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Confiserie : Le marché des bonbons innove sans cesse pour ravir petits et grands

Rappelez-vous, quand vous étiez petit et que vous vous faisiez plaisir en achetant quelques bonbons à l’épicier ou au boulanger en rentrant de l’école. Ces souvenirs heureux, loin d’être oubliés, nous poussent encore aujourd’hui à considérer les bonbons comme des aliments plaisir, colorés et rassurants. Chacun a son préféré !

Confiserie : Le marché des bonbons innove sans cesse pour ravir petits et grands
Ca pèse combien ? Ca rapporte combien ? Combien en mageons-nous ? Evidemment, nous parlons des confiseries ! Décryptage. (Crédit photo : Stéphanie Kllgast)

Rappelez-vous, quand vous étiez petit et que vous vous faisiez plaisir en achetant quelques bonbons chez l’épicier ou chez le boulanger en rentrant de l’école. Ces souvenirs heureux, loin d’être oubliés, nous poussent encore aujourd’hui à considérer les bonbons comme des aliments plaisir, colorés et rassurants. Chacun a son préféré ! Il faut dire que le rayon est aujourd’hui de plus en plus vaste et que les nouveautés abondent sur ce marché.

Combien pèse le marché de la confiserie en France ? Quelles sont les grandes tendances en matière d’innovation sur le marché de la confiserie ? Agro-media.fr vous propose un retour en enfance et une plongée dans le monde merveilleux des bonbons.

La confiserie française, un marché qui ne craint pas la crise

Le marché des bonbons ne connaît pas la crise ! En France, en 2014, il se dévore 7,1 kilos de bonbons et confiseries par seconde, selon les radars du Planetoscope, soit 224 000 tonnes par an et plus concrètement et 3,6 kg par personne. Dans l’Hexagone, il existe plus de 20 variétés de bonbons et plus de 600 spécialités régionales. De quoi permettre à chacun de trouver « son bonbon ». Pour l’anecdote : c’est à Brest qu’il se consomme le plus de bonbons !

Avec 90 entreprises présentes sur tout le territoire (dont 70 PME) et 7 000 salariés, le secteur de la confiserie participe à l’activité économique de toutes les régions de France. Le marché de la confiserie française représente un chiffre d’affaires colossal de 1,54 milliards d’euros.

A noter que la confiserie française s’exporte aussi et séduit beaucoup à l’étranger. Le secteur réalise un peu plus de 20 % de son chiffre d’affaires à l’export, notamment vers l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud.

Haribo, le leader incontesté

En France, c’est incontestablement Haribo qui domine le marché des confiseries. Le groupe a deux sites de production : l’un à Marseille et l’autre à Uzès. A eux deux, ils emploient près de 750 personnes et produisent annuellement les 50 000 tonnes de bonbons. Côté parts de marché, Haribo pèse 37% de la confiserie écoulée en France, ce qui représente 30% de ce marché en valeur.

Pour vous donner un exemple clair de l’importance de la marque Haribo : sachez que 38,4 millions de bonbons Haribo sont mangés chaque jour en France !

De façon générale, les autresmastodontes du bonbon sont Cadbury, Lamy-Lutti, Solinest, Wrigley, Cémoi, Dupont d’Isigny, Pierrot Gourmand et Verquin.

Haribo
Éventail des produits Haribo. Il y en a pour tous les goûts.

A chaque fabricant son innovation !

Au-delà de la tendance des bonbons au goût acide, les fabricants rivalisent d’inventivité pour conquérir les consommateurs.  Certains n’hésitent pas à se lancer sur des segments sur lesquels ils n’étaient jusque-là pas présents. C’est le cas de Chup Chups, le spécialiste de la sucette qui s’est récemment mis aux bonbons gélifiés, qui se décline en cinq versions : Sunny, Chuck, Daisy, Lolly et Happy. Les colorants de ces nouveaux produits sont d’origine naturelle. Chupa Chups ne lésine pas sur les moyens et promeut ses nouveaux bonbons sur les réseaux sociaux, en magasin, au cinéma et grâce à une campagne télévisée. Dans les confiseries de chocolat, la mode est au snacking. Par exemple, Kraft capitalise sur sa marque Milka en la déclinant sur de nombreux produits : biscuits, chocolats fourrés, sucettes en chocolat… Son produit star : les bouchées Milka Crispello.

