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La taxe soda n’en finit pas de faire parler d’elle !

Le gouvernement ne cesse de s’emmêler les pinceaux à propos de la taxe soda : doublée ou pas, élargie aux boissons light ou pas, avec un objectif de santé publique ou de compétitivité de l’agriculture… Il semblerait que personne ne s’accorde sur la question !

Le gouvernement ne cesse de s’emmêler les pinceaux à propos de la taxe soda : doublée ou pas, élargie aux boissons light ou pas, avec un objectif de santé publique ou de compétitivité de l’agriculture… Il semblerait que personne ne s’accorde sur la question ! En effet, alors que les députés de la Commission des Finances avaient voté une proposition la semaine dernière afin d’élargir la taxe soda aux boissons light, le gouvernement s’y oppose. Ainsi, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a déclaré sur Canal + : « je ne le souhaite pas, parce qu’il y a une différence entre consommer des boissons “light” et des boissons avec sucre ajouté. Pour l’obésité ce n’est pas la même chose ». « S’il y a un vrai risque sur l’aspartame, un risque qui est avéré, je n’hésiterai pas une seconde, non pas à taxer mais, dans ce cas-là, à prendre des précautions supplémentaires, voire même à suspendre ». « S’il y avait un rapport qui disait clairement : “cela représenter un danger, il faut retirer”, je n’hésiterais pas à le faire, mais ce n’est pas le cas », a-t-il conclu.

Même position pour Valérie Pécresse, la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, qui a déclaré sur France Inter : « la taxe sur les sodas, c’est une taxe de santé publique, moi je souhaite que cette taxe reste sur les boissons à sucre ajouté ». Ainsi, alors que le motif de la taxe soda semblait avoir basculé de l’obésité vers la compétitivité de l’agriculture, il semblerait que la santé publique soit remise sur le devant de la scène ! Elle a expliqué que lorsque l’on parle « d’utiliser une partie de cet argent de la taxe pour baisser les cotisations sociales sur le travail agricole », « on mélange deux objectifs et ce n’est pas le projet du gouvernement ».

Pourtant, ce dernier s’était ouvert au débat sur l’extension de la taxe soda aux boissons light jeudi dernier, bien que considérant que la proposition des députés « soulevait des fragilités juridiques ».

 

Du côté des industriels, c’est la grogne. Alors qu’ils semblaient avoir accepté l’idée de soutenir les agriculteurs et de supporter le doublement de la taxe soda, le possible élargissement de cette dernière aux boissons light a fait déborder le vase. Désormais, même le doublement de la taxe suscite la « vive inquiétude » du secteur, comme l’a indiqué le Syndicat National des Boissons Rafraîchissantes (SNBR) dans un communiqué.

Même constat pour le président de l’Ania, Jean-René Buisson : « avec ces mesures brutales et incohérentes, le secteur dans son ensemble est plongé dans une zone d’inquiétude et de turbulence peu favorable à son développement. Il va devenir très difficile pour les industriels d’être confiants dans l’avenir et de continuer à investir et à embaucher ». Il a également déclaré au cours d’une interview réalisée par nos confrères d’Usine Nouvelle : « nous avons le sentiment que le gouvernement ne maîtrise pas grand-chose ». C’est le moins que l’on puisse dire !

ParLa rédaction
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