Sécurité alimentaire : Comment la gamme Nevastane répond à l’enjeu grandissant des MOSH et MOAH ?
Dans un contexte où la sécurité alimentaire n’a jamais été aussi centrale, la question des contaminations chimiques fait l’objet d’une attention croissante. Parmi elles, les hydrocarbures d’huiles minérales – connus sous les acronymes MOSH et MOAH – suscitent un vif intérêt de la part des industriels, des autorités et des consommateurs. Les MOSH (pour Mineral Oil Saturated Hydrocarbons) regroupent …
Dans un contexte où la sécurité alimentaire n’a jamais été aussi centrale, la question des contaminations chimiques fait l’objet d’une attention croissante. Parmi elles, les hydrocarbures d’huiles minérales – connus sous les acronymes MOSH et MOAH – suscitent un vif intérêt de la part des industriels, des autorités et des consommateurs. Les MOSH (pour Mineral Oil Saturated Hydrocarbons) regroupent les hydrocarbures saturés d’origine paraffinique ou naphténique, tandis que les MOAH (pour Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons) correspondent aux hydrocarbures aromatiques, considérés comme préoccupantes d’un point de vue toxicologique. Présents depuis longtemps dans l’environnement industriel, ces composés font l’objet d’une surveillance accrue en sécurité alimentaire en raison de leurs risques potentiels pour la santé. Ils représentent aujourd’hui un enjeu majeur de maîtrise des risques dans les usines agroalimentaires et font l’objet d’un contrôle renforcé.
Face à cet enjeu d’avenir majeur pour l’industrie agroalimentaire, TotalEnergies Lubrifiants se mobilise en faisant figurer de nouveaux pictogrammes MOSH/MOAH sur les fiches techniques des produits de sa gamme Nevastane dédiée aux applications agroalimentaires. Objectif : simplifier la compréhension et la maîtrise du risque pour les utilisateurs.
Des composés à surveiller
Depuis quelques années, la présence potentielle des MOSH et MOAH dans l’alimentation préoccupe, notamment suite à la parution d’études montrant qu’ils peuvent migrer dans les produits alimentaires à partir de différentes sources :emballages, additifs, auxiliaires technologiques et… lubrifiants.
Les instances européennes, en particulier l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), recommandent de surveiller la plage C10-C50 de ces composés, c’est-à-dire la gamme de longueurs de chaînes carbonées (nombre d’atomes de carbone dans les molécules) qui a le plus de chances de migrer dans les aliments lors des opérations industrielles.
Un élément important mérite d’être souligné : certains composés issus d’huiles entièrement synthétiques – comme les polyalphaoléfines (PAO) – peuvent apparaître dans les analyses comme des « MOSH analogues ». Autrement dit, bien qu’ils ne soient pas des MOSH au sens strict, les méthodes de mesure standard ne permettent pas toujours de les distinguer.
Une approche analytique en constante évolution
Alors, comment mesurer ce risque ? La méthode de référence pour la détection des MOSH et MOAH dans les aliments repose sur un enchaînement analytique associant la chromatographie liquide (LC), la chromatographie en phase gazeuse (GC) et un détecteur à ionisation de flamme (FID). Cette technique dite LC-GC-FID sépare d’abord les MOAH des MOSH par LC, puis qualifie et quantifie chaque fraction par GC-FID. La LC-GC-FID produit, in fine, un chromatogramme (représentation graphique) détaillant les substances détectées dans l’échantillon et leur abondance.
Bien que conçue pour l’alimentaire, cette méthode est aujourd’hui couramment utilisée par les laboratoires lorsqu’ils testent des lubrifiants. Les résultats doivent toutefois être appréhendés avec discernement. A ce jour, les limites de quantification demeurent encore relativement élevées pour l’analyse d’une matrice lubrifiante seule, généralement inférieures à 1 000 mg/kg pour les fractions MOSH et MOAH. Cependant les laboratoires travaillent activement à l’optimisation de cette méthodes analytique pour le lubrifiant, ouvrant des perspectives de baisse progressive des seuils de détection et de résultats plus robustes.
Compte tenu de la complexité des mélanges de MOSH et MOAH, la lecture des chromatogrammes reste complexe en raison de la présence d’interférences (par exemple des composés d’origine naturelle ou des hydrocarbures similaires issus des lubrifiants). Cette méthode LC-GC-FID peut ainsi conduire à de « faux résultats positifs », comme l’identification de MOSH alors qu’il s’agit en réalité de PAO issue de lubrifiants synthétiques, détectés à tort comme des MOSH en raison de leur comportement analytique similaire.
Pour Eric Toussaint, ingénieur lubrification spécialiste du sujet chez TotalEnergies Lubrifiants, l’analyse doit être interprétée à la lumière de la nature du lubrifiant testé car « tous les pics observés ne correspondent pas nécessairement à des MOSH ».
En ligne avec la recommandation de l’EFSA, les laboratoires recourent désormais à la technologie avancée de la chromatographie bidimensionnelle qualitative nommée GC×GC-ToF-MS qui permet une caractérisation plus précise des fractions MOSH et MOAH. Cette technique permet, entre autres, de distinguer les MOSH des PAO présents dans les lubrifiants synthétiques.
