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Emballage plastique : les industriels redoutent la pénurie

Le plastique constitue le premier matériau utilisé pour l'emballage dans l'agroalimentaire. Les récentes pénuries de matières premières entraînent des inquiétudes, qui pourraient profiter à d'autres matériaux.

Emballage plastique : les industriels redoutent la pénurie
D’après l’étude économique annuelle menée par Asterès pour ELIPSO , le secteur français de l’emballage plastique et souple confirme son dynamisme. En 2015, la croissance de son activité a continué sur sa lancée jusqu’à atteindre un niveau record de 7,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Premier matériau utilisé dans l’agroalimentaire, le plastique existe sous de multiples formes. Le polyéthylène pour les films étirables ou les barquettes, le polypropylène pour les bouchons ou les plats à réchauffer, le polychlorure de vinyle pour les bouteilles et boîtes alimentaires, le polystyrène pour les pots laitiers ou les gobelets, le polystyrène expansé pour les palettes de transport alimentaire, les polyéthylène téréphtalate pour les bouteilles ou encore les couvercles… ses usages sont eux-aussi très nombreux.

La France est le deuxième producteur d’emballage plastique en Europe, après l’Allemagne. En 2014, la filière, qui compte quelque 400 entreprises et 3 800 collaborateurs, a enregistré un chiffre d’affaires de 7,6 milliards d’euros. Sa production s’élève à 2 039 kilotonnes (2013).

65 % de ce tonnage est destiné à la seule industrie agroalimentaire. D’importants efforts ont d’ailleurs été réalisés ces dernières années pour que le plastique demeure un matériau compétitif pour le secteur : il a été fortement allégé et se recycle désormais à l’échelle industrielle.

Plastique : la pénurie guette dans l’emballage

Pourtant, la filière du plastique a rencontré des difficultés ces derniers mois, en raison d’une pénurie de matières premières. Le 8 avril 2015, le syndicat de l’emballage allemand, IK, lançait une alerte, considérant que le nombre de cas de force majeure (c’est-à-dire de défauts de livraison) enregistré par les producteurs de matières premières en Europe atteignait des « proportions épidémiques ». Selon l’European Plastics Converters (EuPC), Confédération européenne de la Plasturgie, 34 cas de force majeure ont été rapportés, depuis le début du mois de mars.

Cette situation, qui touche la France, mais aussi l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne et l’Italie, s’avère plus grave encore que la crise qui avait frappé l’Europe en 2010.

«  La non-disponibilité de certains types de polymères et ces prix records ont poussé certains transformateurs à fermer des lignes de productions », a affirmé Alexandre Dangis, directeur général de EuPC.

Les prix du plastique s’envolent

« Certains fournisseurs osent prétendre que notre industrie a déstabilisé elle-même le marché en achetant des quantités importantes en début d’année, il semble utile de rappeler qu’aucun industriel n’a les moyens de mobiliser de la trésorerie ni de stocker de la matière première et que ce n’est pas ainsi que nos entreprises sont gérées », explique de son côté Elipso, syndicat français de l’emballage plastique et souple.

« Les transformateurs – notamment les sous-traitants -, se trouvent pris entre le marteau et l’enclume, à savoir des fournisseurs de matières plastiques puissants avec lesquels la négociation est impossible, ou des prix dépendant de cours mondiaux et des clients donneurs d’ordre tout aussi puissants qui refusent de prendre en compte même une partie du risque de fluctuation du prix des matières, voire exigeant que la baisse soit du même ordre que celle enregistrée aux prix à la pompe », précise le syndicat.

Malgré une baisse des prix du pétrole à la pompe, les prix des matières plastiques se sont en effet envolés ces derniers mois. Ils ont connu une hausse allant de 100 à 150 euros, la tonne, selon les résines, ces deux derniers mois.

Bio-plastique : matériau pour l’emballage de demain

Cette situation favorise le recours à d’autres matériaux, notamment le carton. Elle pourrait également encourager le développement des bio-plastiques, en tant que véritable alternative. Ce matériau est en effet désormais suffisamment mature pour pouvoir rivaliser avec les plastiques traditionnels, d’un point de vue fonctionnel. Le marché, qui représente actuellement moins de 1 % de l’emballage plastique est d’ailleurs en pleine croissance. La consommation mondiale de bio-plastique devrait atteindre 787 000 tonnes en 2015, et deux millions de tonnes d’ici 2020, selon une étude de Smithers Pira. Dans le même temps, le marché devrait connaître un taux de croissance annuel moyen de 21 %, pour peser 5,9 milliards de dollars (soit 5,3 milliards d’euros) en 2020.

« La technologie basée sur le bio-plastique est un secteur en pleine croissance, malgré le fait que la terminologie qui y est associée peut paraître déroutante, incorporant sous un même vocable le plastique issu de la biomasse (produit par exemple à partir de la canne à sucre qui peut ne pas être biodégradable) et le plastique biodégradable, pas forcément d’origine biologique. », nuance Liz Wilks, directrice Europe Développement Durable du groupe Asia Pulp & Paper, dans les Echos. Il reste en effet certains freins à l’essor du bio-plastique. Parmi lesquels : le coût élevé du matériau, sa disponibilité ainsi qu’une qualité moins constante. Aux industriels de relever ces défis !

Pour en savoir plus sur les matériaux d’emballage dans l’agroalimentaire, retrouvez notre article : Le retour en grâce du carton ?

ParLa rédaction
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