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Produits de la mer : Des perspectives de marchés tirées par une demande soutenue mais une concurrence accrue

Selon les prévisions de la FAO, la production mondiale de produits aquatiques devrait atteindre 174 millions de tonnes équivalent poids vif pour 2017 soit une hausse de 2,3% par rapport à 2016. Comme l’année précédente, les captures issues de la pêche seraient en stagnation (- 0,9%) à 90,4 millions de tonnes mais la production aquacole progresserait de 4 à …

Produits de la mer : Des perspectives de marchés tirées par une demande soutenue mais une concurrence accrue
La consommation de produits aquatiques est poussée par la demande mondiale, en particulier celle des pays émergents, de plus en plus consommateurs de poissons.

Selon les prévisions de la FAO, la production mondiale de produits aquatiques devrait atteindre 174 millions de tonnes équivalent poids vif pour 2017 soit une hausse de 2,3% par rapport à 2016.
Comme l’année précédente, les captures issues de la pêche seraient en stagnation (- 0,9%) à 90,4 millions de tonnes mais la production aquacole progresserait de 4 à 5% pour atteindre 83,6 millions de tonnes. En écartant les captures de la pêche destinées à l’alimentation animale, la part de l’aquaculture dans la consommation mondiale humaine de produits aquatiques serait désormais de 55% estime FranceAgrimer dans son bilan 2017 sur les filières pêche et aquaculture.

Une consommation poussée par la demande mondiale

Parallèlement, la consommation de produits aquatiques est poussée par la demande mondiale, en particulier celle des pays émergents, de plus en plus consommateurs de poissons. On note en particulier une accélération de cette demande en Russie et au Brésil.
À la faveur de leur niveau de vie en hausse, les consommateurs de ces pays désirent enrichir leur alimentation de protéines animales en se tournant vers les produits aquatiques. Même si la production s’élève, les prix sont globalement tournés vers le haut du fait de cette demande solvable.
Les pays exportateurs, comme la Norvège, le Chili, le Pérou, l’Inde, l’Équateur, ont enregistré une belle croissance de leurs revenus à l’export. Le Chili et le Pérou ont bénéficié de bonnes captures d’anchois. Le prix du saumon norvégien est redescendu en 2017 après avoir connu des sommets historiques en 2016. Sous l’effet d’une accélération notable de la production dans les fermes aquacoles au 2nd semestre 2017, les prix ont pu dégonfler en fin d’année 2017.
Ainsi, si les prix à l’export du saumon norvégien ont atteint en décembre un niveau 30% inférieurs à ce qu’ils étaient à la même période en 2016, sur l’ensemble de l’année 2017, le prix n’est en recul que de 4% après avoir connu une hausse de plus de 50% en 2016 par rapport à 2015.
Second producteur mondial de saumon, le Chili a connu une année de reprise en 2017, plus calme que 2016, après avoir été affecté en 2016 par une qui avait subi une baisse de production du fait de la prolifération d’algues qui avait entraîné une baisse de sa production et un repli de 10% de ses exportations de saumon en volume mais une hausse (+ 19,6%) en valeur. La production chilienne s’est ainsi élevée de 4,4% par rapport à 2016 pour atteindre 760 000 tonnes.

Des marchés en pleine mutation

Parallèlement, les marchés sont en pleine mutation avec une réorientation de la demande au profit des marchés de l’Asie de l’est et du sud-est. En effet, alors que le prix du saumon atteignait des sommets, les marchés développés traditionnels (UE, États-Unis, Japon) ont rechigné à en acheter ; la demande des pays émergents est restée intense.
Les analystes de l’aquaculture estiment que la production de crevettes est dans une phase de croissance modérée en 2017. Alors que les élevages chinois semblent baisser de 10 à 20%, affectés par le climat trop chaud, comme au Bangladesh, en Indonésie et en Thaïlande, du côté de l’Inde, ils augmentent de 25% par rapport à 2016, et de 14 % en Équateur. Les importations de la triade UE – États-Unis – Japon ont été plus élevées en 2017 que ce qu’elles étaient en 2016, en lien avec la reprise économique des pays riches.
Enfin, les cours des poissons blancs se sont raffermis en raison de la baisse des captures induites par une diminution des quotas. Notamment, le cabillaud est à des niveaux de production bas en 2017 en raison d’une baisse des captures, elle-même liée à une baisse des quotas.
Le prix moyen du cabillaud est donc élevé en 2017. Mis à part sur le lieu noir, les perspectives de marchés pour 2018 sont toujours tirées par une demande soutenue mais une concurrence accrue est attendue pour l’accès à la ressource pour les producteurs.
Le cours du thon listao (Katsuwonus pelamis) est reparti à la hausse en 2017, après 3 années de cours faibles. De bonnes captures dans le Pacifique centre et une baisse de la demande en conserves en Europe et aux États-Unis sont à relever. L’effort de pêche a baissé par contre dans l’Océan Indien, dû à l’arrêt de pêche de thon albacore (Thunnus albacares) imposée à la flotte espagnole à l’automne pour cause d’épuisement de quota. Les prix européens pour le thon listao et le thon albacore baissent mais le thon en longes reste stable.
La production d’élevage de bar et de daurade royale a été dynamique en 2017, aussi bien en Grèce qu’en Turquie. Malgré une amélioration du contexte européen sur les marchés, cela a induit une pression à la baisse sur leurs prix.

