Nouveaux ingrédients : Grassa veut proposer ses protéines issues de l’herbe pour l’alimentation humaine d’ici 2027
Alors que les consommateurs britanniques s’intéressent de plus en plus aux sources alternatives de protéines, une piste inattendue attire l’attention : l’herbe. Une étude récente publiée dans Food Quality and Preference, basée sur les réponses de 990 participants, montre que si certains consommateurs, notamment les Plexitaniens, ont déjà réduit leur consommation de viande, la nouveauté, les bénéfices environnementaux et …
Alors que les consommateurs britanniques s’intéressent de plus en plus aux sources alternatives de protéines, une piste inattendue attire l’attention : l’herbe. Une étude récente publiée dans Food Quality and Preference, basée sur les réponses de 990 participants, montre que si certains consommateurs, notamment les Plexitaniens, ont déjà réduit leur consommation de viande, la nouveauté, les bénéfices environnementaux et la durabilité constituent des facteurs clés d’intérêt pour de nouvelles sources protéiques. Mais la familiarité et le format du produit restent déterminants pour son acceptation.
Dans ce contexte, la startup néerlandaise Grassa, présente au FIE Paris, développe une technologie capable d’extraire des protéines de haute qualité à partir de l’herbe fraîche. Fondée à Wageningen, l’entreprise a levé récemment 3,6 millions d’euros pour accélérer son développement, installer ses premières presses à herbe et préparer une soumission au titre du règlement européen sur les nouveaux aliments, avec l’objectif de commercialiser ses protéines pour l’alimentation humaine d’ici 2027.
Une technologie innovante au service de la durabilité
Le procédé de Grassa repose sur la pression mécanique de l’herbe, suivie d’un traitement enzymatique et d’une distillation pour séparer les fractions de sucre et concentrer les protéines. Cette approche permet d’obtenir deux produits : un jus riche en nutriments transformé en protéines destinées à l’alimentation animale (et bientôt humaine) et un sous-produit fibreux appelé «herbe dégazée», plus facile à digérer pour les vaches. Selon Grassa, cette approche pourrait réduire jusqu’à 30 % les émissions d’azote et de phosphate liées à l’alimentation du bétail, tout en maintenant les niveaux de production laitière.
«L’herbe est la principale culture protéique aux Pays-Bas, mais elle est encore peu exploitée», explique Rieks Smook, PDG de Grassa qui a développé une technologie qui permet de valoriser cette ressource tout en rendant les pratiques agricoles plus durables.
Une alternative locale au soja
Aujourd’hui, la protéine Grassa remplace déjà partiellement le soja importé dans l’alimentation animale. Si 25 % des surfaces herbagères néerlandaises étaient exploitées selon ce procédé, l’ensemble de la demande nationale en soja pourrait être satisfaite localement. Selon l’entreprise, la qualité nutritionnelle de ces protéines est comparable, voire supérieure, à celle du soja.
Au-delà de l’alimentation animale, Grassa explore des partenariats avec des acteurs de la viande végétale pour développer une alternative locale à la protéine de soja pour la consommation humaine, avec une empreinte carbone et environnementale réduite. Cette approche s’inscrit pleinement dans la stratégie néerlandaise visant à diminuer la dépendance aux importations de protéines végétales et à favoriser un système agroalimentaire durable.
Réflexion pour les professionnels du secteur de l’agroalimentaire
L’exemple de Grassa illustre une tendance émergente : exploiter des ressources locales jusque-là sous-utilisées pour produire des ingrédients agroalimentaires durables et innovants. Pour les industriels, il s’agit d’anticiper l’évolution des réglementations, de sensibiliser les consommateurs à de nouvelles sources de protéines et de repenser les chaînes d’approvisionnement dans un contexte de transition écologique.
Alors que la technologie se rapproche de l’aval alimentaire, l’herbe pourrait demain devenir un pilier de l’alimentation durable, offrant une double solution : réduire la dépendance aux importations de protéines et diminuer l’empreinte environnementale des filières animales et végétales. L’avenir des ingrédients agroalimentaires pourrait bien verdir… littéralement.



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