Interpréter les résultats
Le marché distingue plusieurs types d’huiles utilisées dans les lubrifiants alimentaires, qui n’ont pas toutes le même comportement vis-à-vis des MOSH ou des MOAH :
● Les huiles minérales classiques non alimentaires sont naturellement MOSH et MOAH ;
● Les huiles minérales blanches (white mineral oils) certifiées NSF H1, hautement raffinées, sont considérées comme exemptes de MOAH et constituées principalement de MOSH;
● Les huiles synthétiques certifiés NSH H1 telles que les PAO, PAG1, esters ou silicones sont des lubrifiants sans MOSH ni MOAH.
Toutefois, dans les aliments, les PAO et MOSH sont quantifiées ensemble avec la méthode LC-GC-FID. En cas de suspicion de contamination par un lubrifiant PAO, une analyse complémentaire par GCxGC sera nécessaire afin de différencier les MOSH des PAO.
Du côté des graisses lubrifiantes (lubrifiants épaissis), l’enjeu réside dans la formulation, car certains agents épaississants de type savon peuvent contenir des MOSH.
Sécurité alimentaire : Un cadre de référence exigeant
Dans l’industrie agroalimentaire, les lubrifiants utilisés dans les zones à risque doivent répondre à des exigences strictes. La certification NSF H1, délivrée par NSF International2 et largement requise par les référentiels qualité de l’industrie agroalimentaire, garantit que le produit est adapté en cas de contact accidentel avec les aliments. Elle s’appuie notamment sur les exigences du FDA 21 CFR 178.3570, un référentiel qui encadre l’utilisation de lubrifiants en contact fortuit avec les denrées alimentaires, dans la limite de 10 ppm.
Les fabricants sont également encouragés à intégrer les lubrifiants dans leur démarche HACCP3, au même titre que les risques biologiques ou physiques. Les bonnes pratiques industrielles recommandent notamment :
● d’identifier les zones à risque de contact ;
● de privilégier des produits à faible potentiel de migration ;
● de former les opérateurs à l’utilisation des lubrifiants alimentaires ;
● de suivre régulièrement l’évolution des normes.
1 Polyalkylène glycols
2 Organisme indépendant de certification et de normalisation reconnu au niveau international, spécialisé dans la santé publique, la sécurité alimentaire et la qualité des produits.
3 Hazard Analysis and Critical Control Points ; méthode de gestion de la sécurité alimentaire fondée sur l’analyse des dangers et la maîtrise des points critiques
Nevastane : Une réponse adaptée pour limiter les risques MOSH/MOAH
Pour accompagner les industriels dans cette démarche, TotalEnergies Lubrifiants propose depuis de nombreuses années la gamme Nevastane, certifiée NSF H1, ISO 21469, Casher, Halal, et sans OGM ni allergènes. Elle regroupe :
Afin de simplifier la compréhension des utilisateurs, TotalEnergies Lubrifiants affiche aussi désormais deux nouveaux pictogrammes sur les fiches techniques des produits Nevastane :
Le pictogramme « MOAH-free » indique que le produit est formulé sans MOAH, conformément à la recommandation européenne 2017/84 ;
Le pictogramme « MOSH-MOAH-free » atteste que le produit est formulé sans MOSH et sans MOAH, également en cohérence avec les recommandations européennes.
« Ces pictogrammes permettent un repérage immédiat dans les usines : un geste simple mais essentiel pour prévenir les erreurs de sélection, réduire les risques de contamination et renforcer la conformité réglementaire », explique Denise NOVAES, ingénieure cheffe de marché pour le segment de l’industrie alimentaire chez TotalEnergies Lubrifiants.
Dans les usines agroalimentaires, un échange de lubrifiant – même accidentel – peut avoir des répercussions majeures : retrait de lots, audits, pertes financières, altération d’image… Le renforcement des exigences liées aux MOSH/MOAH ne fait qu’accroître la vigilance nécessaire.
Avec ces nouveaux pictogrammes, la gamme Nevastane s’inscrit dans une logique de transparence et de simplification :
● une meilleure lisibilité pour les responsables qualité et maintenance ;
● une gestion facilitée des risques HACCP ;
● un choix de produits aligné avec les exigences croissantes des autorités ;
● une réduction potentielle des coûts liés aux non-conformités.
Anticiper pour mieux sécuriser
Bien qu’il n’existe pas de réglementation spécifique visant les MOSH/MOAH dans le domaine des lubrifiants, le secteur alimentaire évolue dans un environnement où les attentes en matière de sécurité sont toujours plus élevées. Dans ce contexte, le choix des lubrifiants joue un rôle stratégique.
Les lubrifiants synthétiques comme ceux de la gamme Nevastane permettent de réduire drastiquement le risque de transfert de MOSH et MOAH vers les aliments. Associés à une démarche rigoureuse de type HACCP, ils constituent l’une des solutions les plus efficaces face aux enjeux actuels de maîtrise des risques chimiques.
Avec ces nouveaux pictogrammes, TotalEnergies Lubrifiants franchit une nouvelle étape vers une communication plus claire, plus transparente et accessible, au bénéfice de tous les acteurs de la filière agroalimentaire.
En savoir davantage sur les lubrifiants pour l’industrie agroalimentaire : ICI
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