Certains fabricants tentent de s’adresser davantage aux adultes, à l’instar de Carambar qui lance des Cub’s au chocolat noir fourrés au caramel. M&M’s est également sorti en version « Intense », avec 65% de cacao, pour les amateurs de chocolat noir. Mikado a préféré s’adresser aux gourmands avec sa version King Choco, qui contient davantage de chocolat. Le célèbre Petit Ourson Guimauve de Cémoi, pour sa part, a célébré ses 50 ans. A cette occasion, il a été décliné en version chocolat blanc et a revêtu des habits de superhéros. Sur le segment des guimauves, Lutti a lancé Koala Friends, un assortiment d’animaux enrobés de chocolat au lait aromatisé à la noisette, vanille, noix de coco ou caramel.

Freedent a innové avec Clear, aux micro-granules pour des dents plus propres, quand Hollywood misait également sur l’aspect hygiène bucco-dentaire de ses produits avec Fresh & Clean. Mais Hollywood ne se contente pas de cela et a également lancé Mistery, un chewing-gum au goût mystérieux qui a su attiser la curiosité des consommateurs. Ses chewing-gums Twist, lancés en fin d’année 2011, ont également su trouver leur public. Mentos Gum est parvenu à séduire les clients avec sa nouvelle gamme Squeez, au cœur liquide. Les leaders de la petite confiserie de poche (PCP) tenteront de dynamiser ce segment en déclin avec des innovations telles que NA ! Crispy Fruit aux céréales, Tic-Tac Festival des goûts ou encore Mentos goût bubble-gum aux arômes et colorants naturels.

Le bonbon « halal » ou « casher »

L’une des grosses tendances actuelles de l’agroalimentaire est le « clean labelling », autrement dit l’amélioration des recettes en supprimant certains ingrédients ou en en remplaçant d’autres par des substituts ayant un meilleur impact environnemental. Par exemple, dans le secteur des boissons, on observe l’explosion des sodas sans aspartame, sans colorants et/ou sans conservateurs. L’huile de palme disparaît aussi progressivement des produits. Dans cette optique de clean labelling, le géant des bonbons, Haribo, avait annoncé il y a deux ans qu’il allait supprimer les colorants artificiels de ses confiseries. Il a finalement dû renoncer, après s’être aperçu que les colorants naturels donnaient aux bonbons une coloration plus fade, susceptible de perturber les consommateurs.

Si la tendance du « clean labelling » ne touche pas l’industrie de la confiserie, il y en a une autre qui s’étend aujourd’hui et la supplante : celle du bonbon « conforme et licite », plus simplement les bonbons halal et casher. On peut légitimement se demander comment un bonbon peut être halal ou casher puisqu’il n’est pas question de rite d’abattage et bien il s’agit des composants de la confiserie. Et plus particulièrement d’un composant incontournable : la gélatine. Porcine, bovine, ce sont souvent des matières grasses animales qui sont utilisées pour sa fabrication, car moins chères que des matières grasses végétales. Or, qui dit porc ou bœuf dans un bonbon : dit « illicite » au vu d’une consommation pour des musulmans ou juifs.

Les industriels ont bien compris l’intérêt que représentait ce nouveau marché dans le marché de la confiserie. Haribo propose donc des « crocos » halal ou casher, idem pour la marque Fini. Avec les communautés musulmane et juive de France qui ensemble pèse près de 7 millions de personnes, ce sont des milliards d’euros qui peuvent être potentiellement gagnés avec ce marché du « bonbon rituel ». Mais il n’y a pas que le bonbon « halal ou casher » qui buzz : le bonbon bio débarque !

Le bonbon bio : nouvelle tendance pour consommer « responsable »

Comme pour n’importe quel autre aliment, un bonbon bio c’est un bonbon : sans conservateur, sans colorant artificiel, sans exhausteurs de goût, sans adjuvant de synthèse, sans stabilisant. Et si possible sans sucre. Un bonbon « sain » en somme.

Nous vous en parlions au-dessus, la gélatine est également prise pour cible par les « bio aficionados ». La gélatine se repère sur les étiquettes grâce au code E441. C’est ce qui permet aux bonbons d’être mous. On fabrique de la gélatine à partir de peaux et d’os d’animaux, le plus souvent des bœufs ou des porcs, le saindoux étant encore moins cher.

Seulement, il faut noter que comme pour l’aspartame, le « light » n’est pas forcément très bon pour la santé. Le cerveau, reçoit l’information « aliment sucré » et va donc mettre en place sa machine à liquider les sucres : l’injection naturelle d’insuline. Le pancréas est donc sollicité à foison et sans raison, ce qui peut le fragiliser et à terme favoriser des diabètes de type 2.

Alors que met-on dans un bonbon bio à la place du sucre et de la gélatine ? C’est simple, le confiseur va remplacer le sucre par du miel ou du sucre de canne biologique ou encore de la pectine de pomme bio. Pour la gélatine, c’est le gélifiant naturel, l’agar-agar qui prend le pas. Même effets, même consistance pâteuse mais naturelle, puisqu’issue d’une algue.

