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Bras de fer entre industriels et distribution.

Alors que la sécheresse frappe toujours le pays, le coût des matières premières ne cesse de grimper.

Alors que la sécheresse frappe toujours le pays, le coût des matières premières ne cesse de grimper. Selon l’Institut National de la Consommation (INC), la flambée des prix alimentaires ne fait que commencer. Pourtant, pour l’instant, les industriels agroalimentaires supportent « plus de 60% de l’impact du coût des matières premières agricoles », selon Virginie Guérin, responsable du service Economie de l’Association Nationale des Industries Agroalimentaires (Ania). Une situation qui ne peut plus durer, et que la grande distribution ne semble pourtant pas vouloir entendre. Nous en parlions pour les industriels de la charcuterie et de l’épicerie, mais la situation est généralisée. Malgré l’accord mis en place pour lutter contre la volatilité du prix des matières premières, les négociations avec les distributeurs n’aboutissent guère.

Les discussions annuelles, qui se sont closes le 28 février 2011, n’ont pas permis aux industriels de répercuter les hausses prévisionnelles sur les prix de leurs produits. La négociation au cas-par-cas est toujours possible, pour peu de s’y prendre huit semaines à l’avance, mais selon Rachel Blumel, responsable juridique de l’Ania, « depuis 3 ans, c’est très compliqué ». « En décembre, certains industriels n’avaient toujours pas le respect du tarif qu’ils avaient négocié en juillet ». Or, la grande distribution représente en moyenne 12 à 20% du chiffre d’affaires des entreprises agroalimentaires… Impossible donc de refuser de livrer. L’Ania a prévu une diminution des marges brutes sur chiffre d’affaires de 0,6 point en 2011.

La volatilité est également difficile à gérer. Son amplitude est passée de  9% en 2008 à 20% en 2010. Les entreprises misent sur leurs stocks pour passer l’été, mais cette situation ne peut pas durer. Le constat de Virginie Guérin est qu’il est « très dur de gagner sa vie aujourd’hui dans l’Hexagone », alors que René Buisson, le président de l’Ania, évoque une possible suppression de 5 000 à 10 000 emplois cette année.

ParLa rédaction
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