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Une ancienne directrice de Nestlé brise la loi du silence et dénonce son ancien employeur.

Lorsque l’on imagine la politique qualité du géant de l’agroalimentaire Nestlé, on se dit qu’elle doit être impeccable. Impossible d’imaginer que les crises qui ont touché la société n’étaient pas que des évènements isolés. Pourtant, selon Yasmine Motarjemi, ancienne sous-directrice du groupe suisse, ils auraient peut-être pu être évités. 

Lorsque l’on imagine la politique qualité du géant de l’agroalimentaire Nestlé, on se dit qu’elle doit être impeccable. Impossible d’imaginer que les crises qui ont touché la société n’étaient pas que des évènements isolés. Pourtant, selon Yasmine Motarjemi, ancienne sous-directrice du groupe suisse, ils auraient peut-être pu être évités.

 

Selon un article paru dans Le Monde, Mme Motarjemi a travaillé dix ans pour Nestlé, au siège de la société, en Suisse.

Yasmine Motarjemi

Yasmine Motarjemi

Cette ancienne experte de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), spécialiste des toxi-infections alimentaires, travaillait au sein du département quality management. Elle raconte : « J’étais curieuse de voir comment les directives émises par l’OMS ou par les autorités réglementaires étaient appliquées ». Et elle ne va pas être déçue…

 

Elle découvre en effet petit à petit « qu’à côté des impératifs de business, le facteur sécurité alimentaire a peu de poids ». Elle se heurte à une série de « dysfonctionnements ou […] manquements fondamentaux ». « Sur le papier, tout était impeccable. Mais gérer la sécurité alimentaire chez Nestlé, c’était comme ramer à contre-courant », a-t-elle confié au Monde.

 

Ainsi, en 2003, on lui signale des « cas isolés » : deux bébés ont failli s’étouffer avec des P’tits Biscuits de la marque.

P'tit biscuit Nestlé

P’tits Biscuits de Nestlé

Après recherches, elle s’aperçoit que 40 réclamations du même type avaient été faites sans que personne ne les prenne en compte… Elle fait alors modifier la composition des biscuits, et aucun nouvel incident ne survient.

Elle raconte que : « Quand je demandais la validation de critères importants pour la sécurité des aliments, telles que les vitamines, on refusait de refaire les calculs en me disant que les limites étaient déterminées depuis longtemps ». Or, en 2005, Nestlé est pointé du doigt en Chine après que des laits en poudre surdosés en iode aient été identifiés…

 

En 2006, Mme Motarjemi rencontre son nouveau chef, Roland Stalder. Elle rapporte : « il méprisait les autorités de santé publique dont j’étais issue ». Dans une vidéo à usage interne, il critique ainsi l’outil HACCP : « C’est un langage de techniciens. C’est ce que j’appelle parfois le blabla de l’Organisation mondiale de la santé ».

Pour lui, les contaminations sont des « choses déjà régulées », pas besoin de contrôler les matières premières. Or, de nombreuses crises ayant impliqué Nestlé avaient justement pour origine la contamination des matières premières…

 

En s’opposant à son chef, Mme Motarjemi est progressivement ostracisée : son équipe est démantelée, elle n’est plus invitée aux conférences du groupe sur la sécurité sanitaire des aliments. Elle sera finalement licenciée en janvier 2010. On lui propose 300 000 francs suisses pour s’assurer de son silence, mais elle refuse et décide de briser les tabous. En décembre dernier, elle a déposé une plainte pour harcèlement, réclamant 2,1 millions de francs suisses, soit 1,7 millions d’euros, à son ancien employeur. En 115 pages, elle raconte ce qu’elle a vécu au sein de la multinationale.

 

Nestlé, de son côté, considère ces accusations comme « complètement infondées et contraires à la réalité ». Le groupe suisse a déclaré que : « La sécurité alimentaire est bien trop importante pour que l’on tolère des défaillances. Et c’est notamment pour cela que nous avons dû nous séparer de Mme Motarjemi ».

 

Ce sera donc à la justice de déterminer où se situe la vérité.

 

Source : agro-media.fr avec Le Monde (Agathe Duparc).

ParLa rédaction
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