Aller directement au contenu

Solutions alternatives au BPA : Où en est le marché ?

L’interdiction du BPA ne laisse pas les industriels sans solution. Les fournisseurs de matériaux et de composants développent déjà des alternatives destinées aux applications alimentaires, avec des réponses différentes selon les secteurs : revêtements de boîtes métalliques, composants de machines, polymères techniques, adhésifs ou encore encres. La substitution concerne aussi les composants des machines de production et de conditionnement, …

Solutions alternatives au BPA : Où en est le marché ?
Une position de leader illustrée par 150 milliards de boîtes et récipients revêtus de solutions PPG sans BPA. Depuis près de vingt ans, les fabricants de boîtes du monde entier opèrent une transition vers des revêtements sans BPA. Aujourd’hui, les estimations indiquent que plus de 20 % du marché européen des boissons a adopté ces revêtements. Aux États-Unis, ce taux dépasse les 50 %. Alors que la demande mondiale pour des solutions sans BPA ne cesse de croître dans tous les segments de l’emballage, PPG apporte son expertise et ses solutions à l’échelle internationale. ©PPG

L’interdiction du BPA ne laisse pas les industriels sans solution. Les fournisseurs de matériaux et de composants développent déjà des alternatives destinées aux applications alimentaires, avec des réponses différentes selon les secteurs : revêtements de boîtes métalliques, composants de machines, polymères techniques, adhésifs ou encore encres.

La substitution concerne aussi les composants des machines de production et de conditionnement, et pas uniquement l’emballage final, même si le marché des alternatives est particulièrement actif dans le domaine des revêtements des emballages métalliques. Certaines références sont annoncées comme exemptes de tous bisphénols, et non du seul BPA. Cette distinction est importante. En effet, dans le contexte du règlement 2024/3190, «BPA non intentionnellement ajouté» (BPA-NI) et «sans bisphénol» ne recouvrent pas nécessairement la même réalité réglementaire. Le règlement interdit en principe le BPA et certains autres bisphénols dangereux, et prévoit notamment qu’un matériau fabriqué avec un autre bisphénol ou dérivé ne doit pas contenir de BPA résiduel.

L’entrée en application du règlement (UE) 2024/3190 accélère la recherche de solutions de substitution. C’est pourquoi les fabricants de matériaux, revêtements, encres et composants techniques ont commencé à adapter leurs gammes pour répondre aux nouvelles exigences. Le marché ne propose toutefois pas une solution unique : les alternatives dépendent du matériau concerné, de son usage, des contraintes de production et des conditions de contact avec les aliments.

Des polymères techniques sans BPA

Des polymères techniques pour les équipements avec iglidur A351 d’igus

Le cas d’igus est intéressant car il déplace la problématique du seul emballage vers les machines et équipements de production alimentaire. L’iglidur A351 est présenté comme un polymère destiné aux applications avec contact alimentaire, sans bisphénols, notamment pour des paliers, guidages ou composants de systèmes de convoyage et de conditionnement. Le matériau est disponible sous différentes formes pour le moulage par injection, l’usinage CNC et l’impression 3D. igus met également en avant son fonctionnement à sec et sa résistance à des températures élevées. L’intérêt pour l’industriel ? Remplacer des composants susceptibles d’être concernés sans nécessairement repenser toute l’architecture d’une machine.

Des grades spécifiquement destinés au contact alimentaire et formulés sans BPA avec BASF

En mai 2026, BASF a annoncé l’évolution de son portefeuille Ultradur avec des grades spécifiquement destinés au contact alimentaire et formulés sans BPA.

Le mouvement concerne également les fabricants de polymères techniques. En mai 2026, BASF a annoncé l’évolution de son portefeuille Ultradur avec des grades spécifiquement destinés au contact alimentaire et formulés sans BPA. Les grades Ultradur FC peuvent notamment être utilisés pour des composants de machines de transformation alimentaire, des systèmes de convoyage et des équipements de manutention. BASF indique que ces nouveaux grades répondent aux exigences européennes applicables aux matériaux sans BPA à compter de juillet 2026.

BASF propose également une autre voie de substitution avec sa gamme Ultrason P, à base de PPSU, destinée notamment à remplacer dans certaines applications des matériaux comme le PESU, le PSU ou le PEI lorsque ceux-ci sont concernés par les nouvelles restrictions. L’intérêt pour l’industriel ? Une solution de substitution peut être recherchée non pas substance par substance, mais en changeant de famille de polymères.

