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Viande : Une bonne performance pour la filière bio

En 2016, alors que le marché de la viande voit sa croissance baisser,  la filière viande bio a conforté ses bonnes performances constatées depuis 10 ans selon Interbev. La disponibilité en animaux bio a permis un rapide développement des volumes abattus, estimés à 34 098 tonnes sur le dernier exercice (+15 % vs 2015). Les ventes dans les ­différents …

Viande : Une bonne performance pour la filière bio
En 2016, la filière viande bio a conforté ses bonnes performances constatées depuis 10 ans selon Interbev.

En 2016, alors que le marché de la viande voit sa croissance baisser,  la filière viande bio a conforté ses bonnes performances constatées depuis 10 ans selon Interbev. La disponibilité en animaux bio a permis un rapide développement des volumes abattus, estimés à 34 098 tonnes sur le dernier exercice (+15 % vs 2015).
Les ventes dans les ­différents circuits de distribution ont suivi, la demande continuant de croître. Le développement de la filière s’inscrit donc dans la durée, porté par les attentes des consommateurs qui souhaitent redonner du sens à leur alimentation et consommer responsable au quotidien.

La progression la plus significative vient de la catégorie des gros bovins allaitants (+26 %)

Cette progression s’explique par deux facteurs conjugués en 2016 : d’une part, l’arrivée en bio d’animaux issus des conversions de cheptels allaitants en 2014 (conversions de +16 % vs 2013), et d’autre part, les conséquences des conditions climatiques difficiles (problèmes liés au pâturage de printemps, fourrages de qualité médiocre, rendements des céréales et protéagineux faibles) qui ont accéléré la sortie d’animaux.
Grâce aux concertations et engagements pris entre les parties prenantes de la filière, les opérateurs liés à la production ont pu préparer les circuits de distribution à la gestion de cet afflux exceptionnel d’animaux sur le marché. Cela a permis de garantir une juste rémunération des producteurs, avec le maintien des cours de la viande bio pour toutes les espèces (stabilité observée depuis trois ans). Cela a notamment été le cas pour la catégorie bœuf qui a repris sa progression grâce à sa valorisation sur les marchés.

Développer la filière veau biologique

En 2016, la moyenne des cours bio s’est relativement maintenue (-3% vs 2015) et s’est affichée 19% au-dessus du conventionnel qui lui, subit une baisse de -6%. Dynamisés notamment par les arrivées régulières de gros bovins allaitants, les volumes de steak haché frais de viande de bœuf issu de l’Agriculture Biologique progressent de 17,7% en 2016, avec un dernier trimestre particulièrement porteur (+26% vs la même période en 2015).
Cette évolution positive se poursuit au premier trimestre 2017, avec +17% en volume, soit un total de 770 tonnes en 2017, et +16,2% en valeur par rapport à la même période en 2016. Les sorties de veaux bio furent également importantes.
Les abatteurs ont engagé une démarche collective pour constituer une offre nationale sur un veau bio rosé.
La demande fut dynamique malgré le ralentissement du débouché lié à la restauration collective qui rencontre des difficultés et a généré des stocks sur certains morceaux. Par ailleurs, les opérateurs de la filière et les distributeurs se sont tous accordés sur l’intérêt de développer la filière veau biologique. Ainsi, les initiatives commerciales sur le veau bio ont contribué à son fort développement avec 2 203 tonnes abattues (+19 % en volume en 2016) après une année 2015 qui avait déjà connu une très forte croissance (+22 %).

Développement des filières ovins et porcins

Les conversions des exploitations en bio se développent à un rythme soutenu ; on compte aujourd’hui 191 511 brebis en bio et conversion (159 400 en bio et 32 111 en conversion) soit +12% vs 2015. La progression des abattages est importante avec 1 131 tonnes, soit une progression de 17 % en 2016.
Ces produits trouvent des débouchés sur tous les types de circuits : que ce soit en GMS (28%) ou en boucherie artisanale (25 %). La vente directe (21%) représente toujours une part importante des ventes. En 2016, la filière porcine bio a encore rencontré des difficultés liées au volume de son offre face à une demande croissante. En effet, les professionnels ont dû gérer des ruptures de produits en attendant les premiers arrivages des nouvelles conversions et installations, qui ne commenceront à produire significativement qu’au second semestre 2017 puis, plus largement, en 2018 et 2019.
En 2016, 388 fermes françaises se sont engagées en porcins bio, soit une progression constante depuis 2015 de +7%. Les abattages ont suivi la tendance dans de mêmes proportions avec 10 381 tonnes produites en 2016 (+7%). La stabilité des cours du porc bio et le poids de la demande offrent des perspectives positives pour les opérateurs de la filière qui optent pour une conversion.
Le prix moyen constaté payé aux producteurs de porcs bios était situé entre 3,50 € et 3,70 € le kilo de carcasse en 2016, soit presque 2,5 fois le prix du porc conventionnel (ce prix plus élevé s’explique par le cahier des charges rigoureux et de nombreuses normes encadrant la production de viande de porc en bio). La viande de porc bio trouve ses débouchés principalement en GMS (44% des volumes) et dans les rayons charcuterie des magasins spécialisés (28%).

Circuits de commercialisation : une progression bien répartie

La répartition des volumes entre les circuits de distribution reste, en règle générale, stable d’une année sur l’autre. Cette complémentarité assure une meilleure visibilité pour la filière en termes de débouchés pour sa production de viande bio. Elle permet aux producteurs de sécuriser une meilleure valorisation de leurs animaux et de proposer aux consommateurs des produits variés.
En 2016, la majorité des ventes en volume s’est faite dans la grande distribution (17 430 tonnes), les animations en magasins participant au développement des ventes auprès des consommateurs. 3ème débouché pour la viande bio (15% des volumes), la boucherie artisanale qui talonne les magasins spécialisés (16% des volumes). En 2016, ces deux circuits sont ressortis comme les plus dynamiques avec une croissance respective de 18% et 20% par rapport à 2015.
La vente directe quant à elle, en recul en 2015, a repris des couleurs (+ 17%) et représentait, en 2016, 10% de la distribution de viandes bio en France. Enfin, la RHD a affiché une croissance qui reste faible (2%) : certaines collectivités continuent à privilégier l’origine locale, sans exigence particulière sur les conditions de production. L’année 2017 pourrait voir ces pratiques évoluer avec de nouveaux engagements en faveur d’une plus grande place du bio dans la préparation des repas.

La distribution française s’aligne sur la rapide progression de la production en viandes bio

Cet équilibre participe à la stabilité des cours. Ces bonnes prévisions de croissance de la demande sont de nature à encourager les producteurs dans leur démarche de conversions d’exploitations sur les années à venir. Aussi, les professionnels sont confiants dans le maintien du développement de la consommation de viande bio.
En effet, le dernier sondage IFOP commandé par la Commission bio d’Interbev en avril 2017 confirme cet optimisme : 71% des Français consomment de la viande bio, 77% l’estiment bénéfique pour la santé comme pour l’environnement et 62% y voient même un acte citoyen.

ParLa rédaction
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