collection, en passant par celles en… or, elles sont toutes recherchées. Même si 68% des Français reconnaissent volontiers tricher pour que les enfants la trouvent, la miniature reste un incontournable de la fête. Décryptage de ce marché florissant de la galette des Rois.

S’il est bien un business lucratif pour les pâtissiers et les industriels de la boulangerie-pâtisserie, c’est bien l’Epiphanie. Les Français en consomment plus de trente millions chaque année : la galette des Rois, l’incontournable des goûters de janvier. Selon la tradition, l’Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre la naissance de Jésus visité par les Rois Mages. Elle a lieu le 6 janvier et c’est aujourd’hui l’occasion de désigner un Roi. Celui qui trouvera la fève cachée dans la galette.

Pour les boulangers-pâtissiers, c’est surtout l’occasion d’écouler plus de 30 millions de galettes, parfois à des prix élevés, selon la taille et la fourniture du gâteau. Entre 5 et 50 euros, selon le fabricant, artisanale ou industrielle, la galette ne connaît pourtant pas la crise.

Des coûts de production pas si élevés ?

Si les prix paraissent excessifs, ils peuvent s’expliquer par l’éphémère caractère de l’événement mais pas toujours par sa fabrication. Alors que les coûts de production avoisinent les 4,32 euros pour une galette des Rois de 8 parts, les coûts de vente se fixent à près de 2.21 euros… la part, selon les chiffres de l’Etat.

Par ailleurs, il est de coutume de penser que plus le prix est élevé, plus la qualité l’est. Il est gage de « bonne galette ». Ce qui n’est pas, non plus, toujours le cas. Challenges, dans un article intitulé « La vérité sur les prétendues galettes des rois », cite le boulanger Jean-Luc Poujauran qui affirme sans détour, que plus de 80% des galettes des Rois vendues à Paris sont, en réalité, des produits industriels que les commerçants réchauffent et mettent en étals… Une belle fêlure pour l’image de l’artisanat, même s’il est difficile de prouver ces faits.

La Galette des Rois de « A à Z » :

Combien rapportent les galettes des Rois ?

Les artisans pâtissiers et boulangers réalisent jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires annuel chaque hiver, grâce aux produits phares des fêtes de fin d’année. Avec plus de 200 000 euros de chiffre d’affaires, le business des galettes des Rois, y est pour beaucoup.

Après la bûche de Noël, place à la galette: chaque année, les Français en achètent près de 20 millions entre le 26 décembre et la fin janvier. Un mois crucial pour les 32.000 artisans boulangers de France, qui peuvent réaliser jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires annuel avec cette tradition feuilletée: ils en écoulent entre 600 et 1.500 chacun par semaine durant le mois des rois.

Les grandes surfaces en profitent aussi, puisqu’une galette sur deux y est achetée à un prix défiant toute concurrence: de 4 à 10 euros dans les supermarchés, une galette peut coûter de 15 à 40 euros chez un artisan. Les boulangers assurent ne pas profiter de cette manne pour augmenter leurs marges et justifient le prix par la qualité du produit. Le client, lui, réfléchit inversement: une galette chère rassure le gourmand qui veut déguster un bon gâteau.

Les galettes se sont largement diversifiées ces dernières années, laissant l’imagination et le marketing inventer des variantes plus ou moins heureuses: galette au chocolat, aux pommes, aux rillettes… Malgré tout, la galette frangipane reste la star des ventes: 80% des galettes achetées sont fourrées à l’amande. Quelque soit le goût de la galette, la probabilité de tomber sur la fève reste la même: une sur le nombre de parts que l’on découpe. Pour augmenter ses chances d’être couronné, une seule solution: manger plusieurs parts. Mais avec près de 500 calories aux 100 grammes, dont plus de 30 grammes de graisse et 40 grammes de sucre, est-ce bien raisonnable juste après les fêtes?

La fève : l’autre facteur de croissance des boulangers-pâtissiers à l’Epiphanie

Alors que la fève, en France, est née au Moyen-Âge pour que les corporations de métiers puissent voter et choisir un Roi, ici un Seigneur ou Vassal, elles sont devenus aussi importantes que la galette elle-même aujourd’hui. C’est au XXème siècle qu’elles sont devenus indispensables et c’est d’abord à Limoges qu’elles étaient fabriquées, en porcelaine, à l’effigie de personnages Saints, dont l’enfant Jésus surtout.

Aujourd’hui, on en trouve de toutes sortes, des personnages de dessins animés, de comics, des fèves de collection et même certaines pièces d’une grande valeur, en or ou certies de joyaux. C’est peut-être ce qui pousse autant de Français à en consommer.

Comment se consomment les galettes des Rois en France ?

Il est courant de se questionner sur les modes de consommation des Français notamment durant les fêtes. Un sondage retrouvé sur internet fait état que 97% des français participent à l’épiphanie. Or, seulement 85% d’entre eux y accordent une importance majeure et n’y dérogent pas.

70% d’entre eux misent sur la traditionnelle galette à la frangipane, 11% pour la brioche des Rois, une tradition du Sud, 8% une galette des Rois à la pomme, 9% en consomment plus de cinq à l’occasion de l’Epiphanie ! Et l’anecdote drôle : comme nous vous le disions en ouverture de cette analyse :68 % trichent pour donner la fève aux plus jeunes. C’est peut-être cette bonne ambiance qui est recherchée par les aficionados de la galette des Rois.

Les secrets de la galette des Rois : 

La galette en infographie :

Infographie_Galette
Infographie réalisée par Agro-media.
ParLa rédaction
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