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Exclusif : le groupe AFNOR nous présente APOPECO et le LEAN Responsable.

Le groupe AFNOR vient de lancer en Aquitaine une opération collective, APOPECO : Amélioration des Performances Opérationnelles et Economiques des Entreprises. Il s'agit d'une démarche de performance dans le secteur agroalimentaire, qui se base sur le principe du LEAN Responsable©.

Le groupe AFNOR vient de lancer en Aquitaine une opération collective, APOPECO : Amélioration des Performances Opérationnelles et Economiques des Entreprises. Il s’agit d’une démarche de performance dans le secteur agroalimentaire, qui se base sur le principe du LEAN Responsable©.

Pourquoi avoir lancé une telle opération collective ? Qu’est-ce que le LEAN Responsable ? Quels retours sur investissement peuvent espérer les entreprises participantes ?

Agro-media.fr a interviewé Olivier Boutou, ingénieur développement et référent agroalimentaire au sein du groupe AFNOR, qui nous présente la démarche APOPECO de A à Z.

 

Pourriez-vous brièvement vous présenter ?

« Olivier Boutou, j’occupe une fonction d’ingénieur développement au sein du groupe AFNOR. Je suis également référent agroalimentaire pour l’action régionale d’AFNOR. »

Pourquoi avoir lancé une démarche Amélioration des Performances Opérationnelles et Economiques des Entreprises (APOPECO) ?

« APOPECO est l’une des suites d’une opération collective menée dans le secteur agroalimentaire qui s’appelle 3D : Destination Développement Durable.

Depuis quelques années, le grand public est exposé via les médias et les politiques à des messages concernant le développement durable. Ces messages sont le plus souvent à connotation environnementale au détriment des aspects économiques, sociaux et sociétaux. Les coopératives agricoles et les industries agroalimentaires sont les acteurs du développement durable du territoire rural, mais l’ignorent le plus souvent et ont beaucoup de mal à communiquer sur leurs bonnes pratiques environnementales et sur l’impact de leurs activités sur le territoire en matière économique, sociale et sociétale.

C’est pourquoi, en 2007, Coop de France Aquitaine, le Groupe AFNOR et l’Association Régionale pour le Développement des Industries Alimentaires Aquitaine (ARDIA) ont mis en place une action collective commune qui a permis, dans un premier temps, à 13 entreprises agroalimentaires d’Aquitaine de s’engager sur la voie de la responsabilité sociétale des organisations (RSO) grâce à la démarche 3D.

 

Ainsi est née cette démarche. Elle continue à émerger dans d’autres régions (www.generations3D.com).

Depuis les 13 entreprises pionnières engagées dans la démarche en 2007, de nouvelles entreprises ont adhéré au 3D : plus de 80 en France à fin 2011. En effet, la démarche 3D se développe à un échelon multirégional, par le biais de conventions de partenariat signées avec le Groupe AFNOR, avec des associations régionales pour le développement des industries alimentaires et avec le réseau des fédérations régionales de coopératives.

L’ensemble de ces coopératives agricoles et industries agroalimentaires développent leur démarche au sein d’un véritable collectif d’entreprises, inscrit dans la durée, avec des valeurs communes et partagées. Après une phase de lancement du 3D en 2008-2009, le collectif d’entreprises 3D a pour ambition de structurer et organiser le « reporting » auprès de ses parties prenantes prioritaires (consommateurs, acheteurs de la grande distribution, collectivités locales et territoriales,  partenaires financiers, etc.). L’action APOPECO va permettre aux entreprises d’explorer de manière assez poussée  le volet économique et social (relation entre l’Homme et son travail). Dans les démarches de responsabilité sociétale, le volet économique est généralement pris en compte par les entreprises. Mais avec quelle finalité ? Sur l’initiative de Pierre Philippe, Directeur Général des Vignerons de Buzet et Président de Gascogne Environnement, nous avons décidé de travailler sur la performance industrielle (Lean Management) dans une logique responsable. Gascogne Environnement, Coop de France Aquitaine, l’ARDIA et l’AFNOR ont donc décidé de proposer une opération collective. Les partenaires institutionnels (Conseil général du Lot & Garonne, la Région Aquitaine et l’Union Européenne) ont été séduits et ont contribué au montage financier du projet. »

 

Pourquoi avoir choisi l’Aquitaine pour lancer cette démarche ?

« C’est une région dynamique ! Mais toutes les régions le sont… Plusieurs opérations collectives régionales existent et concernent des domaines aussi variés que l’environnement, l’innovation, la sécurité des denrées alimentaires, le management de l’énergie… En Aquitaine, le schéma régional de développement économique favorise ces notions de qualité et de performance. Le plan qualité-performance de Luc Châtel rentre dans cette logique d’amélioration des performances. Nous avons aussi des partenaires efficaces en Aquitaine, notamment Coop de France et Laurent Lévêque, qui n’économise pas son énergie pour amener les acteurs de la filière agroalimentaire vers une démarche de Responsabilité Sociétale en lien avec la norme ISO 26000. »

Amélioration des performances opérationnelles et économiques : de quoi parle-t-on ?