La production et les volumes importés se contractent dans l’Union européenne

Au niveau de l’Union européenne, la production débarquée par les navires semble fléchir. L’Observatoire européen des produits de la mer (Eumofa) montre que les premières commercialisations ont progressé en valeur et en volume en Belgique, en Italie et particulièrement en Lettonie (+ 14%). Dans le même temps, les premières ventes ont décliné au Danemark, en Estonie, au Portugal, au Royaume-Uni et particulièrement en Suède (- 15%).
Sur le plan des échanges de l’UE avec le reste du monde, on note une baisse à la fois des importations et des exportations, que ce soit en volume ou en valeur. Les importations se sont rétractées de 10% en volume et de 8% en valeur alors que les exportations se sont repliées de 9% en volume et en valeur. Sous l’effet d’un renchérissement du prix moyen de près de 4%, les importations de cabillaud de l’UE baissent de 8% en volume et de 4,5% en valeur.
Sur le lieu d’Alaska, les importations ont reculé de près de 3% en volume et de 10,5% en valeur avec un prix moyen en régression de près de 8 %. Les prix des crevettes tropicales d’Équateur et du poulpe congelé poursuivent, en revanche, leur tendance haussière.

Ventes en halles à marée en France : Les volumes toujours en baisse

Les quantités mises en ventes en halles à marée en 2017 ont régressé de 3% par rapport à 2016 pour atteindre 194 milliers de tonnes soit le niveau le plus bas observé depuis huit ans. L’augmentation de 2% du prix moyen par rapport à l’année précédente n’a pas permis de compenser la baisse des volumes car la valeur des ventes est en léger recul de 1% sur l’ensemble de l’année.
En tendance longue, le prix moyen confirme sa tendance haussière en prenant 0,50 € entre 2000 et 2017. 249 espèces différentes ont été vendues en criées en 2017, dont 4 représentent le tiers des apports, 9 pèsent plus de la moitié des apports (merlu, sardine, coquille Saint-Jacques, baudroie, merlan, seiche, lieu noir, maquereau, bulot), 22 font 75 %, 53 font 95 % et 94 espèces font 99% des volumes totaux.

Les ventes hors criée en hausse

En 2017, les déclarations ont grimpé à 27 000 tonnes, contre 9 200 en 2016, soit une hausse de 200% des volumes enregistrés hors criée. Les espèces les plus importantes en volume parmi celles qui sont déclarées sont la sardine (7 000 tonnes), le bulot (4 000 tonnes), le chinchard (3 000 tonnes), le germon (1 700 tonnes), le hareng (1 500 tonnes), le maquereau (940 tonnes), l’anchois (910 tonnes). Le thon rouge s’élève à 83 tonnes en 2017 et vient compléter les plus de 400 tonnes déclarés en criée pour cette année. En outre, sur la civelle, les 1ères commercialisations sont bien intégrées dans VISIOMer depuis 2017, les volumes s’élevant à 1,3 tonne pour un chiffre d’affaires de près de 20 millions d’€.

Des importations en hausse en France

Sur le front du commerce extérieur, le déficit commercial de la France sur l’ensemble des produits aquatiques continue de se creuser, de 7,3% en un an, à 4,4 milliards d’euros. Les importations sont en hausse de près de 300 millions d’euros (+ 8,9%) pour plus de 1150 milliers de tonnes et dépassent pour la première fois les 6 milliards d’euros (soit une moyenne de 500 millions d’euros par mois) alors que les exportations marquent le pas à 1,6 milliard d’euros avec une hausse timide de 1,5 %.
La France compte 18 pays lui fournissant pour plus de 100 millions d’euros de produits aquatiques, bruts ou transformés.
En volume, l’Espagne dépasse en 2017 la Norvège à plus de 110 000 tonnes, devant le Royaume-Uni et la Chine qui dépasse les Pays-Bas. En valeur, les cinq premiers fournisseurs de la France sont inchangés (Norvège, Royaume-Uni, Espagne, Équateur, Pays-Bas).
La hausse des importations est portée tant par une hausse des volumes de 2,1% que du prix moyen de 3,5%. Cependant celui-ci marque le pas par rapport à une année 2016 en forte hausse (+ 6%). Quatre produits représentent 55% des importations en valeur : le saumon, la crevette, le thon, le cabillaud.
Lorsqu’on analyse les exportations, on remarque que les six premiers clients de la France restent ses six voisins, l’Italie prenant la première place en valeur à l’Espagne (280 millions d’€ pour l’Italie et 270 millions d’€ pour l’Espagne). Suivent la Belgique (181 millions d’€), l’Allemagne (140 millions d’€), le Royaume-Uni (113 millions d’€) et la Suisse (86 millions d’€). Ils pèsent près des deux tiers des volumes exportés, alors que la France a exporté dans plus de 150 pays.
Les volumes exportés baissent pour la première fois depuis 2014, et seule la valeur augmente très légèrement (+ 1,5%). En Italie, l’embellie économique dope la consommation de produits aquatiques français, avec une croissance soutenue depuis plusieurs années. Elle porte de manière constante sur le saumon fumé et frais, le thon et la marée fraîche (céphalopodes, baudroie, sole]).
La croissance est notable sur les huîtres, le maquereau en conserve ou frais et la coquille St-Jacques. Auprès de l’Espagne, le prix se valorise très nettement sur les céphalopodes frais (seiche + 1 €/kg, calmar + 1,5 €/kg). À l’inverse sur le merlu, les volumes baissent fortement depuis 3 ans. Les volumes de thon congelé (albacore, listao, patudo et germon) exportés vers les pays transformateurs dans les zones de pêche tropicale sont en repli de 10%, en particulier pour l’albacore (-16,8%), mais les prix moyens croissent davantage (+ 16,7%) permettant de préserver (+ 4%) le chiffre d’affaires généré par ces échanges.(Source : Données et bilans de FranceAgrimer)

ParLa rédaction
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