Les Fromageries Arnaud Frères (Juraflore) boostent leur performance énergétique avec l’ISO 50001
Les Fromageries Arnaud Frères à Poligny, dans le Jura, investissent 1,5 million d’euros en vue d’abaisser la facture énergétique de leurs caves d’affinage. L’entreprise célèbre pour sa marque Juraflore a tiré les enseignements de sa certification ISO 50001 pour le management de l’énergie. Les Fromageries Arnaud Frères, à Poligny dans le Jura, engagent 1,5 million d’euros d’investissement cette année …
Les Fromageries Arnaud Frères à Poligny, dans le Jura, investissent 1,5 million d’euros en vue d’abaisser la facture énergétique de leurs caves d’affinage. L’entreprise célèbre pour sa marque Juraflore a tiré les enseignements de sa certification ISO 50001 pour le management de l’énergie.
Les Fromageries Arnaud Frères, à Poligny dans le Jura, engagent 1,5 million d’euros d’investissement cette année en vue d’abaisser drastiquement leur consommation énergétique. Cet effort résulte de la certification ISO 50001 décrochée en novembre 2018 par la société de 49 salariés pour un chiffre d’affaires de 91 millions d’euros.
Ce maitre affineur de quatre appellations d’origine protégée (comté, morbier, mont-d’or et bleu de Gex) a l’obligation (1), comme environ 5000 entreprises en France, de conduire, tous les quatre ans, un audit énergétique de ses installations. Il a jugé plus judicieux de s’engager dans une démarche pérenne avec la mise en place d’un système de management de l’énergie ISO 50001 « Quitte à identifier nos gisements d’économies d’énergie et à établir un plan d’actions, nous souhaitions que cet effort soit reconnu par une certification », analyse Bertrand Henriot, directeur technique de l’entreprise. En outre, cette démarche continue, sur trois ans, présente selon lui l’avantage d’associer tous les salariés, tandis que l’audit énergétique reste ponctuel et ne concerne que l’équipe « énergie ».
Réduire drastiquement la facture énergétique
La société célèbre pour sa marque Juraflore a maturé sa démarche pendant douze mois. Elle a bénéficié des conseils de ses fournisseurs de froid et d’énergie, mais aussi de l’organisme auditeur Dekra qui ont pris en compte ses problématiques énergétiques spécifiques. Car l’affinage des meules pendant une durée de quatre mois à quatre ans implique des températures dirigées entre 7 et 15°C et des niveaux d’hygrométrie pouvant aller jusqu’à 97%.
La certification ISO 50001 a suscité deux chantiers majeurs représentant 1,5 million d’euros d’investissement. Objectif, réduire drastiquement la facture énergétique qui avoisine 450.000 euros par an.
Récupérer l’énergie des groupes de production de froid
La première action a consisté à rayer définitivement du bilan énergétique la consommation annuelle de 12 à 15.000 litres de fioul pour la production d’eau chaude nécessaire à son site Poligny. «Nous rénovons la totalité des groupes de production de froid en y combinant un système de récupération d’énergie permettant la production d’eau chaude», détaille le responsable technique. L’entreprise bénéficiera à partir d’avril 2020, date d’achèvement des travaux, d’une ressource gratuite de 150 kWh par an. Elle permettra de porter la température de sa cave à 17°C pour la fermentation du fromage, d’assurer le séchage des planches d’épicéa sur lesquelles reposent les précieuses meules et de chauffer ses bureaux.
Se passer d’air comprimé
Couvrir 85% des besoins énergétique du Fort des Rousses constitue le second grand chantier des Fromageries Arnaud Frères. Cette cave exceptionnelle de 50.000m² bénéficie de trois atouts énergétiques : un refroidissement des caves par l’air extérieur (free cooling), la récupération des frigories de l’eau stockée à 8°C sous le fort, ainsi qu’une faible amplitude thermique. Courant 2020, l’entreprise va y adjoindre 3340m² de panneaux solaires photovoltaïques dont la production sera en partie auto-consommée et en partie réinjectée dans le réseau.
