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Bio : La consommation repart à la hausse, mais la filière doit sécuriser sa production

L’agriculture biologique retrouve des couleurs. Selon les chiffres 2025 dévoilés par l’Agence Bio, le marché français des produits biologiques atteint 12,6 milliards d’euros, soit une progression de 3,6% par rapport à 2024. Une performance supérieure à celle de l’ensemble du marché alimentaire, dont la croissance s’établit à 2%. Plus significatif encore, la hausse concerne également les volumes consommés, qui …

Bio : La consommation repart à la hausse, mais la filière doit sécuriser sa production
La croissance du marché bio est portée par plusieurs familles de produits stratégiques. Les fruits et légumes confirment leur rôle moteur avec une hausse de 7,3% des ventes en valeur, dont 4,8% liée à l’augmentation des volumes.

L’agriculture biologique retrouve des couleurs. Selon les chiffres 2025 dévoilés par l’Agence Bio, le marché français des produits biologiques atteint 12,6 milliards d’euros, soit une progression de 3,6% par rapport à 2024. Une performance supérieure à celle de l’ensemble du marché alimentaire, dont la croissance s’établit à 2%. Plus significatif encore, la hausse concerne également les volumes consommés, qui progressent de 2%, contre seulement 0,3% pour l’ensemble du secteur alimentaire.

Cette reprise confirme l’attachement des consommateurs français aux produits biologiques. La part du bio dans la consommation alimentaire des ménages atteint désormais 5,8%, en légère hausse par rapport à 2023 et 2024. Dans le même temps, la part des importations dans les ventes de produits biologiques recule à 28,3%, soit son niveau le plus bas depuis 2017, témoignant d’un ancrage renforcé de la production française.

Tous les circuits de distribution repassent au vert

L’un des enseignements majeurs de l’année 2025 réside dans la progression des ventes dans l’ensemble des circuits de distribution. Les magasins spécialisés enregistrent la plus forte croissance avec une hausse de 8,5%, contribuant à eux seuls aux deux tiers de la progression du marché bio.

La vente directe poursuit également son développement avec une progression de 3,8%. Elle est portée par près de 28 500 producteurs engagés dans les circuits courts, soit 47% des exploitations biologiques françaises. Les artisans-commerçants voient leurs ventes augmenter de 1,4%.

Après plusieurs années difficiles, la grande distribution retrouve elle aussi le chemin de la croissance. Les ventes de produits biologiques y progressent de 1,2% en valeur, une première depuis 2021. La restauration hors domicile participe également à cette dynamique, notamment grâce à une hausse de 17% des achats de fruits et légumes biologiques frais en restauration collective.

Fruits, légumes, œufs et produits laitiers tirent le marché

La croissance du marché bio est portée par plusieurs familles de produits stratégiques. Les fruits et légumes confirment leur rôle moteur avec une hausse de 7,3% des ventes en valeur, dont 4,8% liée à l’augmentation des volumes. Les fruits affichent même une progression de 7,8%, contre 2,7% l’année précédente.

Les œufs constituent l’une des catégories les plus dynamiques. Leurs ventes augmentent de 9,5% en valeur et de 7,5% en volume. À eux seuls, ils représentent 14% de la croissance du marché bio en 2025.

Le segment boulangerie-pâtisserie poursuit également sa reprise avec une croissance de 6,2%. Les catégories d’épicerie salée et sucrée, les produits traiteur, les surgelés ainsi que la charcuterie-salaison enregistrent des progressions comprises entre 0,2% et 4,5%.

Le marché de la viande montre lui aussi des signes de redressement. Les ventes de volaille biologique progressent de 4,9 % en valeur et de 4,1 % en volume. La viande bovine affiche une hausse de 4,8 % en valeur malgré un léger recul des volumes vendus de 1,6 %.

Enfin, les produits laitiers voient leurs ventes augmenter de 4,8 % en valeur. Cette catégorie contribue à hauteur de 9 % à la croissance globale du marché bio en 2025.

Une reprise de la demande qui ne profite pas encore pleinement à la production

Si les indicateurs de consommation sont orientés à la hausse, la situation de la production biologique demeure plus contrastée. Pour la première fois, le nombre d’exploitations engagées en agriculture biologique recule de 1,3 %, pour atteindre 61 159 fermes. Cette baisse reste toutefois moins marquée que celle observée dans l’ensemble de l’agriculture française, qui recule de 3,6 %.

Les exploitations biologiques représentent désormais 17,3 % des fermes françaises, contre 16,8 % en 2024. Les surfaces agricoles biologiques diminuent cependant pour la troisième année consécutive. Elles reculent de 1,1 %, soit 30 737 hectares, pour atteindre 2,69 millions d’hectares, correspondant à 10 % de la surface agricole nationale.

Des signaux positifs apparaissent néanmoins dans certaines filières. Les surfaces en première année de conversion repartent à la hausse dans les grandes cultures (+24 %) ainsi que dans les fruits et légumes frais (+44 %), traduisant un regain d’intérêt pour la production biologique dans certains secteurs.

Un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire

Pour l’Agence Bio, la priorité est désormais de transformer le retour de la consommation en dynamique durable de production. La filière estime que la reprise du marché doit encourager les installations et les conversions afin de répondre à la demande croissante des consommateurs.

Cet enjeu concerne l’ensemble des acteurs de la chaîne agroalimentaire, de la production à la transformation et à la distribution. Aujourd’hui, 72 % des produits biologiques consommés en France sont d’origine française. Un chiffre qui illustre la contribution du bio à la souveraineté alimentaire nationale, mais qui suppose également de renforcer les capacités de production, de transformation et de commercialisation.

L’Agence Bio appelle ainsi à une mobilisation collective afin de consolider les filières et de garantir la disponibilité de produits biologiques français dans tous les circuits de vente. Alors que la consommation repart à la hausse dans un contexte économique toujours contraint, le principal défi de la filière sera désormais d’aligner durablement l’offre agricole avec une demande qui retrouve progressivement sa dynamique.

ParLa rédaction
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