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Djazagro [2018] : L’Algérie veut valoriser la transformation locale

C’est aujourd’hui que débute le salon Djazagro, salon des professionnels de la production agroalimentaire, à Alger. L’occasion de faire le point sur les défis que souhaite relever l’Algérie, notamment valoriser la transformation locale. C’est en tout cas ce qu’il ressort du Rapport d’analyse et de potentiel marché de Business France. Publié en juin 2017 et intitulé « Le marché des …

Djazagro [2018] : L’Algérie veut valoriser la transformation locale
Concernant la chaîne du froid, le Gouvernement algérien souhaite utiliser de nouvelles technologies performantes, mettre en place une traçabilité des températures (transports), l’hygiène du personnel, des locaux et du matériel, ainsi que les méthodes et organisation de stockages des produits. ©X-Muyard

C’est aujourd’hui que débute le salon Djazagro, salon des professionnels de la production agroalimentaire, à Alger. L’occasion de faire le point sur les défis que souhaite relever l’Algérie, notamment valoriser la transformation locale. C’est en tout cas ce qu’il ressort du Rapport d’analyse et de potentiel marché de Business France. Publié en juin 2017 et intitulé « Le marché des Industries Agroalimentaires en Algérie », ce rapport indique que l’industrie algérienne se déploie de plus en plus grâce aux programmes publics de développement dans le secteur de l’agroalimentaire. Des programmes qui permettent la création de sociétés nationales, dans les filières céréales, lait, eaux, boissons mais aussi depuis quelques années, dans les filières sucre, corps gras, conserves et viandes.
«L’objectif premier de l’Algérie étant une valorisation de la transformation locale, et la continuité du développement de la production dans des secteurs jusqu’ici déficitaires », écrit la rédactrice Sabrina Benbouali.

De forts potentiels de productions locales

L’évolution du marché et de la demande algérienne perdure donc et se concrétise grâce à la croissance démographique et l’élévation du pouvoir d’achat dans le pays. « Bien que l’industrie algérienne puisse être encore perfectionnée et améliorée – sensiblement au niveau des équipements et technologies utilisés – elle dispose cependant de forts potentiels de productions locales » indique le rapport. L’Algérie est le plus grand consommateur mondial de céréales. La production de blé dur couvre 60 à 70% des besoins de l’industrie algérienne. L’industrie céréalière algérienne est très portée sur les productions de farine et de semoule.
Au sein de l’industrie des produits Llaitiers, l’Algérie est le premier consommateur laitier du Maghreb avec 115 litres/ habitant/ an en 2016 avec un marché du lait estimé à 5 milliards de litres par an.
Dans le pays, les besoins en équipements (transport, stockage, matériel frigorifique, conditionnement…) sont de plus en plus demandés au sein du secteur de la transformation de lait de vache, laissant de grandes opportunités pour de nouveaux entrants. En chiffres, les yaourts et desserts représentent 428 000 tonnes par an,
les laits caillés/ fermentés: 300 000 tonnes par an,
et les crèmes glacées: 110 000 tonnes par an.
Au sein du secteur privé, de gros investissements sont mis en place sur les segments « ultrafrais », permettant ainsi la progression de la consommation algérienne.

L’industrie des boissons en pleine croissance

Elle a en effet connu une croissance de 21% (en volume) pour les boissons non alcoolisées et 34% pour les boissons alcoolisées.
Cette industrie est regroupée entre l’APAB (Association détenant 85% du marché) et des petits opérateurs. Les Boissons et Rafraichissements sans alcool représentent 110 litres par habitant/ an. Le marché des BRSA regroupe les eaux en bouteille (avec une croissance annuelle de 2,9% en volume et 3,7% en valeur jusqu’en 2021), les boissons gazeuses (avec un chiffre d’affaires de 818 millions d’Euros en 2016 et une consommation de 1 014 millions de litres), les jus (avec une croissance durable atteignant 576 millions d’Euros et une consommation de 877 millions de litres en 2016) ainsi que les boissons énergisantes (présentent un peu partout aujourd’hui, et devant atteindre une croissance de plus de 44,4% d’ici à 2021).
Les Boissons Alcoolisées se regroupent entre la production de Bière (5 litres/ habitant/ an, on voit apparaître depuis quelques années la production de bières sans alcool) et la production de Vin (1,5 litres/ habitant/ an). Concernant le vin, la production est essentiellement locale (500 hl/ an). En 2015, on notait 1,91 millions d’hectolitres d’alcools vendus.

Les besoins futurs sont nombreux

Côté sucre, l’industrie sucrière est détenue à 80% par la société CEVITAL (sucre doux). La consommation de sucre serait de 1,3 millions de tonnes/ an. Le besoin futur pour le pays serait de l’ordre de 2 millions de tonnes/ an. Grâce à la création de la Grande Raffinerie Oranaise de Sucre (à Oran), le besoin national en termes de sucre raffiné serait de l’ordre de 2,5 millions de tonnes/ an.
L’avenir du secteur des Fruits et Légumes serait entre les mains des grands producteurs. En effet, la « protection » des importations ne favorise par correctement les petits producteurs locaux.
Et malgré le développement de ce secteur, cette industrie a un besoin important de nouveaux équipements, de transferts de nouvelles technologies et savoir-faire, et surtout de formations en Algérie.
Sur les secteurs, tels les huiles et matières grasses, l’Algérie souhaite principalement mettre en avant le production d’huile d’olive.
Concernant les viandes et les poissons, on note une forte croissance de la production animale depuis 2016 (production de viandes rouges de l’ordre de 0,54 million de tonnes et de viandes blanches de l’ordre de 0,52 million de tonnes). Le marché des viandes est aujourd’hui une production essentiellement locale, de ce fait, on note depuis avril 2017 l’interdiction d’importer des viandes « congelées ». Ce marché relève aujourd’hui d’une production essentiellement locale.
En termes de production de poissons, l’Algérie se base essentiellement sur les importations. Cela est dû à la fermeture de nombreuses usines (due à un manque de ressources).
Au niveau de l’industrie des plats préparés (conservés à températures ambiante), la vente au détail enregistre une forte croissance (soit une augmentation des ventes de 14% en 2016). Le marché des autres types de plats préparés (réfrigérés, congelés ou déshydratés) se développe de manière plus lente, du fait de l’interdiction de l’importation de viandes congelées. Le secteur des plats préparés a connu une forte croissance de 11% en 2016 et a atteint 2,08 millions d’Euros de chiffre d’affaires. La gamme de plats préparés générant le plus de ventes demeurent « les salades préparées ».
Concernant les produits d’épicerie, depuis 2017, ces productions sont régies par la signature d’un protocole visant à établir des accords pour la commercialisation, la production et la création d’usine. Concernant la production de café, de chocolat et de fruits/légumes secs, elle reste dépendante de l’importation de matières premières au sein du Pays.

Améliorer la chaîne du froid

Enfin, la chaîne du froid est une industrie qui n’est pas maîtrisée pour tous les secteurs. Ainsi le Gouvernement Algérien souhaite réaliser une amélioration sur plusieurs points: l’utilisation de nouvelles technologies performantes, la mise en place d’une traçabilité des températures (transports), l’hygiène du personnel, des locaux et du matériel, ainsi que les méthodes et organisation de stockages des produits.
(Sources : BUSINESS France / Rapport d’analyse et de potentiel marché – « Le marché des Industries Agroalimentaires en Algérie » – publié en juin 2017).

ParLa rédaction
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