Et parce que production fromagère et recherche et développement ne sont pas antinomiques, l’entreprise étudie actuellement un moyen de se passer d’air comprimé. Il faut dire que ses compresseurs consomment 1,3 GWh électriques par an ! «Nos systèmes de climatisation diffusent de fines gouttelettes dans l’air ambiant de nos caves grâce à un mélange d’air comprimé et d’eau. Cela permet de maintenir une hygrométrie de 97% sous une température de 7°C. Nous testons actuellement un prototype s’appuyant sur une technologie brevetée qui pourrait nous permettre de nous passer complètement d’air comprimé pour maintenir ce niveau d’hygrométrie», s’enthousiasme Bertrand Henriot.
L’aide du Programme PRO-SMEn
Afin de mener à bien sa certification, l’entreprise a bénéficié du soutien financier du programme PRO-SMEn. Ce programme national incite les entreprises à mettre en place un système de management de l’énergie en leur accordant une prime, une fois le certificat ISO 50001 obtenu. Les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs peuvent bénéficier de la prime qui s’élève à 20% des dépenses énergétiques annuelles des sites certifiés et va jusqu’à 40.000 €
Philippe Bohlinger
en savoir plus et présenter une demande de prime : ICI / Contact : [email protected]
(1) La directive européenne sur l’efficacité énergétique transposée par la loi n°2013-619 du 16 juillet 2013 concerne les établissements de plus de 250 salariés, mais aussi les établissements cumulant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros et un bilan de plus de 43 millions d’euros. Les sociétés qui adoptent l’ISO 50001 sont exemptés de l’audit énergétique obligatoire.
Dans le cadre de la loi du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat, la France s’est fixé comme objectifs de …
Dans le cadre de ses engagements en faveur d’emballages circulaires, Mars Wrigley France lance un projet pilote d’éco-conception de son pochon M&M’s Choco …
Solutions alternatives au BPA : Où en est le marché ?
L’interdiction du BPA ne laisse pas les industriels sans solution. Les fournisseurs de matériaux et de composants développent déjà des alternatives destinées aux …
Après l’interdiction, le défi de la preuve : Comment sécuriser sa chaîne d’approvisionnement
Pour les professionnels de l’agroalimentaire, la question du bisphénol A ne s’arrête pas à la conformité de l’emballage acheté. Avec le renforcement du …
Du texte européen au contrôle en France du BPA : Ce que change le décret de juillet 2026
Le décret n° 2026-714 du 30 juillet 2026 ne modifie pas, à lui seul, les interdictions fixées par le règlement européen sur le …
L’industrie agroalimentaire n’a jamais été confrontée à autant de défis simultanés. Hausse des coûts de l’énergie, tensions sur le recrutement, exigences réglementaires toujours …
Entre nouvelles obligations environnementales, évolution de l’information des consommateurs, exigences renforcées en matière de sécurité sanitaire et multiplication des textes européens, la rentrée …
MCDA et inox : Pourquoi les fabricants d’équipements agroalimentaires doivent déjà préparer les exigences réglementaires de 2030
Lorsque les fabricants d’équipements en acier inoxydable évoquent la réglementation applicable aux matériaux au contact des denrées alimentaires (MCDA), la même remarque revient …
Alternatives végétales : Quelles opportunités pour les acteurs de l’agroalimentaire?
Pendant longtemps, le végétal a incarné l’un des segments les plus dynamiques de l’industrie agroalimentaire. Porté par les préoccupations environnementales, l’évolution des habitudes …
Financements publics : Ce que révèle le bilan 2026 des aides aux industries agroalimentaires
Entre modernisation industrielle, souveraineté alimentaire et transition écologique, les dispositifs publics ont mobilisé plusieurs centaines de millions d’euros en faveur des industries agroalimentaires …



Connectez-vous avec vos réseaux sociaux :