La réponse aux revêtements des boîtes métalliques avec Securshield et Accelshield d’AkzoNobel

Le marché des revêtements intérieurs et extérieurs des emballages métalliques est probablement celui où l’offre de substitution est aujourd’hui la plus développée. AkzoNobel Packaging Coatings propose notamment les gammes Securshield et Accelshield. Certaines formulations sont BPA non-intentionnellement ajouté (BPA-NI), tandis que certaines références sont annoncées comme exemptes de l’ensemble des bisphénols. La gamme couvre notamment les boîtes alimentaires en acier et aluminium et les extrémités de boîtes.

Un point particulièrement intéressant pour les industriels est la volonté de permettre une intégration dans les procédés de fabrication existants, afin de limiter les changements d’équipement ou de process. L’intérêt pour l’industriel ? La substitution peut être opérée au niveau du revêtement sans nécessairement changer le matériau métallique de l’emballage.

Des revêtements pour boîtes et opercules avec Innovel, iSENSE et Nutrishield de PPG

PPG développe également des revêtements sans BPA pour les emballages métalliques. En 2025, le groupe a notamment annoncé trois solutions BPA-NI pour les opercules de boîtes de boissons : Innovel PRO 2489, Innovel EVO 6720 et iSENSE 5018. PPG indique qu’elles sont également formulées sans PFAS.

Le fabricant propose par ailleurs des revêtements non-BPA pour différentes applications alimentaires, notamment avec sa gamme Nutrishield. Certaines solutions Hoba sont annoncées comme exemptes de BPA et d’autres dérivés de bisphénols.

Plus récemment, PPG a également annoncé Nutrishield MAX PPG7590, un revêtement pour boîtes d’aliments pour animaux formulé sans PVC, PFAS, BPA et autres bisphénols.

Les encres entrent elles aussi dans la transition

hubergroup déploie Tinkredible MGA

Le sujet des encres est souvent moins visible que celui des emballages eux-mêmes, mais il est directement concerné par le périmètre du règlement. hubergroup a annoncé en mars 2026 le déploiement mondial de son système d’encres Tinkredible MGA pour la décoration des boîtes métalliques. La gamme est présentée comme sans BPA et sans PFAS, avec des applications pour les boîtes métalliques monobloc et trois pièces destinées notamment aux aliments, aux aliments pour animaux et aux boissons. L’intérêt pour l’industriel ? Le contrôle de conformité doit bien porter sur les composants périphériques de l’emballage et pas uniquement sur le matériau qui est directement en contact avec l’aliment.

Les encres à faible migration sans BPA de Siegwerk

Le fabricant d’encres Siegwerk propose également des solutions destinées aux emballages alimentaires. Sa gamme SICURA Nutriplast 2 New est notamment présentée comme une série d’encres UV à très faible migration et sans BPA, destinée aux applications d’emballage alimentaire, pharmaceutique et hygiène.

Siegwerk explique par ailleurs avoir engagé depuis plusieurs années une démarche visant à éliminer les matières premières à base de BPA de ses encres pour emballages alimentaires. L’intérêt pour l’industriel ? Ici encore, la substitution ne concerne pas nécessairement l’emballage structurel mais un composant susceptible de contribuer au risque de migration.

Les revêtements et solutions pour emballages métalliques d’Henkel

Enfin, Henkel travaille également sur des solutions destinées aux emballages métalliques alimentaires. Le groupe indique avoir développé des technologies de revêtements et de traitements de surface visant notamment à éviter l’utilisation de substances telles que le BPA et le PTFE. Henkel indique également soumettre ses substances à une évaluation toxicologique dans le cadre de son programme de développement.

Ce que cette offre dit du marché

Ces exemples montrent que la substitution du BPA est déjà engagée à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur. Mais ils montrent également pourquoi la conformité ne peut pas se résumer à rechercher la mention « BPA free ».

Point de vigilance : les termes employés par les fournisseurs — « BPA-free », « BPA-NI », « bisphenol-free », « food contact compliant » — ne sont pas interchangeables. Une solution peut être conçue pour répondre à une réglementation donnée sans pour autant constituer, à elle seule, une démonstration de conformité au règlement (UE) 2024/3190 dans toutes les configurations. C’est finalement l’un des enseignements majeurs du nouveau cadre : le marché fournit de plus en plus d’alternatives, mais la responsabilité de sélectionner la bonne solution, de vérifier son champ d’application et de conserver les justificatifs correspondants reste essentielle pour l’industriel.

Le marché des alternatives existe désormais. Mais pour l’industriel, le choix d’un matériau « sans BPA » n’est que la première étape. La véritable question reste celle de sa conformité pour l’usage considéré. C’est important parce que cela évite de transformer votre dossier en catalogue de solutions commerciales. On montre que les fournisseurs anticipent la réglementation, mais on rappelle au lecteur professionnel qu’il reste responsable de la qualification de la solution retenue.

ParLa rédaction

L'actualité en video

Send this to a friend