« Derrière le nom de code APOPECO, il y a une démarche que l’on appelle le LEAN Management.

Les entreprises qui réussissent sont celles qui ont su instaurer des démarches d’amélioration de leur performance (Lean). Il s’agit pour un dirigeant et ses collaborateurs de rechercher des méthodes et des modes d’organisation leur permettant de progresser continuellement sur la qualité des produits, des services, des délais, des coûts tout en assurant la sérénité au sein de la structure pour le bien-être de tous.

Le Lean Management est une approche qui peut répondre à ces enjeux et qui a fait ses preuves. Cette démarche permet d’orienter tout le fonctionnement de l’entreprise dans une logique d’amélioration continue pour traquer les sources de gaspillage en impliquant l’ensemble de l’équipe. C’est une méthode exigeante mais qui permet des résultats impressionnants en matière de performance à partir des moyens de l’entreprise. En d’autres termes, le Lean, c’est faire mieux avec l’existant. Elle nécessite l’implication active de l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Elle permet une réorganisation des tâches en identifiant les gaspillages : appelés MUDA (prononcez MOUDA). L’objectif principal est la réduction de la Non Valeur Ajoutée (NVA) des procédés (les gaspillages) et l’optimisation des flux. »

Concrètement, par quels types de mesures cela se traduit-il au sein d’une entreprise ?

« L’idée de faire un diagnostic initial (diagnostic flash) pour mettre en évidence les forces et les faiblesses de l’entreprise en matière d’organisation (flux notamment). Le rapport de diagnostic proposera de travailler sur un chantier prioritaire (travailler sur ses faiblesses pour les réduire). Le diagnostic flash repèrera les gaspillages, les sept MUDA :

  • réduction des temps d’attente inutile,
  • des trajets et déplacements inutiles,
  • de la surproduction,
  • de la sur-qualité,
  • des stocks inutiles,
  • des gestes inutiles,
  • des erreurs et des corrections.

Parfois les démarches Lean n’ont pas bonne presse auprès de certaines parties prenantes : apparition de Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), réduction des coûts absolument, mise sous pression du personnel.

L’une des originalités de la démarche APOPECO est d’appliquer ce que Jean-Marie Reilhac (Responsable développement Qualité et Performance du Groupe AFNOR) appelle le Lean Responsable©. La finalité du Lean Responsable© est d’améliorer la performance opérationnelle des organismes en adoptant un comportement responsable vis-à-vis des parties prenantes (les dirigeants et actionnaires, le personnel, les clients, les fournisseurs et la société).

Les 6 conditions d’application évaluables et compatibles ISO 26000 sont les suivantes :

  1. Respecter les 8 fondamentaux du Lean management
  2. Former les acteurs du changement
  3. Mettre en œuvre des améliorations mutuellement bénéfiques
  4. Intégrer la démarche dans un système de management de la Qualité
  5. Réinvestir dans l’innovation et le développement des compétences
  6. Œuvrer pour un développement durable

Selon vous, combien d’entreprises participeront à cette opération ?

« Dans l’opération, il va y avoir plusieurs phases :

  • La première phase concerne un diagnostic : sur une journée, un consultant sélectionné (Green belt en Lean Management) va étudier les flux et analyser les sept gaspillages. Pour le diagnostic, nous espérons une trentaine d’entreprises.
  • Sur ces 30 entreprises, 12 seront ensuite sélectionnées  et accompagnées pendant huit jours sur la mise en œuvre d’un chantier Lean.
  • La dernière phase concerne une évaluation des améliorations post accompagnement tant sur l’aspect économique que sur l’aspect social. Un consultant différent de celui ayant accompagné l’entreprise évaluera les gains obtenus. Un spécialiste évaluera également l’impact de cette démarche en matière de responsabilité sociétale, en interviewant les salariés les syndicats, les délégués du personnel. »

Quel retour sur investissement les entreprises participantes peuvent-elles espérer ?

« Il est impossible de donner un chiffre, mais l’idée sera bel et bien ans de pouvoir évaluer des gains en euros. Il y aura donc des indicateurs quantitatifs, qui permettront d’évaluer l’impact de la démarche à court et moyen terme. Il y aura également des indicateurs qualitatifs, indicateurs sociaux et sociétaux, qui permettront d’apprécier la contribution de la démarche Lean à l’amélioration du « bien vivre au travail ».

En conclusion, je dirai que le Lean responsable© doit être compatible avec le développement durable en privilégiant une production tirée par la demande du client et non pas la production de masse. »

 

Pour en savoir plus sur la démarche APOPECO, n’hésitez pas à consulter le guide de présentation édité par le groupe AFNOR.

Agro-media.fr remercie M. Olivier Boutou pour avoir accepté de répondre à nos questions.

Propos recueillis par Vanessa Dufus.

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