Bon, il demeure encore que pour coller définitivement à l’esprit bio, il faudrait supprimer les emballages… un autre débat ?

Bonbons bios
Ici des dragées gélifiées 100% bios ! Finalement, les bonbons bios, ça ressemble à n’importe quel autre bonbon…

La communication bien ficelée des confiseurs

Les bonbons sont des produits qui nécessitent une vaste communication. Celle-ci doit en outre s’avérer ludique, car elle s’adresse généralement aux enfants.

Pour communiquer autour de leurs innovations, les fabricants de bonbons ont un angle privilégié : le partenariat avec des évènements sportifs. En effet, leurs produits sont souvent critiqués en raison de leur impact nocif sur la santé des enfants. De fait, ils s’associent à des actions œuvrant en faveur de la promotion du sport auprès des enfants pour contrer cette image négative.

Haribo est aussi parvenu à dynamiser ses célèbres Dragibus et Zanzigliss (réglisses) à grands renforts de communication. Ainsi, Dragibus a fait un véritable buzz sur la toile avec sa dernière couleur de bille, bleue, lancée en août 2011. Zanzigliss a pour sa part bénéficié de packagins plus design et de nouvelles formes et saveurs.

Du côté des gommes, un segment plus délicat qui est en recul depuis plusieurs années, Wrigley a su positionner avec succès sa marque Freedent sur l’hygiène bucco-dentaire à grands renforts de publicités et de liftings de ses emballages. Hollywood et Mentos ont préféré viser les jeunes pour leurs nouveaux produits Twist et UP2U.  Ainsi, Hollywood a sillonné la France avec un camion aux couleurs flashy de sa gamme Twist pour venir à la rencontre des adolescents dans 15 villes de France et distribuer des échantillons de Fraise Fantasy et Fruit Sunrise.

De façon générale, les fabricants de bonbons ne peuvent se passer des réseaux sociaux, sur lesquels leurs consommateurs sont très présents (les 13-17 ans principalement). M&M’s l’a bien compris, il est le leader des marques de confiserie sur Facebook en termes de nombre de fans, avec 1,5 millions de fans. Chupa Chups suit avec 1,1 millions, puis Dragibus Haribo avec 1,1 millions également, Carambar avec 690 000 et Kinder avec 490 000. Sonia Depoilly, directrice marketing de Chupa Chups, explique : « C’est logique. La cible de nos produits, ce sont les 13-17 ans. Or, les adolescents de cet âge-là sont presque tous sur Facebook. »

Les bonbons ravissent petits et grands. Cependant, ce n’est pas un marché facile à aborder : certains segments sont atones (les gommes, la petite confiserie de poche…) et de nombreux géants le dominent. De plus, il est indispensable d’innover sans cesse et de communiquer massivement pour maintenir ses parts de marché, ainsi que d’être présent sur les réseaux sociaux, très prisés des adolescents. Néanmoins, les consommateurs ne sont pas prêts d’abandonner ces aliments plaisir qui leur permettent d’oublier momentanément la crise.

Focus sur la publicité « Têtes brûlées », clairement destinée aux ados et jeunes ados en quête de « sensations fortes » !

Le boom des bonbons gélifiés : la tendance de l’année 2014

Quels sont les bonbons qui cartonnent en 2014 ? Et bien ce sont les classiques. Les gommes gélifiées. Elles représentent un tiers des ventes selon une étude du Syndicat de la Confiserie. Ainsi, les crocodiles, les oursons ou les fraises Tagada qui se déclinent désormais en plusieurs parfums : sont des incontournables de nos placards et autres bonbonnières.

Nous vous en parlions déjà en 2012, les bonbons au goût acide (et donc chimique) dits « piquants » séduisent toutes les marques et en quête de « sensations fortes », les enfants en raffolent. C’est encore le cas aujourd’hui puisque les ventes connaissent une croissance de 10% par an mais à côté des sacro-saints bonbons « mous », la tendance n’est plus. En effet, dans la gamme des gélifiés, il faut également compter la consommation de chewing-gum. Et elle repart depuis le début de l’année !

En revanche, sale temps pour les bonbons cuits donc durs à l’extérieur qui stagnent à seulement 9% des ventes. Idem pour les réglisses. Et tristesse pour les caramels de notre enfance, qui représentent, eux, seulement 3% du marché des bonbons ! Où est donc passé Papy Werthers Original ?

Bonbons gélifiés
(Crédit : Baasch – Flickr – CC) Les bonbons gélifiés dominent et ça se voit !
ParLa rédaction
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