TotalEnergies démarre la 1ère usine en France de recyclage chimique des plastiques
TotalEnergies vient de franchir une étape stratégique dans la transformation de son site de Grandpuits en plateforme « zéro pétrole » en mettant en service la première usine française de recyclage chimique des plastiques. Dotée d’une capacité annuelle de 15 000 tonnes, cette unité marque l’émergence d’une nouvelle filière industrielle aux implications majeures pour les professionnels du secteur agroalimentaire. …
TotalEnergies vient de franchir une étape stratégique dans la transformation de son site de Grandpuits en plateforme « zéro pétrole » en mettant en service la première usine française de recyclage chimique des plastiques. Dotée d’une capacité annuelle de 15 000 tonnes, cette unité marque l’émergence d’une nouvelle filière industrielle aux implications majeures pour les professionnels du secteur agroalimentaire.
Une technologie innovante pour valoriser les plastiques complexes
Développée en partenariat avec Plastic Energy, la technologie repose sur un procédé de pyrolyse : les déchets plastiques issus de la «poubelle jaune», aujourd’hui difficiles à recycler mécaniquement et souvent destinés à l’enfouissement ou à l’incinération, sont chauffés à haute température, sans oxygène et sous pression.
Ce traitement produit une huile synthétique qui est ensuite utilisée comme matière première en pétrochimie, en substitution de ressources fossiles. Pour sécuriser l’approvisionnement de l’unité, TotalEnergies a conclu dès 2023 des accords avec Citeo et Paprec, acteurs clés de la collecte et du recyclage des déchets en France.
Des plastiques recyclés compatibles avec les exigences alimentaires
L’un des points décisifs pour l’industrie agroalimentaire réside dans la qualité des plastiques obtenus. Contrairement au recyclage mécanique, qui peut entraîner une dégradation des propriétés des matériaux, le recyclage chimique permet de produire des polymères aux caractéristiques identiques à celles des plastiques vierges.
Ces résines recyclées sont compatibles avec les usages les plus stricts, notamment dans l’alimentaire et le médical. Autrement dit, elles peuvent être intégrées dans des emballages en contact direct avec les denrées alimentaires tout en respectant les exigences sanitaires et réglementaires.
Pourquoi cette avancée concerne directement l’agroalimentaire
Pour les industriels de l’agroalimentaire, cette mise en service présente plusieurs enjeux stratégiques. Le premier est de sécuriser l’accès à des plastiques recyclés « food grade ». La disponibilité de matières recyclées aptes au contact alimentaire reste l’un des principaux freins à l’intégration de contenu recyclé dans les emballages. Cette nouvelle capacité industrielle contribue à structurer une offre française de résines recyclées de haute qualité. Le second enjeux est de répondre aux exigences réglementaires croissantes. Les objectifs nationaux et européens en matière d’incorporation de matières recyclées dans les emballages s’intensifient. Disposer d’une filière domestique capable de produire des plastiques recyclés équivalents au vierge constitue un levier clé pour anticiper ces obligations. Le 3 enjeu est de réduire l’empreinte carbone des emballages. En substituant des charges fossiles par une huile issue de déchets plastiques, le procédé participe à la décarbonation de la chaîne de valeur. Les marques agroalimentaires, sous pression des distributeurs et des consommateurs, peuvent ainsi renforcer leurs engagements RSE et climat. Enfin, un autre enjeu est celui de structurer une économie circulaire nationale. La création d’une filière française intégrée, de la collecte à la transformation, limite la dépendance aux importations de matières premières et favorise l’ancrage territorial de l’économie circulaire.
Vers une nouvelle normalité industrielle
Comme l’a souligné Valérie Goff, Directrice Renewables Fuels & Chemicals chez TotalEnergies, le démarrage de cette unité constitue une étape clé dans la transformation de Grandpuits. Au-delà de la reconversion d’un site historique, c’est l’architecture même de la filière plastique française qui évolue.
Pour les professionnels de l’agroalimentaire, cette initiative ne représente pas qu’une avancée technologique : elle ouvre la voie à une montée en puissance des emballages circulaires, performants et conformes aux standards sanitaires les plus exigeants. À moyen terme, l’intégration de plastiques recyclés de qualité vierge pourrait devenir la norme plutôt que l’exception dans les chaînes d’approvisionnement alimentaires.
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